Alors que le procès de l’assassinat de la professeure Agnès Lassalle s’est tenu du 21 au 24 avril 2026 devant la cour d’assises des mineurs de Pau, la secrétaire générale de la Fédération de la formation et de l’enseignement privés-CFDT, Valérie Ginet, a publié une tribune dans Le Monde – Education pour alerter sur l’urgence d’une réponse institutionnelle face à la violence dans les établissements scolaires.
Ce qu’il faut retenir
- Procès historique : l’assassinat d’Agnès Lassalle, professeure, a été jugé devant la cour d’assises des mineurs de Pau du 21 au 24 avril 2026.
- Prise de position syndicale : Valérie Ginet, secrétaire générale de la Fédération de la formation et de l’enseignement privés-CFDT, appelle à des mesures concrètes pour protéger les enseignants.
- Critique du système : elle dénonce l’absence de moyens pour contenir les violences dans les écoles, soulignant que « le courage des professeurs ne peut pas tenir lieu de politique publique ».
Un procès sous haute tension
Le procès de l’assassinat d’Agnès Lassalle, professeure en exercice, s’est déroulé dans un climat particulièrement tendu à Pau. Les débats, qui se sont étalés sur quatre jours, ont mis en lumière les failles du système éducatif face à la montée des violences en milieu scolaire. Selon les éléments du dossier, l’enseignante avait été victime d’un acte d’une extrême violence, un drame qui a choqué l’ensemble de la communauté éducative. Les débats ont également révélé des lacunes dans le suivi des élèves à risque, un point central des discussions.
Dès l’ouverture des audiences, les observateurs ont souligné l’importance symbolique de ce procès, non seulement pour la famille de la victime, mais aussi pour l’ensemble des enseignants français. Les associations de parents d’élèves et les syndicats ont suivi de près les débats, conscients que l’issue de ce procès pourrait servir de catalyseur pour des réformes urgentes.
L’appel à une politique publique de prévention
Dans sa tribune publiée par Le Monde – Education, Valérie Ginet ne se contente pas de rendre hommage à Agnès Lassalle. Elle interpellé directement les pouvoirs publics sur leur responsabilité dans la gestion des violences scolaires. « Le courage des professeurs ne peut pas tenir lieu de politique publique », a-t-elle affirmé, martelant que l’institution doit se doter de moyens concrets pour protéger ceux qui éduquent les futures générations. Elle rappelle que les enseignants, souvent en première ligne, ne peuvent assumer seuls la charge de la sécurité dans les écoles.
Ses propositions s’articulent autour de trois axes principaux : un renforcement des effectifs de personnel de surveillance, une formation accrue des enseignants aux situations de crise, et une collaboration renforcée avec les familles et les services sociaux. « On ne peut plus se contenter de déclarations de principe », a-t-elle insisté, soulignant que les mesures prises jusqu’ici restent insuffisantes face à l’ampleur du phénomène.
Un débat récurrent mais toujours sans réponse
Le cas d’Agnès Lassalle n’est malheureusement pas isolé. Depuis plusieurs années, les incidents violents dans les écoles se multiplient, poussant les syndicats à sonner l’alarme. Selon les dernières statistiques du ministère de l’Éducation nationale, plus de 15 000 incidents graves ont été recensés en 2025, dont une majorité concernait des agressions envers le personnel éducatif. Pourtant, les réponses apportées restent limitées, se heurtant souvent à des budgets contraints et à des résistances administratives.
Le gouvernement a bien lancé des plans de prévention, comme le « plan de sécurisation des écoles » annoncé en 2023, mais les résultats tardent à se faire sentir. Les enseignants, eux, continuent de travailler dans un climat de tension permanente, où chaque incident rappelle cruellement l’absence de protection institutionnelle. Pour Valérie Ginet, il est temps de passer des mots aux actes : « On ne peut plus se permettre de compter sur le dévouement des professeurs pour pallier les manquements de l’État ».
En attendant, la communauté éducative reste en alerte. Le procès de Pau a servi de révélateur, mais aussi de rappel : sans une mobilisation collective et des moyens à la hauteur, les écoles continueront d’être le réceptacle des tensions sociales, bien loin de leur mission première d’éducation et d’épanouissement.
Valérie Ginet plaide pour un renforcement des effectifs de personnel de surveillance dans les établissements, une formation accrue des enseignants aux situations de crise, et une collaboration renforcée avec les familles et les services sociaux pour mieux prévenir les risques de violence.