Selon Euronews FR, c’est une disparition inquiétante qui a déclenché une enquête d’ampleur en Italie. À l’hôpital israélite de Rome, 80 flacons de fentanyl, un opioïde de synthèse jusqu’à cent fois plus puissant que la morphine, ont été dérobés début juin. Un vol qui prend une dimension particulière quand on réalise que la quantité volée pourrait permettre de préparer jusqu’à 20 000 doses, potentiellement destinées à un usage illicite.
Ce qu'il faut retenir
- 80 flacons de fentanyl, un opioïde 100 fois plus puissant que la morphine, ont été volés à l’hôpital israélite de Rome.
- Cette quantité pourrait permettre de préparer 20 000 doses destinées au marché noir.
- Le vol a été signalé le 24 juin 2026, sans effraction visible sur le coffre-fort concerné.
- Une enquête a été ouverte pour vol et détention en vue de trafic de stupéfiants, confiée aux carabiniers du Nas.
- Le gouvernement italien a convoqué une réunion d’urgence à Palazzo Chigi pour renforcer les contrôles sur les médicaments à haut risque.
- Le ministère de la Santé prépare une nouvelle circulaire pour renforcer les procédures de conservation des opioïdes en milieu hospitalier.
Un opioïde aux effets dévastateurs, déjà source d’inquiétudes en Italie
Le fentanyl est un anesthésique utilisé légalement en médecine pour soulager les douleurs intenses, notamment chez les patients atteints de cancer. Mais détourné à des fins récréatives, il devient une substance extrêmement dangereuse. Trois milligrammes suffisent à provoquer un décès, rappelle Euronews FR. Aux États-Unis et au Canada, son usage illicite a été qualifié d’« urgence nationale » en raison de son impact dévastateur sur la santé publique.
En Italie, la montée en puissance de ce trafic sur le marché noir a poussé les autorités à réagir. Depuis mars 2024, un « Plan national de prévention contre l’usage détourné du fentanyl et d’autres opioïdes de synthèse » a été mis en place par le Département des politiques antidrogue de la présidence du Conseil des ministres. Ce plan vise à encadrer la circulation et l’usage de ces substances, tout en renforçant leur stockage dans les établissements médicaux.
Un vol sans effraction, une enquête pour trafic de stupéfiants
Le vol a été signalé le 24 juin 2026 par la responsable de la pharmacie de l’hôpital israélite de Rome. L’enquête, confiée aux carabiniers du Nas (Nucleo Antisofisticazioni), s’est immédiatement orientée vers un possible détournement à des fins de trafic. Le coffre-fort où étaient conservés les flacons ne présentait aucune trace d’effraction, alors que les clés étaient détenues par plusieurs membres du personnel hospitalier. Une situation qui interroge sur les procédures de sécurité en place.
Le parquet de Rome a ouvert une enquête pour vol et détention en vue de trafic de stupéfiants. Un premier rapport a été transmis au tribunal pénal de la capitale, et les investigations se poursuivent pour identifier les responsables. Euronews FR souligne que les soupçons se portent sur un possible trafic organisé, compte tenu de la quantité volée et de la nature du produit.
Le gouvernement italien mobilisé : inspections et renforcement des contrôles
Face à l’ampleur du vol, le gouvernement italien a réagi avec fermeté. Une réunion d’urgence s’est tenue à Palazzo Chigi, sous la présidence du sous-secrétaire Alfredo Mantovano. Les participants ont rappelé « la nécessité d’assurer le respect strict des procédures pour la gestion des médicaments à haut risque », afin de protéger la santé publique et d’éviter de nouveaux épisodes similaires. « Nous devons garantir que chaque acteur concerné applique les mesures de précaution et les contrôles nécessaires », a précisé un membre de l’entourage du gouvernement.
Dans la foulée, le ministère de la Santé, dirigé par le ministre Schillaci, a lancé une inspection de l’hôpital israélite de Rome. Par ailleurs, une nouvelle circulaire est en préparation pour renforcer les contrôles sur la circulation et la conservation du fentanyl dans les structures médicales. Objectif : éviter tout détournement et sécuriser davantage le stockage de ces substances.
La région Latium étend les vérifications à tous les hôpitaux
La région Latium, dont dépend l’hôpital israélite de Rome, a pris les devants en ordonnant une visite d’inspection extraordinaire dans cet établissement. Les autorités sanitaires locales doivent vérifier la gestion des stupéfiants par la pharmacie hospitalière, afin de s’assurer qu’aucun autre vol n’a eu lieu. Mais l’action ne s’arrête pas là : la région a donné mandat aux autorités sanitaires territoriales pour étendre ces vérifications à l’ensemble des hôpitaux de la région.
« Nous devons garantir les plus hauts niveaux de sécurité », a déclaré un responsable régional. Cette mesure s’inscrit dans une logique de prévention globale, alors que la diffusion du fentanyl illicite préoccupe de plus en plus les autorités sanitaires italiennes. En mars 2024, le gouvernement avait déjà adopté un plan national pour lutter contre l’usage détourné des opioïdes de synthèse. Ce vol rappelle, s’il en était besoin, l’urgence de renforcer ces dispositifs.
Ce vol interroge également sur la responsabilité des personnels hospitaliers. Les clés du coffre-fort étaient détenues par plusieurs personnes, et aucune effraction n’a été constatée. Comment expliquer une telle faille dans la sécurité ? Les investigations devraient permettre d’y voir plus clair.
Enfin, cette affaire rappelle l’importance de la vigilance dans la gestion des médicaments à haut risque. Avec 20 000 doses potentielles en circulation sur le marché noir, les autorités sanitaires et judiciaires italiennes ont désormais une priorité absolue : éviter que ce fentanyl volé ne se transforme en une nouvelle crise sanitaire.
En Italie, le trafic de stupéfiants, y compris le fentanyl, est passible de peines pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison, selon la quantité et la gravité des faits. Les peines sont alourdies en cas de trafic organisé ou si les substances sont coupées avec d’autres produits dangereux, comme la xylazine.
Selon le ministère de la Santé italien, le plan adopté en mars 2024 a permis de renforcer les contrôles et la sensibilisation des professionnels de santé. Cependant, aucune statistique officielle ne permet encore d’évaluer son impact réel sur la réduction des overdoses liées au fentanyl. Les premiers résultats devraient être publiés d’ici la fin de l’année 2026.