La Chine abrite des géants technologiques majeurs comme Alibaba, Tencent ou BYD, mais investir dans leurs actions depuis la France se heurte à des obstacles réglementaires et structurels. Cryptoast, spécialiste de la finance et des actifs numériques, détaille dans un guide les différentes méthodes pour s’exposer au marché chinois, ainsi que les risques inhérents à ce type d’investissement.
Ce qu'il faut retenir
- Les actions A, cotées en Chine continentale, sont inaccessibles aux particuliers français, hormis via des dispositifs comme le Stock Connect réservés aux institutionnels.
- Les actions H, cotées à Hong Kong, représentent la voie la plus directe pour investir dans des entreprises chinoises depuis la France.
- Les ADR, certificats cotés aux États-Unis représentant des actions chinoises, exposent à un risque de radiation en cas de tensions sino-américaines.
- Les ETF UCITS domiciliés en Europe, comme l’Amundi PEA Chine, permettent une exposition diversifiée et fiscalement avantageuse via un PEA.
- Les investisseurs doivent intégrer des risques spécifiques : réglementaire, structurel (via les structures VIE), de change et politique.
Trois types d’actions chinoises, trois niveaux d’accès
Avant de se lancer, il est essentiel de comprendre que les entreprises chinoises peuvent être cotées sur trois marchés distincts, chacun offrant un accès différent aux investisseurs étrangers. Cryptoast souligne que cette distinction détermine directement la possibilité – ou non – d’acheter ces actions depuis la France.
Les actions A sont cotées à Shanghai ou Shenzhen, y compris sur le STAR Market, l’équivalent chinois du Nasdaq. Libellées en yuans, elles reflètent l’économie domestique chinoise, mais sont réservées aux investisseurs locaux et à quelques institutionnels étrangers via des mécanismes comme le Stock Connect. Résultat : un particulier français ne peut pas les acquérir directement.
Les actions H, quant à elles, sont cotées à la Bourse de Hong Kong (HKEX). Ce marché, aligné sur les standards internationaux, permet aux investisseurs français d’accéder à de nombreuses grandes entreprises chinoises, dont Tencent, Alibaba ou BYD. Cryptoast cite l’exemple de Z.ai (ex-Zhipu), un laboratoire d’IA coté sous le code 2513.HK, accessible via certains courtiers.
Enfin, les ADR (American Depositary Receipts) sont des certificats cotés aux États-Unis, représentant des actions chinoises. Bien que disponibles sur la plupart des plateformes, ils exposent à un risque de radiation en cas d’aggravation des tensions entre Washington et Pékin. Cryptoast rappelle que des entreprises comme Alibaba ont mis en place une double cotation à Hong Kong pour anticiper ce scénario.
Hong Kong, la porte d’entrée privilégiée pour les particuliers
Investir dans des actions chinoises via Hong Kong constitue la méthode la plus accessible pour les Français. La Bourse de Hong Kong compte environ 2 500 entreprises cotées, dont des géants comme Tencent (0700.HK), Alibaba (9988.HK) ou SMIC (0981.HK), spécialisé dans les semi-conducteurs. Cryptoast note que les titres apparaissent avec un code à quatre chiffres suivi de « .HK » sur les plateformes.
Plusieurs courtiers permettent d’accéder à ce marché. Trade Republic, par exemple, propose une sélection d’actions cotées à Hong Kong, tandis que des acteurs comme DEGIRO ou Interactive Brokers offrent également cette possibilité. Cependant, l’offre reste limitée : tous les courtiers ne donnent pas accès à ce marché. Cryptoast insiste sur le fait que les actions H permettent de s’exposer directement à l’économie chinoise, sans les aléas des structures VIE (Variable Interest Entities) ou des risques réglementaires américains.
Les ADR, une solution pratique mais risquée
Pour ceux qui ne souhaitent pas passer par Hong Kong, les ADR représentent une alternative. Ces certificats, cotés aux États-Unis, permettent d’acheter des actions chinoises comme n’importe quel titre américain. Des entreprises comme Baidu (BIDU), JD.com (JD) ou Li Auto (LI) sont ainsi accessibles sur la plupart des plateformes. Cryptoast précise que cette méthode évite la nécessité d’un accès spécifique au marché de Hong Kong.
