Selon Le Figaro, la justice administrative a décidé d’assouplir les modalités de parloir pour Salah Abdeslam, détenu à perpétuité pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015. Ce changement intervient alors qu’aucune preuve ne suggère que ses visiteurs pourraient lui transmettre des objets interdits.

Ce qu'il faut retenir

  • Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015, voit ses conditions de visite en prison assouplies par la justice administrative.
  • Les parloirs équipés d’un hygiaphone, instaurés en novembre, ne sont plus jugés nécessaires, faute de preuves de transmission d’objets prohibés.
  • Le tribunal administratif de Lille maintient toutefois son isolement, malgré une décision favorable sur les visites.
  • Une clé USB contenant des documents de propagande terroriste avait été saisie en novembre 2025, sans que Salah Abdeslam ne soit finalement mis en examen.
  • Le juge souligne l’importance des visites pour le détenu, dont l’isolement prolongé porte atteinte à ses liens familiaux.

Un assouplissement décidé après plusieurs années de restrictions

La justice administrative a ordonné, par une ordonnance en référé rendue mercredi, de lever les restrictions imposées aux visites de Salah Abdeslam en prison. Le Figaro précise que ces mesures, en vigueur depuis novembre 2025, limitaient les échanges à travers un hygiaphone, une vitre empêchant tout contact direct. Cette décision fait suite à l’absence de preuves permettant d’établir que ses visiteurs pourraient lui remettre des objets interdits, comme l’a confirmé l’Agence France-Presse (AFP).

Placé à l’isolement depuis près de dix ans dans l’établissement pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), Salah Abdeslam est le seul survivant des commandos responsables des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, qui avaient fait 130 morts. Depuis 2016, ses visites familiales se déroulaient sans incident, un point souligné par le tribunal administratif de Lille dans son ordonnance.

Une clé USB au cœur de l’enquête, sans suite judiciaire pour Abdeslam

En novembre 2025, Salah Abdeslam avait été brièvement placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête concernant la détention d’une clé USB contenant des documents de propagande de l’État islamique ou d’Al-Qaïda. Selon le parquet national antiterroriste (PNAT), cette clé lui avait été remise lors d’une visite par son ex-compagne, Maëva B., qui a depuis été doublement mise en examen et incarcérée. Elle est également soupçonnée d’être impliquée dans un projet d’attentat déjoué, sans lien direct avec Abdeslam.

À la suite de cette affaire, le directeur du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil avait instauré le dispositif de séparation avec hygiaphone, craignant que des objets interdits ne soient introduits par des visiteurs. Pourtant, comme l’a relevé le tribunal administratif de Lille, « à la date de la présente ordonnance, aucune suite judiciaire n’a été donnée » aux mesures de garde à vue engagées contre Salah Abdeslam concernant cette clé USB. De plus, l’administration pénitentiaire n’a « avancé aucun élément » laissant présumer que ses proches ou sa nouvelle compagne soient susceptibles de lui transmettre des objets prohibés.

L’isolement maintenu malgré l’assouplissement des visites

Si la justice administrative a jugé nécessaire d’assouplir les conditions de parloir, elle a en revanche refusé de suspendre le maintien à l’isolement de Salah Abdeslam. Ce régime de détention strict, en vigueur depuis des années, a conduit le tribunal à reconnaître une « atteinte au maintien de ses liens familiaux ». La condition d’urgence était donc remplie pour statuer en référé, a expliqué le juge administratif. Les visites familiales, autorisées depuis 2016, n’avaient jusqu’ici donné lieu à aucun incident signalé.

Dans son ordonnance, le tribunal a également insisté sur l’importance des visites pour le détenu, dont l’isolement prolongé a des répercussions sur son équilibre psychologique et relationnel. Le juge a estimé que la suppression de l’hygiaphone répondait à une nécessité de préserver ces liens, tout en rappelant que l’administration pénitentiaire n’avait fourni aucun élément concret justifiant un maintien des restrictions.

Une décision qui interroge le cadre sécuritaire des prisons françaises

Cette décision de la justice administrative intervient dans un contexte où les établissements pénitentiaires français sont régulièrement pointés du doigt pour leur gestion des détenus radicalisés. Le cas de Salah Abdeslam, détenu à haute sécurité depuis près de dix ans, illustre les tensions entre impératifs sécuritaires et respect des droits des détenus. En 2025, l’affaire de la clé USB avait relancé le débat sur les risques de radicalisation en milieu carcéral et les moyens de contrer les tentatives de communication entre détenus ou avec l’extérieur.

Pourtant, comme l’a relevé le tribunal de Lille, les visites de Salah Abdeslam n’ont jamais été associées à des incidents, malgré son statut de détenu particulièrement surveillé. Cette ordonnance soulève donc des questions sur l’efficacité des mesures restrictives comme l’hygiaphone, qui, dans son cas, n’ont pas empêché l’introduction d’un objet interdit via un visiteur, avant d’être jugées superflues par la justice.

Et maintenant ?

L’administration pénitentiaire pourrait prochainement ajuster ses protocoles de visite pour Salah Abdeslam, conformément à l’ordonnance du tribunal administratif de Lille. Une date précise n’a pas encore été communiquée, mais les proches du détenu devraient pouvoir reprendre des échanges plus directs dès que les nouvelles mesures seront mises en œuvre. Quant à son maintien à l’isolement, il reste à ce stade maintenu, sans échéance définie pour une éventuelle révision.

Cette affaire rappelle également que la question de la radicalisation en prison continue de faire débat en France. Plusieurs rapports parlementaires ont souligné ces dernières années la nécessité de mieux encadrer les détenus radicalisés, tout en évitant des mesures perçues comme disproportionnées. La décision rendue en faveur de Salah Abdeslam pourrait, selon certains observateurs, inciter à une réévaluation des pratiques dans les établissements à haute sécurité.

Salah Abdeslam, seul survivant des commandos des attentats du 13 novembre 2015, est détenu à l’isolement depuis son incarcération en 2015. Cette mesure exceptionnelle vise à prévenir tout risque de radicalisation ou de communication avec des réseaux terroristes, dans un contexte où les autorités considèrent que son profil représente un danger particulier en milieu carcéral.

Pour l’heure, seule la levée du dispositif d’hygiaphone lors des visites a été actée. Le maintien à l’isolement de Salah Abdeslam n’a pas été remis en cause. Une éventuelle révision de son régime de détention pourrait intervenir ultérieurement, en fonction des décisions de l’administration pénitentiaire ou de nouvelles décisions judiciaires.