Le géant chinois de la tech Xiaomi affiche une situation contrastée dans son segment automobile, selon Numerama. Malgré une progression de ses volumes de livraisons au premier trimestre 2026, la division dédiée aux véhicules électriques enregistre des pertes opérationnelles record, creusant davantage son déficit unitaire par rapport à l’année précédente.

Les résultats financiers transmis par CarNewsChina et relayés le 26 mai 2026 révèlent que la branche automobile de Xiaomi a réalisé un chiffre d’affaires de 19,9 milliards de yuans (soit environ 2,52 milliards d’euros) sur la période. Pourtant, cette performance commerciale s’accompagne d’une perte opérationnelle de 3,1 milliards de yuans, équivalant à 390 millions d’euros.

Ce qu'il faut retenir

  • La division automobile de Xiaomi a généré 19,9 milliards de yuans (2,52 milliards d’euros) de chiffre d’affaires au T1 2026, mais accuse une perte opérationnelle de 3,1 milliards de yuans (390 millions d’euros).
  • Avec 80 856 véhicules livrés, la perte moyenne par voiture vendue atteint 4 800 euros, contre 780 euros un an plus tôt.
  • Le prix de vente moyen par véhicule s’élève à 235 000 yuans (29 720 euros), tandis que la marge brute recule à 20,1 % contre 23,2 % en 2025.
  • Les ventes ont progressé de 6,6 % en un an, avec 80 856 unités écoulées contre 75 869 au T1 2025.

Des pertes unitaires qui s’aggravent malgré une croissance des volumes

Xiaomi vend désormais plus de voitures, mais perd davantage sur chaque modèle écoulé. Avec 80 856 véhicules livrés au premier trimestre 2026, le constructeur enregistre une perte moyenne de 4 800 euros par voiture. Un chiffre bien supérieur aux 780 euros de perte unitaire constatés à la même période en 2025. En novembre 2025, cette perte avait même temporairement basculé du côté positif, alors que Xiaomi dépassait le seuil des 500 000 véhicules produits.

Cette dégradation s’explique en partie par une stratégie commerciale agressive, incluant des subventions à l’achat pour les clients et une réduction de la part des modèles haut de gamme comme la SU7 Ultra, moins rentables. La hausse des coûts des composants pèse également sur les marges, déjà fragilisées par la transition vers une nouvelle gamme.

Une marge brute en net recul et une gamme en mutation

La marge brute de la division automobile s’est contractée, passant de 23,2 % au premier trimestre 2025 à 20,1 % ce trimestre. Selon CarNewsChina, cette baisse s’explique par plusieurs facteurs : l’augmentation des aides à la consommation, la moindre part des modèles à forte marge dans les ventes, et l’inflation sur certains composants électroniques. Xiaomi a ainsi confirmé que les subventions accordées aux acheteurs et la hausse des coûts logistiques jouaient un rôle clé dans ce recul.

Côté gamme, la transition est en cours. La première génération de la SU7 est progressivement retirée du marché, réduisant les volumes disponibles. En revanche, la nouvelle génération lancée en mars a déjà enregistré plus de 80 000 commandes fermes au 6 mai 2026. Parallèlement, le YU7, lancé il y a dix mois, continue de séduire avec plus de 232 000 livraisons cumulées. Une version sportive, la YU7 GT, a été dévoilée le 21 mai pour tenter de redonner un coup de fouet aux marges.

Une dynamique commerciale positive en avril, mais des défis de rentabilité persistants

Les données d’avril 2026 confirment une embellie commerciale pour Xiaomi. Le constructeur a écoulé 36 702 véhicules ce mois-là, soit une progression de 28,4 % sur un an et de 71,2 % par rapport à mars. Cette hausse s’inscrit dans un contexte de demande soutenue pour les véhicules électriques en Chine, où la concurrence reste féroce malgré les aides gouvernementales.

Pourtant, la question de la rentabilité à long terme reste entière. Xiaomi mise sur une stratégie de conquête rapide du marché automobile, acceptant de supporter des pertes importantes dans un premier temps. La capacité du groupe à réduire son déficit unitaire aussi vite que ses volumes de vente progresseront sera déterminante dans les trimestres à venir.

Et maintenant ?

Les prochains trimestres seront décisifs pour Xiaomi. La marque chinoise devra prouver qu’elle peut concilier croissance des ventes et amélioration de ses marges, notamment grâce à l’arrivée de nouveaux modèles comme la YU7 GT ou la prochaine génération de la SU7. Une remontée de la marge brute au-dessus de 20 % d’ici la fin 2026 serait un premier signe encourageant. Les observateurs surveilleront également l’évolution des coûts des composants et la capacité de Xiaomi à limiter l’impact des subventions sur sa rentabilité.

Si la tendance actuelle se poursuit, le constructeur pourrait ajuster sa politique commerciale ou accélérer le déploiement de ses capacités de production pour atteindre un seuil de rentabilité. Une échéance clé sera le troisième trimestre 2026, période où les ventes de véhicules électriques atteignent traditionnellement un pic en Chine.

En attendant, l’équation reste complexe : comment concilier volume, prix et rentabilité dans un marché aussi compétitif que celui de l’automobile électrique ? La réponse conditionnera la pérennité de la stratégie de Xiaomi dans ce secteur.

Plusieurs facteurs expliquent cette situation : des subventions à l’achat accordées aux clients, une part plus faible des modèles haut de gamme comme la SU7 Ultra dans les ventes, et la hausse des coûts des composants électroniques. Ces éléments réduisent la marge brute, qui est passée de 23,2 % au T1 2025 à 20,1 % ce trimestre.

Le SUV YU7, lancé il y a dix mois, cumule plus de 232 000 livraisons et continue d’enregistrer un fort succès commercial. La nouvelle génération de la SU7, lancée en mars 2026, a déjà dépassé les 80 000 commandes fermes. Une version sportive, la YU7 GT, a été dévoilée le 21 mai pour tenter de redonner un coup de pouce aux marges.