Alors que les forces d’extrême droite européennes se donnaient rendez-vous samedi 18 avril à Milan, les progressistes du monde entier se retrouvaient quant à eux à Barcelone pour un forum intitulé « En défense de la démocratie ». Selon Courrier International, ce sommet a surtout été perçu comme une mobilisation contre l’administration Trump, même si aucun responsable n’a directement cité le nom du président américain.
Ce qu'il faut retenir
- Un forum international organisé à Barcelone les 18 et 19 avril 2026, réunissant environ 6 000 participants, dont des dirigeants progressistes comme Claudia Sheinbaum (Mexique), Lula (Brésil), Gustavo Petro (Colombie) et Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud).
- Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol, a été la figure centrale de cet événement, présenté par certains médias comme un « super-héros » du progressisme face à Donald Trump.
- Le sommet a abordé plusieurs sujets clés, notamment la situation à Cuba, où l’Espagne, le Brésil et le Mexique ont appelé à éviter une aggravation des conditions de vie des Cubains.
- Gabriel Boric, ancien président chilien, a plaidé pour le renouvellement des Nations unies sous la direction d’une femme, évoquant Michelle Bachelet comme candidate potentielle.
- María Corina Machado, opposante vénézuélienne, a refusé de rencontrer Pedro Sánchez, lui préférant des échanges avec des responsables espagnols de droite et d’extrême droite.
Un rassemblement progressiste en réponse aux dynamiques internationales
Alors que les partis d’extrême droite consolidaient leur influence lors d’un sommet à Milan, leurs opposants idéologiques se retrouvaient à Barcelone pour un forum organisé sous le thème de la défense de la démocratie. Selon Politico Europe, ce sommet a été interprété comme une tentative de mobilisation des progressistes face à l’administration Trump, bien que ce dernier n’ait pas été mentionné nommément par les intervenants. Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol, a occupé une place centrale dans ce dispositif, présenté par certains médias comme le porte-étendard d’une gauche résiliente.
« Barcelone, ville fétiche pour la gauche, la seule métropole espagnole où tout le pouvoir politique est entre les mains des socialistes », offrait selon El País « l’endroit idéal » pour ce rassemblement. L’objectif affiché était de « remonter le moral du progressisme international » alors que « Donald Trump et ses alliés commencent à montrer des signes de faiblesse », comme le souligne le quotidien madrilène.
Pedro Sánchez, entre admiration et critiques
Plusieurs médias internationaux ont salué le rôle de Pedro Sánchez lors de cet événement. El País titre ainsi : « La gauche internationale consacre Sánchez », tandis que le New York Times le qualifie de « super-héros progressiste » pour ses positions tranchées face à Donald Trump, notamment sur les questions vénézuélienne et iranienne. Pourtant, le journal américain tempère son éloge en rappelant les difficultés de Sánchez en politique intérieure, notamment sur les sujets migratoire, environnemental et diplomatique.
Lors de son discours, le Premier ministre espagnol a martelé sa vision d’une gauche résolument opposée aux « milliardaires à la cupidité sans limite » et aux « spéculateurs ». « Les progressistes n’arrivent pas au pouvoir pour servir les élites. Nous les remettons à leur place », a-t-il lancé, affirmant que « le temps de l’international d’extrême droite est terminé ».
Les sujets au cœur des débats
Outre les tensions géopolitiques, les dirigeants présents ont abordé plusieurs enjeux majeurs. Excelsior, un média mexicain, souligne la publication d’un communiqué commun sur Cuba, où l’Espagne, le Brésil et le Mexique ont exprimé leur « inquiétude pour l’île » et leur volonté de coordonner une réponse humanitaire afin d’éviter une détérioration des conditions de vie des Cubains.
La Tercera, quotidien chilien, retient quant à lui l’intervention de Gabriel Boric, ancien président du Chili. Ce dernier a mis en garde contre « l’affaiblissement du multilatéralisme, la désinformation et la montée des projets autoritaires ». Boric a également plaidé pour la nomination de Michelle Bachelet au poste de secrétaire générale des Nations unies, une candidature soutenue par Pedro Sánchez. « Nous pensons qu’il est temps que les Nations unies soient renouvelées, réformées et dirigées par une femme. Ce n’est pas qu’une question de justice, c’est une question de crédibilité », a-t-il expliqué.
Une absence remarquée : María Corina Machado
Alors que le sommet progressiste se tenait à Barcelone, l’opposante vénézuélienne María Corina Machado, prix Nobel de la paix, s’exprimait à Madrid. Selon RTVE, elle a choisi de ne pas rencontrer Pedro Sánchez, lui préférant des échanges avec des membres du Parti Populaire et de Vox, la formation d’extrême droite espagnole. « Ce qui s’est dit en Catalogne est, selon elle, illustre pourquoi ce n’était opportun de parler au Premier ministre espagnol », rapporte la chaîne publique espagnole.
Cette absence a été interprétée comme un signe de désaccord entre Machado et Sánchez, dont les positions sur le Venezuela diffèrent. Alors que Machado milite pour une ligne plus dure face au régime de Nicolás Maduro, Sánchez a adopté une posture plus nuancée, privilégiant le dialogue et la coordination internationale.
Pour l’instant, une chose est sûre : alors que l’extrême droite renforce ses positions en Europe, la gauche cherche à s’organiser. Barcelone a été le théâtre d’une tentative de rassemblement, mais c’est sur le terrain des politiques concrètes que se jouera l’avenir du progressisme.
