Le nombre de décès de personnes sans domicile fixe (SDF) en France a atteint au moins 929 en 2025, selon un décompte provisoire rendu public ce 2 juin par le collectif Les Morts de la Rue. Ce bilan, recueilli auprès d’une cinquantaine d’associations partenaires en métropole et en outre-mer, dépasse déjà le chiffre de 2024, qui s’élevait à 912 décès.

Ce qu'il faut retenir

  • Le collectif Les Morts de la Rue recense 929 décès de personnes sans-abri en 2025, un chiffre en hausse par rapport aux 912 décès de 2024.
  • Le bilan provisoire pourrait encore augmenter, avec une actualisation prévue en octobre 2026.
  • Les profils des victimes révèlent une moyenne d’âge de 50 ans, avec 83 % d’hommes parmi les décès.
  • La région Provence-Alpes-Côte d’Azur enregistre une hausse alarmante, passant de 51 décès en 2024 à 112 en 2025.
  • Quatorze enfants de moins de 4 ans et douze adolescents de 15 à 18 ans figurent parmi les victimes.

Selon Le Figaro, ce décompte, établi à partir des remontées de ses membres, inclut les personnes décédées dans des lieux non conçus pour l’habitat, comme des cages d’escalier, des cabanes de chantier ou la voie publique. Le collectif précise que ce chiffre reste provisoire : la liste définitive, arrêtée au 16 avril 2026, sera complétée par d’autres noms et fera l’objet d’une analyse détaillée en octobre prochain. Une partie des décès échappe cependant à ce recensement, ce qui rend le bilan encore incomplet.

Des profils variés et une moyenne d’âge précoce

Les données du collectif révèlent une diversité de profils parmi les victimes. L’âge moyen des personnes décédées s’établit à 50 ans, avec un écart allant d’un bébé de 11 jours, retrouvé sans vie à Bron (Rhône), à une femme de 88 ans hébergée temporairement chez un tiers. Sur les 929 décès enregistrés, 83 % concernent des hommes. Par ailleurs, le bilan comptabilise 14 enfants de moins de 4 ans et 12 adolescents âgés de 15 à 18 ans.

Ces chiffres soulignent la précarité extrême dans laquelle vivent ces personnes, souvent hébergées dans des conditions précaires, en hébergement d’urgence ou en logement temporaire. « Les conditions de vie dans la rue abîment énormément les individus », a souligné Adèle Lenormand, membre du collectif Les Morts de la Rue, lors d’un entretien accordé à l’Agence France-Presse (AFP). Elle a également mis en avant une hausse significative dans certaines régions : « En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, on est passé de 51 décès en 2024 à 112 l’an dernier. C’est alarmant. »

Une cérémonie d’hommage à Paris et l’incertitude sur le nombre total de sans-abri

Un hommage public sera rendu ce 2 juin à Paris, dans le 5ᵉ arrondissement, où les noms, âges, dates et lieux de décès de chaque victime seront lus lors d’une cérémonie. Cette initiative, organisée par le collectif, sera suivie d’interventions d’élus locaux et de militants associatifs. Elle vise à sensibiliser l’opinion publique à la réalité des sans-abri en France et à honorer leur mémoire.

Parallèlement, la question du décompte exact des personnes sans domicile fixe en France reste complexe. Selon la Fondation pour le Logement, elles seraient environ 350 000, tandis que la dernière évaluation officielle de l’Insee, datant de 2012, en recensait 143 000. L’Institut national de la statistique mène actuellement une nouvelle enquête pour actualiser ce chiffre, dont les résultats sont attendus pour fin 2026.

Un bilan provisoire qui pourrait encore s’alourdir

Le collectif Les Morts de la Rue insiste sur le caractère incomplet de son décompte. « Le bilan définitif sera accompagné d’une analyse des profils des personnes décédées et des causes de leur mort », a précisé Adèle Lenormand. « Ces chiffres restent à interpréter avec précaution, car une part des décès échappe à notre collectif. » En effet, la liste arrêtée au 16 avril 2026 ne reflète pas les décès survenus entre cette date et la fin de l’année 2025. Une mise à jour est donc prévue pour octobre 2026, lorsque l’association publiera son rapport définitif.

Cette situation reflète l’urgence à laquelle font face les acteurs associatifs et les pouvoirs publics. Le collectif rappelle que le phénomène des morts dans la rue « continue d’augmenter année après année » et pourrait prochainement franchir le seuil symbolique des 1 000 décès annuels. « Il continue d’augmenter années après années », a confirmé Adèle Lenormand, soulignant l’absence de rupture dans cette tendance.

Et maintenant ?

L’actualisation du bilan en octobre 2026 permettra d’affiner l’analyse des causes de décès et des profils des victimes. Dans l’attente, les associations appellent à une mobilisation accrue pour lutter contre la précarité et améliorer l’accès au logement. Les pouvoirs publics, de leur côté, devraient présenter d’ici fin 2026 les résultats de la nouvelle enquête de l’Insee sur le nombre de sans-abri en France, un chiffre qui pourrait redéfinir les priorités de la politique sociale.

Une cérémonie d’hommage est prévue aujourd’hui à Paris pour rendre hommage aux victimes. Cet événement, couplé à la publication des prochains chiffres, pourrait relancer le débat sur les moyens à mettre en œuvre pour endiguer ce fléau.

Le collectif s’appuie sur les remontées d’une cinquantaine d’associations partenaires en métropole et en outre-mer. Ces associations recueillent les informations auprès des services publics, des hôpitaux, des forces de l’ordre et des riverains. La liste est arrêtée à une date donnée, puis actualisée plusieurs fois par an. Les décès sont ensuite vérifiés et croisés avec d’autres sources pour éviter les doublons.