Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu à Damas ce dimanche 6 avril 2026 pour un entretien officiel avec son homologue syrien, Ahmed Al-Chareh, selon France 24. Cette rencontre, inédite depuis le début du conflit en Ukraine, avait pour objectif principal d’aborder les enjeux de sécurité en Syrie et dans la région, dans un contexte marqué par l’implication croissante de Moscou dans le conflit syrien aux côtés du régime de Damas.
Ce qu'il faut retenir
- Première visite officielle de Volodymyr Zelensky en Syrie depuis le début de l’invasion russe en Ukraine
- Les discussions ont porté sur la sécurité régionale et les tensions liées à la guerre en Ukraine
- La Syrie, alliée traditionnelle de la Russie, pourrait jouer un rôle indirect dans le soutien de Moscou à l’offensive contre Kiev
Une visite diplomatique sous haute tension
Accueilli à Damas par Ahmed Al-Chareh, Volodymyr Zelensky a engagé des échanges centrés sur les défis sécuritaires qui traversent le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est. Selon des observateurs cités par France 24, cette visite s’inscrit dans une stratégie plus large visant à élargir les alliances de l’Ukraine en dehors du bloc occidental, déjà fortement engagé militairement et financièrement. « La situation en Syrie et en Ukraine ne peut plus être traitée de manière isolée », a souligné un analyste proche du dossier.
L’Ukraine, engagée depuis 2022 dans une guerre défensive contre l’invasion russe, cherche à diversifier ses soutiens diplomatiques. La Syrie, bien que proche de Moscou, pourrait offrir une plateforme de discussion sur les implications régionales du conflit. À cet égard, des sources diplomatiques évoquent des échanges sur les risques de radicalisation et la présence de groupes armés dans les zones sous contrôle russe en Ukraine.
Un rapprochement qui interroge
Cette rencontre survient après une série de déplacements similaires, dont un passage en Turquie la semaine précédente. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan, médiateur historique dans le conflit ukrainien, avait déjà facilité des discussions entre Kiev et Moscou avant l’escalade de 2022. « On ne peut ignorer le rôle pivot de la Turquie dans la région », rappelle un expert en géopolitique. Pour autant, le rapprochement avec la Syrie reste un sujet sensible, tant pour Kiev que pour ses alliés occidentaux.
Du côté syrien, Ahmed Al-Chareh a réaffirmé le soutien de Damas à la « souveraineté ukrainienne » lors d’une déclaration conjointe. « La Syrie condamne toute ingérence étrangère sur son territoire, comme elle le fait pour l’Ukraine », a-t-il précisé, sans évoquer directement le rôle de la Russie. Une formulation qui laisse planer des ambiguïtés sur les véritables intentions du régime de Bachar al-Assad dans ce dossier.
« Cette visite ouvre une fenêtre de dialogue inédite, mais son impact dépendra des engagements concrets qui en découleront. »
Contexte et enjeux régionaux
La Syrie, déchirée depuis 2011 par une guerre civile ayant fait plus de 500 000 morts, est devenue un théâtre d’affrontements par procuration entre puissances étrangères. Depuis 2015, Moscou y déploie des forces militaires en soutien au régime de Bachar al-Assad, ce qui en fait un allié clé pour la Russie dans sa stratégie au Moyen-Orient. Pour l’Ukraine, cette proximité entre Damas et Moscou représente un défi supplémentaire, alors que Kiev tente de mobiliser une coalition internationale contre l’invasion russe.
Selon des sources diplomatiques, les échanges entre Zelensky et Al-Chareh pourraient aussi aborder la question des prisonniers de guerre et des disparus, un dossier qui reste bloqué malgré les multiples tentatives de médiation. « La coordination sur les dossiers humanitaires est un premier pas, mais les divergences stratégiques persistent », confie un diplomate sous couvert d’anonymat.
Dans l’immédiat, ni l’Ukraine ni la Syrie n’ont communiqué de calendrier précis pour de nouvelles rencontres. Une chose est sûre : cette visite marque une étape supplémentaire dans la stratégie de Volodymyr Zelensky pour élargir son champ d’action diplomatique, dans un contexte où la guerre en Ukraine s’enlise et où les soutiens occidentaux pourraient s’essouffler.
Kiev tente d’élargir ses alliances diplomatiques en dehors du bloc occidental, qui reste son principal soutien militaire et financier. Une approche qui vise à diversifier ses partenariats, même avec des pays traditionnellement alignés sur Moscou, comme la Syrie.
