Selon Euronews FR, la bande de Gaza a vécu ce week-end un moment d’évasion collective à l’occasion du match d’ouverture de la Coupe du monde 2026 opposant le Mexique à l’Afrique du Sud. Dans un contexte marqué par près de deux années de conflit, des centaines de Palestiniens se sont rassemblés autour des écrans pour partager ce spectacle sportif, malgré les coupures d’électricité récurrentes et les conditions de vie précaires.
Ce qu'il faut retenir
- À Al-Zawayda, à trois kilomètres au nord-est de Deir al-Balah, une tente improvisée a servi de point de rencontre pour des dizaines de spectateurs.
- À Khan Younis, des familles déplacées ont suivi le match tard dans la soirée depuis des abris temporaires équipés de téléviseurs.
- Mohammed Salama, entraîneur de football des jeunes, a transformé la compétition en une occasion pédagogique pour discuter des 48 nations participantes avec ses joueurs.
- La Palestine n’a pas réussi à se qualifier pour la Coupe du monde 2026, mais les habitants y voient une distraction bienvenue face à la guerre.
- Malgré l’engouement suscité, les Gazaouis continuent de subir déplacements, pénuries et insécurité.
À Al-Zawayda, petite localité du centre de la bande de Gaza, une tente de café improvisée a accueilli des dizaines de personnes venues regarder le match d’ouverture sur des écrans de fortune. Les habitants ont dû composer avec les fréquentes coupures de courant, un défi supplémentaire dans un territoire déjà éprouvé par des années de conflit. Selon les témoignages recueillis par Euronews FR, l’ambiance restait nevertheless joyeuse, comme un rappel des temps où les familles se réunissaient autour du ballon rond bien avant que la guerre ne bouleverse leur quotidien.
À Khan Younis, l’un des secteurs les plus touchés par les combats, des familles déplacées ont également partagé ce moment. Installées dans des abris temporaires, elles ont regardé le tournoi sur des téléviseurs fournis par des associations locales. Certains ont profité de la retransmission pour rester éveillés tard dans la nuit, une première depuis longtemps pour beaucoup. « C’est la première fois depuis des mois que nous pouvons nous asseoir ensemble sans penser à la prochaine frappe », a confié un père de famille sous couvert d’anonymat.
Pour de nombreux Gazaouis, le football reste l’un des rares divertissements encore accessibles. Comme l’explique Euronews FR, la Coupe du monde a ravivé des souvenirs de tournois passés, où les écrans réunissaient les voisins et les amis dans une ambiance conviviale. « Avant la guerre, nous organisions des matchs entre quartiers. Aujourd’hui, nous ne pouvons même plus jouer au ballon à cause des restrictions et des ruines », a déploré un habitant d’Al-Zawayda. Pourtant, la passion pour le sport persiste, transformant ces rencontres télévisées en moments de fraternité malgré l’adversité.
Mohammed Salama, entraîneur de football des jeunes dans la bande de Gaza, a saisi l’occasion pour intégrer la compétition à son travail éducatif. Avant chaque séance, il discute avec ses joueurs des 48 nations participantes, évoquant leur histoire, leur culture et leurs performances sportives. « Le football est bien plus qu’un jeu ici. Il nous permet de garder espoir et de penser à autre chose qu’à la guerre », a-t-il indiqué. Bien que la Palestine n’ait pas réussi à se qualifier pour cette édition 2026, les habitants y voient une source de distraction bienvenue dans un quotidien marqué par la souffrance.
Malgré l’enthousiasme généré par la Coupe du monde, la réalité à Gaza reste inchangée. Selon les dernières données disponibles, près de 1,9 million de personnes – soit près de 85 % de la population – restent déplacées à l’intérieur du territoire. Les pénuries de produits de première nécessité, l’accès limité à l’eau potable et les destructions massives des infrastructures sanitaires et éducatives aggravent une crise humanitaire déjà catastrophique. Les Nations unies et plusieurs ONG ont maintes fois alerté sur l’urgence de la situation, sans que les hostilités ne cessent pour autant.
Les organisateurs de la Coupe du monde ont réaffirmé leur volonté de soutenir les populations touchées par les conflits, mais aucune mesure concrète n’a été annoncée pour faciliter l’accès aux retransmissions dans les zones de guerre. Quant à l’entraîneur Mohammed Salama, il espère que ces moments de distraction pourront inspirer les jeunes Gazaouis à poursuivre leurs rêves, malgré les obstacles. « Un jour, peut-être, nos enfants pourront jouer librement sur un vrai terrain. En attendant, nous continuons à regarder le ballon, symbole d’unité et d’espoir », a-t-il conclu.