Une séance de yoga à 2 500 mètres d’altitude, avec vue imprenable sur les sommets enneigés des Alpes. C’est l’expérience qu’a vécue Ingrid Pohu, journaliste sportive de Franceinfo - Sport, dans le cadre de sa chronique « J’ai testé pour vous ». Une immersion qui mêle détente, défi physique et connexion à la nature.

Ce qu'il faut retenir

  • Une séance de yoga organisée dans le refuge de Solaise, à 2 500 mètres d’altitude, dans la station de Val d’Isère (Savoie).
  • L’expérience a réuni une dizaine de participantes, encadrées par une professeure, Lauranne, pour une session axée sur la respiration et l’équilibre.
  • L’altitude modifie la perception de l’effort : l’air semble plus léger, mais la concentration est renforcée pour maintenir les postures.
  • La séance a inclus des postures classiques comme la salutation au soleil et la posture de la montagne (Tadasana), adaptées à ce cadre exceptionnel.
  • Les participantes soulignent un sentiment de déconnexion et de bien-être, malgré le froid et l’effort physique.

Une ascension pour s’imprégner de l’ambiance

Le voyage commence dans la télécabine de Solaise, qui s’élève doucement vers les sommets. Pendant la montée, le panorama s’étend à perte de vue : les pistes de ski, les forêts enneigées et les sommets en arrière-plan offrent déjà un avant-goût de l’expérience. « Une lente ascension qui prépare naturellement l’esprit à la détente », explique Ingrid Pohu. Arrivée en haut, le cadre change radicalement : une salle lumineuse, avec de grandes baies vitrées donnant sur les pentes enneigées, invite à se poser.

Une dizaine de participantes, toutes équipées de leurs tapis de yoga, attendent le début de la séance. Leur professeure, Lauranne, les accueille avec un sourire et une voix apaisante. « Dès les premiers mots, on sent que l’altitude ajoute une dimension particulière à l’exercice », précise la journaliste.

Un défi physique et mental

La séance débute par la posture de la montagne, Tadasana. Debout, immobile, les pieds ancrés au sol, le corps aligné. « Face aux véritables montagnes derrière les vitres, on a l’impression d’être soi-même une colline », confie Ingrid Pohu. La concentration est mise à rude épreuve : l’air raréfié à cette altitude rend chaque mouvement plus exigeant. « On se rend vite compte que le corps réagit différemment. La respiration est plus présente, et l’équilibre demande un effort supplémentaire », ajoute-t-elle.

Vient ensuite la salutation au soleil, une série de mouvements fluides qui s’enchaînent. Entre deux postures, les regards se perdent vers les sommets enneigés. « Certaines positions m’ont rappelé mon manque de souplesse, mais ici, pas de compétition. Juste l’envie de prendre soin de soi », confie la journaliste. Malgré le froid qui s’infiltre par les vitres, l’atmosphère reste chaleureuse et bienveillante.

Une parenthèse hors du temps

À l’issue de la séance, le bilan est unanime : une parenthèse hors du temps, entre ciel et montagnes. « On sort de là avec une sensation de légèreté, autant physique que mentale », souligne Ingrid Pohu. L’expérience, bien que physiquement exigeante, laisse un sentiment de plénitude. « L’altitude amplifie les sensations : on respire mieux, on se sent plus ancrée, et le décor majestueux ajoute une dimension presque spirituelle à la pratique. »

Pourtant, la séance n’a rien d’un simple divertissement. « Il faut accepter de sortir de sa zone de confort. À 2 500 mètres, même les postures les plus basiques demandent plus d’attention. Mais c’est justement ce qui rend l’expérience unique », précise-t-elle.

Et maintenant ?

Si cette initiative a séduit les participantes, elle pourrait inspirer d’autres stations de montagne à proposer des séances de yoga en altitude. Val d’Isère, déjà réputée pour ses infrastructures sportives, pourrait bien devenir une référence en la matière. « Reste à voir si d’autres stations suivront, et si cette pratique se démocratise », indique Ingrid Pohu. Une chose est sûre : l’expérience mérite d’être renouvelée.

Comment participer à une séance ?

Pour celles qui souhaiteraient tenter l’expérience, le refuge de Solaise, situé à 73150 Val d’Isère, propose régulièrement des séances de yoga en altitude. Les horaires et les tarifs varient selon les périodes, mais il est conseillé de se renseigner directement auprès de la station ou du refuge. « Une pratique accessible à tous, à condition d’accepter de s’adapter à l’altitude », rappelle la journaliste.

Avec l’essor des activités bien-être en montagne, cette formule pourrait bien séduire un public de plus en plus large. « Entre sport et méditation, le yoga en altitude offre une alternative originale aux traditionnelles randonnées ou séances en salle », conclut-elle.

Non. Les séances sont généralement adaptées à tous les niveaux, même si certaines postures peuvent demander un peu plus d’effort en raison de l’altitude. L’important est de s’écouter et de progresser à son rythme.