Cependant, les ADR chinois sont exposés à un risque juridique majeur : une radiation des Bourses américaines en cas d’escalade des tensions sino-américaines. Cryptoast souligne que les entreprises concernées ont souvent anticipé ce risque en proposant une double cotation à Hong Kong, permettant aux détenteurs d’ADR de convertir leurs titres en actions H. Pour un investissement long terme, l’achat direct d’actions H reste donc plus sécurisé, selon le média.
ETF : diversifier son exposition à la Chine
Pour les investisseurs souhaitant éviter de parier sur une seule entreprise, les ETF (fonds cotés) offrent une solution diversifiée. Cryptoast explique qu’il existe deux catégories d’ETF Chine : ceux domiciliés aux États-Unis, inaccessibles aux Français en raison de leur non-conformité avec la réglementation européenne, et ceux éligibles aux investisseurs français, dits UCITS.
Parmi les options disponibles, l’Amundi PEA Chine (MSCI China) (FR0011871078) se distingue : il est éligible au PEA, avec des frais annuels de 0,55 % et une réplication synthétique des grandes capitalisations chinoises. Cryptoast relève qu’il s’agit du seul ETF de cette liste compatible avec le PEA, offrant ainsi un avantage fiscal. D’autres fonds comme l’iShares MSCI China UCITS ETF (IE00BJ5JPG56) ou le HSBC MSCI China UCITS ETF (IE00B44T3H88) permettent une exposition large, mais imposent un compte-titres ordinaire (CTO).
Le Xtrackers Harvest CSI 300 UCITS ETF (LU0875160326) offre quant à lui une exposition aux actions A pures, cotées à Shanghai ou Shenzhen, une première pour les particuliers français. Cryptoast rappelle que ces ETF UCITS sont conçus pour répondre aux exigences de la réglementation européenne, contrairement à leurs homologues américains.
Les risques inhérents à l’investissement en Chine
Investir en Chine ne s’improvise pas. Cryptoast liste plusieurs risques spécifiques à prendre en compte avant de se lancer. Le premier est réglementaire et politique : une décision gouvernementale peut bouleverser un secteur du jour au lendemain, comme en témoignent les régulations strictes imposées aux plateformes technologiques et à l’éducation privée ces dernières années.
Le deuxième risque concerne les structures VIE. La plupart des grandes entreprises chinoises, comme Alibaba ou Tencent, sont accessibles via des entités domiciliées dans des paradis fiscaux, liées à l’entreprise chinoise par des contrats. Cryptoast souligne que ce montage, bien que toléré, n’a jamais été pleinement testé sur le plan juridique, ce qui en fait une source d’incertitude.
S’ajoutent à cela le risque de radiation des ADR, déjà évoqué, et le risque de change : l’évolution du yuan ou du dollar de Hong Kong face à l’euro peut amplifier les gains… ou les pertes. Cryptoast recommande donc de limiter son exposition à la Chine, qui doit généralement représenter une faible part d’un portefeuille d’investissement.
Restez informés : les plateformes comme Trade Republic ou DEGIRO pourraient étendre leur offre d’actions chinoises, tandis que de nouveaux ETF UCITS pourraient émerger pour répondre à la demande des investisseurs européens.
Les actions A sont cotées en Chine continentale (Shanghai, Shenzhen) et réservées aux investisseurs locaux ou institutionnels étrangers via des dispositifs comme le Stock Connect. Les actions H, cotées à Hong Kong, sont accessibles aux particuliers français via certains courtiers, offrant une exposition directe à l’économie chinoise.
Oui, mais uniquement via un ETF UCITS éligible au PEA, comme l’Amundi PEA Chine (MSCI China) (FR0011871078). Les actions chinoises en direct ou les autres ETF imposent un compte-titres ordinaire (CTO).