Avec plus d’un million de dollars de recettes supplémentaires enregistrées depuis le début de la Coupe du monde de football, le rodéo s’impose comme l’une des attractions touristiques majeures à Dallas, selon Franceinfo - Sport. Organisé dans l’enceinte historique du Cowtown Coliseum, à Fort Worth au Texas, cet événement traditionnel américain séduit désormais les supporters étrangers venus assister aux matchs du Mondial.

Ce qu'il faut retenir

  • 7 000 places supplémentaires vendues pour les rodéos organisés en marge des matchs de la Coupe du monde à Dallas.
  • Un million de dollars de recettes générées en plus par le Cowtown Coliseum pendant la durée du tournoi.
  • Le rodéo est présenté comme un moyen de valoriser le travail des cowboys dans les ranchs, notamment le dressage des chevaux et l’utilisation du lasso.
  • Blake Bentley, l’un des meilleurs cowboys du Texas, insiste sur la nécessité d’un entraînement rigoureux et de plusieurs années de pratique.
  • Gracie Morehead, figure emblématique du rodéo féminin, témoigne de la progression des femmes dans ce milieu traditionnellement masculin.
  • Des supporters de football, comme certains Croates et Anglais, expriment leur réprobation envers certaines pratiques, qualifiées de cruelles.

Un lieu chargé d’histoire et dédié au rodéo

Le Cowtown Coliseum, situé dans le quartier historique des Stockyards à Fort Worth, est présenté comme « le plus vieux lieu dédié au rodéo au monde », construit il y a 119 ans. Ce site emblématique, avec son architecture en briques rouges, attire chaque semaine des milliers de spectateurs pour des compétitions régulières. Autour de l’arène, le quartier des Stockyards conserve l’âme des grands espaces américains : magasins de santiags et de boucles de ceinture pouvant atteindre 1 500 dollars, restaurants proposant de la viande Angus, et même un musée dédié à John Wayne, symbole du western.

Tim Long, le propriétaire de l’enceinte, précise que le rodéo ne se limite pas à un simple spectacle : « C’est un ensemble de compétitions qui rapportent de l’argent aux meilleurs, mais c’est aussi pour montrer tout le travail que les cowboys réalisent dans les ranchs. Le dressage des chevaux, comment on attrape les veaux au lasso… Tout ça, sauf les taureaux. Ce sont les meilleurs cowboys du Texas et de tout le pays qui se retrouvent ici, quelques-uns aussi viennent du Brésil. »

Des épreuves variées et une culture ancrée dans l’ADN texan

Le rodéo traditionnel comprend plusieurs épreuves emblématiques. Après le passage des taureaux — où les cowboys doivent rester en selle le plus longtemps possible —, viennent des épreuves comme l’attrapage de veaux au lasso, où les cavaliers doivent immobiliser l’animal par le cou ou les pattes. Une autre discipline, la course de barils, consiste en une épreuve chronométrée à cheval où le cavalier doit slalomer autour de tonneaux disposés en triangle.

Blake Bentley, champion texan portant le numéro 709 dans le dos, incarne cette tradition. Bottes en cuir, pantalon en jean et chapeau à large bord, il résume sa philosophie : « Pour être un bon cowboy, il faut beaucoup pratiquer, s’entraîner très dur. Et ça, des heures et des heures et pendant des années. C’est notre vie. Je fais ça depuis que j’ai 5 ans et c’est ma passion. C’est un peu dangereux. Mais il y a cinq personnes dans l’arène, proches de nous, en cas de problème. » Il ajoute : « La plupart du temps, ça se passe bien. Les chevaux sont bien dressés. Et si ça se complique, tu lâches la lanière et tu sautes. »

Les femmes aussi s’illustrent dans l’arène

Autrefois réservées aux hommes, les arènes de rodéo voient de plus en plus de femmes s’imposer. Gracie Morehead, une jeune cowgirl au long cheveu blond dépassant de son grand chapeau, fait partie de cette nouvelle génération. « J’ai commencé à monter à cheval quand j’avais 3 ans. Je regardais les rodéos et je rêvais d’entrer un jour dans l’arène », raconte-t-elle. À 13 ans, elle a obtenu son propre cheval et s’est inscrite à sa première compétition. « À 23 ans, je suis devenue l’une des plus célèbres cowgirls. Ce n’est pas un problème d’être une femme. Nous sommes de plus en plus nombreuses. Nous avons nos propres compétitions et c’est cool. Dans la vie de tous les jours, je m’occupe des chevaux, je les dresse et je les entraîne. Je fais ça depuis cinq ans, dans le ranch de mon petit ami au Texas. »

Un succès commercial pour les organisateurs, mais des critiques persistantes

Malgré les controverses entourant certaines pratiques, le rodéo attire un public toujours plus large, notamment grâce à l’afflux de touristes venus pour la Coupe du monde. Le Cowtown Coliseum a organisé trois rodéos supplémentaires pendant la durée des quatre matchs disputés à Dallas. Résultat : 7 000 places supplémentaires vendues et près d’un million de dollars de recettes en plus sur la période.

Tim Long, le propriétaire, se félicite de cette affluence : « On est très heureux d’accueillir les fans de football à notre rodéo. Nous accueillons des touristes toute l’année, mais là, c’est un peu spécial. On partage notre culture. C’est génial. » Cependant, certains visiteurs étrangers expriment leur désapprobation. Hayden et Dan, deux supporters anglais, ont quitté les lieux avant la fin du spectacle. « Pour être honnête, on n’est pas vraiment fans de ce spectacle. Poursuivre des vaches ou des veaux avec cette saloperie de lasso, c’est horrible », s’indigne Hayden. Dan ajoute : « Là, on va s’en aller parce qu’on a notre dose. Et le taureau qui débarque dans l’arène comme une tornade, complètement affolé, je ne suis pas fan. Ça me dégoûte en fait. »

Et maintenant ?

Le succès des rodéos organisés en marge de la Coupe du monde pourrait inciter les organisateurs à pérenniser cette formule lors de futurs grands événements sportifs aux États-Unis. Si l’affluence se confirme, d’autres villes pourraient s’inspirer du modèle du Cowtown Coliseum, qui mise sur le tourisme culturel pour diversifier son offre. Reste à voir si cette tendance se maintiendra après la fin du Mondial, alors que le rodéo continue de diviser entre tradition et controverses éthiques.

L’enjeu pour les professionnels du secteur sera de concilier la promotion de leur patrimoine culturel avec les attentes croissantes du public en matière de bien-être animal et d’éthique. Une question qui pourrait, à terme, façonner l’avenir même de cette discipline.

Un rodéo traditionnel comprend plusieurs épreuves emblématiques : le rodeo bronc (montée de chevaux sauvages ou de taureaux), l’attrapage de veaux au lasso, la course de barils (slalom chronométré à cheval) et parfois des concours de dressage ou de travail au lasso.

Certaines pratiques du rodéo, comme l’utilisation du lasso sur des veaux ou les montées de taureaux, sont perçues par certains spectateurs comme des actes de cruauté envers les animaux. Ces critiques se sont multipliées avec la médiatisation internationale des événements.