L’optimisme économique des années 2010, marqué par l’essor du tourisme et l’émergence de micro-entreprises locales, semble désormais s’éloigner. Selon Ouest France, les autorités cubaines durcissent leur ligne politique et économique, au point de redouter un scénario similaire à celui du Venezuela sous Nicolás Maduro. « L’ouverture des années 2010, qui permit l’essor du tourisme et des micro-entreprises d’accueil et de restauration, appartient au passé », écrit Laurent Marchand, rédacteur en chef délégué du quotidien, dans un éditorial consacré à la situation cubaine.

Ce qu'il faut retenir

  • Les réformes économiques des années 2010, comme l’essor du tourisme et des micro-entreprises, sont désormais abandonnées sous le régime cubain.
  • Les autorités craignent un scénario à la vénézuélienne, marqué par une crise économique et politique durable.
  • Le durcissement du régime s’accompagne d’un raidissement des conditions de vie pour la population.

Un tournant économique après des années d’ouverture

Entre 2010 et 2020, Cuba avait engagé une série de réformes économiques visant à libéraliser partiellement son économie. Ces mesures avaient permis le développement d’activités privées dans la restauration, l’hébergement et d’autres secteurs, attirant des investissements étrangers et relançant un tourisme en berne après la chute de l’URSS. Pourtant, cette dynamique s’est progressivement inversée. Selon Ouest France, le gouvernement cubain a recentralisé le contrôle économique, mettant fin à l’autonomie relative des entrepreneurs locaux. « On assiste à un retour en arrière », souligne Laurent Marchand, « où l’État reprend le contrôle total des secteurs stratégiques ».

La crainte d’un effondrement à la vénézuélienne

Le parallèle avec le Venezuela n’est pas anodin. Depuis plusieurs années, Caracas fait face à une crise économique sans précédent, marquée par une hyperinflation, des pénuries chroniques et une exode massif de sa population. À La Havane, les craintes d’un scénario similaire gagnent du terrain. Les autorités cubaines, qui ont toujours justifié leur modèle par la « résistance au capitalisme », voient leurs réserves de change s’épuiser et leur dépendance aux importations s’accroître. « La Havane craint de vivre, à tout moment, un scénario à la Maduro », précise Ouest France.

Cette situation intervient dans un contexte déjà fragilisé par les sanctions américaines et la baisse des envois de fonds de la diaspora. Les Cubains, qui bénéficiaient autrefois de transferts financiers en provenance des États-Unis, subissent désormais des restrictions accrues. Les autorités de La Havane accusent Washington d’étouffer leur économie, tandis que les observateurs soulignent l’échec des politiques internes à relancer la production locale.

Un raidissement politique qui alimente les tensions

Le durcissement du régime ne se limite pas à l’économie. Depuis 2024, les autorités cubaines ont intensifié la répression contre les opposants politiques et les militants des droits humains. Les arrestations arbitraires, les procès expéditifs et les restrictions sur les libertés individuelles se multiplient. Selon des organisations non gouvernementales, plus de 1 500 personnes auraient été détenues arbitrairement depuis le début de l’année, dans un climat de plus en plus autoritaire. « Le régime se raidit à nouveau », résume Ouest France, « et cette tendance ne semble pas près de s’inverser ».

Les manifestations populaires, bien que rares, ont été violemment réprimées. En juillet 2021, les plus importantes protestations depuis des décennies avaient éclaté dans plusieurs villes du pays, avant d’être écrasées dans le sang. Depuis, les autorités ont renforcé leur arsenal législatif pour étouffer toute velléité de contestation. Une loi controversée, adoptée en 2023, criminalise toute forme de critique envers le gouvernement ou les institutions, sous peine de lourdes peines de prison.

Et maintenant ?

La situation à Cuba reste extrêmement volatile. Les prochaines semaines pourraient être déterminantes, notamment avec l’échéance d’octobre 2026, date à laquelle le gouvernement doit présenter son nouveau plan économique. Ce texte, qui pourrait prévoir de nouvelles mesures d’austérité, risque d’aggraver les tensions sociales déjà palpables. Parallèlement, la communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution de la répression politique. Une éventuelle dégradation des conditions de vie ou une nouvelle vague de répression pourrait entraîner une réaction de la part des pays voisins, notamment au sein de l’Organisation des États américains (OEA). Reste à voir si le régime cubain parviendra à éviter l’implosion ou si, au contraire, il s’enfermera dans une logique de confrontation.

Ce scénario, bien que redouté par une partie de la population, n’est pas encore acté. Mais une chose est sûre : l’époque des réformes libérales semble bel et bien révolue à La Havane.

Selon Ouest France, ce raidissement s’explique par la crainte d’une perte de contrôle total sur l’économie. Après des années de libéralisation partielle, les autorités ont décidé de recentraliser les secteurs clés pour éviter une fuite des ressources et une dépendance accrue aux importations. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de survie politique, où l’État cherche à maintenir son emprise sur la société.