Depuis des décennies, la marche rapide est présentée comme la solution idéale pour maintenir sa forme physique après 60 ans. Pourtant, selon Top Santé, les professionnels de santé insistent désormais sur l’importance d’intégrer un second type d’entraînement, souvent ignoré, pour éviter la perte d’autonomie. Une recommandation qui s’appuie sur des études récentes et des constats cliniques.

Ce qu'il faut retenir

  • La marche rapide, bien que bénéfique, présente des limites pour préserver l’autonomie après 60 ans, d’après Top Santé.
  • Les médecins recommandent d’ajouter un deuxième exercice, comme le renforcement musculaire ou l’équilibre, pour renforcer l’efficacité globale.
  • Une étude citée par Top Santé montre que les seniors pratiquant ces deux types d’activités réduisent de 30 % leur risque de dépendance.
  • Les exercices de renforcement musculaire ciblent les groupes musculaires essentiels, souvent négligés par la marche seule.
  • Les professionnels soulignent l’importance de varier les activités pour maintenir une bonne mobilité et prévenir les chutes.

Selon Top Santé, l’idée reçue selon laquelle la marche suffirait à préserver sa santé après 60 ans montre aujourd’hui ses limites. Bien que cet exercice reste essentiel pour le système cardiovasculaire et le maintien d’un poids stable, il ne couvre pas tous les aspects nécessaires à une autonomie durable. « La marche améliore l’endurance, mais elle ne renforce pas suffisamment les muscles profonds ni n’améliore l’équilibre », a expliqué le Dr. Sophie Martin, gériatre et membre de la Société Française de Médecine du Sport.

Les spécialistes insistent sur la nécessité d’adopter une approche complémentaire. « Pour éviter la sarcopénie — la perte progressive de masse musculaire — et réduire les risques de chutes, il faut intégrer des exercices de résistance ou de proprioception », a-t-elle ajouté. Ces activités, souvent méconnues du grand public, ciblent spécifiquement les groupes musculaires les plus sollicités dans les gestes du quotidien : hanches, cuisses, abdomen et dos.

Des preuves scientifiques derrière cette recommandation

Une étude publiée en 2024 dans le Journal of Aging and Physical Activity, citée par Top Santé, a comparé les effets de la marche seule à ceux d’un programme combinant marche et renforcement musculaire chez des seniors de 65 à 75 ans. Les résultats sont sans appel : les participants ayant suivi le programme mixte ont vu leur force musculaire augmenter de 22 % en six mois, contre 8 % pour le groupe ne pratiquant que la marche. Par ailleurs, leur équilibre s’est amélioré de 15 %, un facteur clé pour éviter les fractures liées aux chutes.

« Ces chiffres montrent que la marche seule ne suffit pas à compenser le déclin naturel lié au vieillissement », a précisé le Dr. Martin. Elle rappelle que le corps humain perd en moyenne 1 à 2 % de sa masse musculaire par an après 50 ans, un phénomène qui s’accélère après 65 ans. Sans intervention, cette atrophie peut mener à une dépendance progressive, notamment pour des tâches comme monter les escaliers ou porter des charges légères.

Quels exercices privilégier et comment les intégrer ?

D’après Top Santé, les exercices les plus recommandés incluent le renforcement musculaire avec des poids légers (haltères, bandes élastiques), les séances de yoga ou de tai-chi pour l’équilibre, ainsi que les exercices de proprioception, comme se tenir sur une jambe ou utiliser des plateformes instables. Ces activités, accessibles à domicile ou en salle, ne nécessitent pas un équipement coûteux ni une condition physique exceptionnelle.

« L’idée n’est pas de remplacer la marche, mais de la compléter », a souligné le Dr. Martin. Elle conseille de réserver trois séances de 30 minutes par semaine à ces exercices, en alternance avec des promenades d’au moins 30 minutes. Pour les débutants, des programmes adaptés existent en ligne ou via des associations locales, souvent encadrés par des kinésithérapeutes ou des coachs spécialisés en activité senior.

Un enjeu de santé publique

L’autonomie des seniors représente un défi majeur pour les systèmes de santé. Selon les projections de l’INSEE, la part des plus de 75 ans en France devrait atteindre 16,3 % de la population d’ici 2030, contre 9,7 % en 2020. Face à cette hausse, les pouvoirs publics et les professionnels de santé cherchent des solutions pour limiter le recours aux aidants ou aux structures d’hébergement spécialisées.

« Prévenir la perte d’autonomie, c’est aussi réduire les coûts liés à la dépendance », a rappelé le Dr. Martin. Une étude de la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) estime que le coût moyen annuel de la dépendance en France s’élève à 25 000 euros par personne. Des chiffres qui justifient l’investissement dans des programmes de prévention accessibles à tous.

Et maintenant ?

Plusieurs initiatives pourraient se généraliser dans les mois à venir. D’abord, des partenariats entre les communes et les clubs de sport locaux pour proposer des séances adaptées aux seniors, comme le suggère une circulaire du ministère des Sports attendue pour l’été 2026. Ensuite, des applications mobiles intégrant des programmes personnalisés de renforcement musculaire pourraient se multiplier, avec un accompagnement à distance par des professionnels. Enfin, les caisses de retraite pourraient étendre leurs prises en charge pour ces activités, comme elles le font déjà pour certaines activités sportives.

La prévention reste donc le maître-mot. Comme le conclut le Dr. Martin : « Bouger, c’est bien. Bouger intelligemment, c’est mieux. » Une approche qui, si elle se généralise, pourrait bien changer la donne pour des millions de Français.

Les exercices recommandés incluent les squats légers, les fentes assistées, les élévations de mollets, ainsi que l’utilisation de bandes élastiques ou d’haltères de faible poids (1 à 3 kg). Les séances de yoga ou de tai-chi sont également efficaces pour améliorer l’équilibre et la souplesse, selon Top Santé.

Les experts conseillent de pratiquer trois séances de 30 minutes par semaine, en complément de la marche quotidienne. L’idéal est d’alterner entre exercices de renforcement, travail d’équilibre et séances de mobilité, comme le rapporte Top Santé.