Au moins 22 personnes ont péri ce week-end dans l’enclave de Gaza à la suite de frappes aériennes israéliennes. Dans ce territoire déjà éprouvé par des mois de conflit, 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement ont été détruites ou endommagées par l’armée israélienne, selon RFI. Dans les camps de déplacés, où s’entassent des milliers de familles, la distribution d’eau repose désormais sur des camions-citernes, une solution précaire face à l’ampleur des besoins.
Ce qu'il faut retenir
- 22 morts enregistrés ce week-end à Gaza après des frappes israéliennes.
- 90 % des infrastructures hydrauliques de Gaza ont été détruites ou endommagées.
- La distribution d’eau dépend désormais exclusivement de camions-citernes dans les camps de déplacés.
- Les autorités israéliennes affirment faciliter l’acheminement d’eau potable, mais les habitants dénoncent des pénuries persistantes.
Une infrastructure hydraulique en ruine
La guerre à Gaza a laissé derrière elle un bilan matériel désastreux. D’après les données disponibles, 90 % des systèmes d’eau et d’assainissement de l’enclave ont été mis hors service, que ce soit par des bombardements ou des dommages collatéraux. Les réseaux de canalisation, les stations de traitement et les réservoirs ont été touchés, privant des centaines de milliers de personnes d’un accès régulier à l’eau potable. Dans les camps de déplacés, où s’entassent des familles ayant fui les zones de combat, la situation est particulièrement critique : l’eau est rationnée et distribuée par intermittence via des camions-citernes.
Les autorités israéliennes et la question de l’approvisionnement
Le gouvernement israélien a indiqué, à plusieurs reprises, autoriser et faciliter l’acheminement d’eau potable vers Gaza. Cependant, sur le terrain, les témoignages des déplacés et des organisations humanitaires peinent à confirmer ces déclarations. « On nous promet de l’eau, mais ce qui arrive est insuffisant et irrégulier », a expliqué un responsable local à RFI. Les camions-citernes, souvent subventionnés par des ONG ou des agences de l’ONU, doivent parcourir de longues distances pour ravitailler les camps, mais les quantités distribuées ne couvrent pas les besoins quotidiens de la population.
Un bilan humain qui s’alourdit
Les frappes de ce week-end ont porté un nouveau coup à une population déjà exsangue. Les victimes, dont le nombre s’élève à 22 morts, s’ajoutent aux milliers de blessés et de disparus recensés depuis le début du conflit. Les hôpitaux, eux-mêmes touchés par les destructions, peinent à faire face à l’afflux de patients. La crise de l’eau aggrave encore la situation sanitaire : les maladies liées à l’eau non potable, comme les gastro-entérites ou les infections cutanées, se multiplient dans les camps surpeuplés.
Selon des sources médicales locales, plus de 40 % des consultations dans les structures de santé de Gaza concernent désormais des pathologies liées à l’insalubrité de l’eau. Les cas de choléra, bien que moins fréquents, restent une menace constante en raison de l’effondrement des systèmes d’assainissement.
Cette crise rappelle une fois de plus l’urgence d’une solution politique au conflit israélo-palestinien. Sans accord de paix, les populations civiles, et en particulier les déplacés, resteront prises au piège d’une crise humanitaire aux conséquences de plus en plus difficiles à contenir.
Selon les experts, les bombardements israéliens ciblent régulièrement les infrastructures civiles considérées comme stratégiques par l’armée. Les réseaux hydrauliques, souvent situés près des zones de combat ou utilisés par les deux camps, ont subi des dommages massifs. De plus, l’impossibilité d’accéder aux pièces détachées et aux matériaux de réparation en raison du blocus a aggravé la situation.