Depuis quelques jours, les propriétaires et conducteurs de taxis exerçant dans la capitale camerounaise, Yaoundé, sont tenus de s’enregistrer sur une plateforme digitale mise en place par les autorités municipales. Cette initiative, obligatoire et gratuite, permet aux usagers d’accéder instantanément aux informations des chauffeurs en scannant un code QR apposé sur les véhicules. Selon RFI, cette mesure vise à renforcer la transparence et la sécurité dans le secteur des transports urbains.

Ce qu'il faut retenir

  • Un enregistrement digital obligatoire et gratuit pour tous les taxis de Yaoundé, selon RFI.
  • Les usagers pourront scanner un code QR sur les véhicules pour obtenir les informations des conducteurs.
  • Cette plateforme a été déployée auprès des mairies de Yaoundé ces dernières semaines.
  • Les réactions à cette mesure restent partagées parmi les professionnels du secteur.

Une plateforme digitale pour encadrer le secteur des taxis

La mise en service de cette plateforme d’enregistrement digital s’inscrit dans une volonté des autorités de Yaoundé de structurer davantage le secteur des transports urbains. Les propriétaires et conducteurs de taxis doivent désormais fournir des données personnelles et professionnelles via ce système, accessible gratuitement. L’objectif affiché est de permettre aux passagers de vérifier l’identité des chauffeurs avant de monter à bord, un dispositif qui pourrait aussi faciliter les contrôles administratifs. « Cette mesure vise à rassurer les usagers et à lutter contre les pratiques frauduleuses », a expliqué un responsable municipal cité par RFI.

Le code QR, apposé sur chaque véhicule agréé, permettra d’accéder à une fiche récapitulative contenant le nom du conducteur, son numéro de licence, ainsi que les coordonnées de l’entreprise de taxi à laquelle il est affilié. Autant dire que cette transparence accrue pourrait modifier les habitudes des passagers, habitués jusqu’ici à des contrôles aléatoires ou inexistants.

Des réactions contrastées parmi les professionnels

Si les autorités municipales saluent une avancée majeure pour la sécurité des usagers, les acteurs du secteur ne partagent pas tous cet enthousiasme. Certains chauffeurs, contactés par RFI, se disent sceptiques quant à l’efficacité réelle du dispositif. « On nous demande de fournir des informations personnelles, mais qui garantit que ces données seront protégées ? », s’interroge un taxi indépendant. D’autres, plus optimistes, y voient une opportunité de professionnaliser davantage leur métier et d’écarter les chauffeurs non déclarés.

Côté usagers, les avis divergent également. Certains saluent une initiative bienvenue dans une ville où les incidents liés aux taxis sont régulièrement rapportés. D’autres, en revanche, craignent une complexification des démarches ou une hausse des tarifs pour couvrir les coûts de mise en conformité. « Pour l’instant, on ne sait pas encore si cela changera vraiment les choses au quotidien », confie un passager régulier des taxis de Yaoundé.

Un déploiement progressif sous surveillance

Le lancement de cette plateforme s’est fait progressivement, avec une phase de test menée auprès de quelques mairies avant un déploiement plus large. Les autorités assurent que les contrôles seront renforcés pour vérifier le respect de cette obligation. « Les véhicules non enregistrés seront verbalisés et retirés de la circulation si nécessaire », a précisé un responsable de la mairie de Yaoundé I à RFI. Cette mesure s’ajoute à d’autres initiatives récentes, comme l’obligation pour les taxis d’arborer une plaque officielle ou de disposer d’un compteur kilométrique en état de marche.

Pour les nouvelles demandes de licence, l’enregistrement digital sera désormais une étape incontournable. Les chauffeurs déjà en activité disposent d’un délai de trois mois pour se conformer à la nouvelle réglementation, sous peine de sanctions. « C’est une transition qui prendra du temps, mais elle est nécessaire pour assainir le secteur », a ajouté le responsable municipal.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact réel de cette mesure. Si les autorités espèrent une réduction des infractions et une amélioration de la qualité des services, les chauffeurs et les usagers attendent de voir si le dispositif sera appliqué avec rigueur. Une évaluation officielle est prévue d’ici la fin de l’année, selon les déclarations des services municipaux. D’ici là, les associations de taxis pourraient organiser des concertations pour affiner le processus et répondre aux craintes exprimées.

Reste à savoir si cette digitalisation contribuera, à terme, à restaurer la confiance entre les passagers et les chauffeurs de taxi à Yaoundé.

Le code QR permettra d’accéder au nom du conducteur, son numéro de licence, ainsi qu’aux coordonnées de l’entreprise de taxi à laquelle il est affilié.

Les chauffeurs déjà en activité disposent d’un délai de trois mois pour s’enregistrer sur la plateforme digitale.