Antananarivo, le 3 avril 2026 – La justice malgache a engagé des poursuites contre treize individus accusés d’avoir participé à un complot visant à assassiner le président de la transition, Michaël Randrianirina, et à organiser un coup d’État pour s’emparer du pouvoir. L’annonce a été rendue publique hier par la procureure générale du tribunal de première instance d’Antananarivo, selon RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Treize personnes sont mises en cause pour leur rôle dans un complot présumé visant à renverser le président Randrianirina.
- Les enquêteurs ont saisi des sommes d’argent liquide importantes et des armes à feu dans les domiciles des suspects.
- L’affaire a été rendue publique le 2 avril 2026 par la procureure générale d’Antananarivo.
Les autorités judiciaires malgaches ont révélé que les investigations menées par les forces de l’ordre ont permis de découvrir des éléments matériels accablants. Plusieurs armes à feu, dont certaines seraient de calibre militaire, ainsi que des liquidités en grande quantité ont été retrouvées lors des perquisitions. Ces découvertes ont conduit les enquêteurs à conclure que les suspects préparaient une action d’envergure contre les institutions.
Parmi les treize personnes visées par les poursuites figurent des civils et d’anciens militaires, selon les informations transmises par la procureure. Michaël Randrianirina, en fonction depuis la transition politique qui a suivi la crise institutionnelle de 2023, est la cible principale de ce complot présumé. Les motivations exactes des accusés restent encore à préciser, mais les autorités évoquent une volonté de déstabilisation du régime en place.
La procureure générale a indiqué que les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels autres complices. « Les éléments recueillis à ce stade sont suffisamment graves pour justifier des poursuites pénales », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. Elle a également précisé que les suspects risquent des peines lourdes en cas de condamnation, notamment pour atteinte à la sûreté de l’État et tentative de coup d’État.
Cette affaire survient dans un contexte politique toujours tendu à Madagascar, où les transitions entre les différents régimes ont souvent été marquées par des crises institutionnelles. Le président Randrianirina, arrivé au pouvoir après des élections contestées en 2023, tente de consolider son autorité face à des oppositions multiples. La découverte de ce complot pourrait renforcer sa position ou, au contraire, alimenter les critiques sur sa gestion de la sécurité intérieure.
Cette affaire relance également le débat sur la stabilité politique du pays, où les tentatives de déstabilisation ne sont pas rares. Les partis d’opposition, bien que n’étant pas directement impliqués dans cette enquête, pourraient utiliser cet événement pour critiquer la gestion du pouvoir en place. Quant au président Randrianirina, il devra désormais composer avec une défiance accrue au sein de l’armée et de la société civile, deux secteurs traditionnellement sensibles aux crises politiques.
Reste à voir si cette affaire aboutira à une condamnation ou si, comme cela a été le cas par le passé, les enquêtes s’enliseront dans les méandres judiciaires malgaches. Une chose est certaine : l’instabilité politique, à Madagascar, n’a pas fini de faire parler d’elle.
