Une parcelle de terrain en lisière du parc national de Yosemite, en Californie, pourrait changer de mains au profit d’un promoteur immobilier, selon BMF - International. Cette information, révélée par le site américain NOTUS, indique que l’administration Trump étudie secrètement depuis plus d’un an la possibilité de céder une bande de terre d’environ 400 mètres à une entreprise liée au promoteur Kingsbarn Realty Capital, basé au Nevada. En échange, le National Park Service recevrait un terrain équivalent ailleurs en Californie.
Ce qu'il faut retenir
- Le promoteur Kingsbarn Realty Capital, basé au Nevada, a acquis en 2024 une parcelle de 35 hectares en bordure du parc Yosemite.
- L’administration Trump envisage de céder une bande de 400 mètres à cette entreprise, permettant la construction d’une route vers un axe principal du parc.
- Le ministère de l’Intérieur assure qu’aucune décision finale n’a été prise, tout en promettant transparence et consultation publique si le projet avance.
- L’Association de conservation des parcs nationaux (NPCA) dénonce une « attaque contre le peuple américain », propriétaire du parc depuis 1864.
- Un précédent projet similaire, rejeté sous les administrations Bush et Obama, avait été abandonné après des recours judiciaires.
Un projet de route controversé en bordure du parc
Selon les informations relayées par NOTUS, le promoteur Kingsbarn Realty Capital, dirigé par Jeff Pori, souhaite construire une route reliant sa parcelle d’environ 35 hectares à l’un des axes majeurs traversant le parc national de Yosemite. Ce dernier, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est mondialement célèbre pour ses paysages emblématiques : falaises de granit, glaciers, lacs, séquoias et faune protégée. Le projet vise à offrir à ce terrain un accès privilégié, alors qu’il est actuellement enclavé en lisière du parc.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où les hébergements en bordure du parc se multiplient, alimentant les craintes d’une surfréquentation. Mark Rose, responsable du programme Sierra Nevada à l’Association de conservation des parcs nationaux (NPCA), s’inquiète particulièrement de la suppression du système d’enregistrement des véhicules par l’administration Trump, censé limiter la circulation dans Yosemite. « Une attaque contre le peuple américain à qui appartient ce parc national », dénonce-t-il.
Une procédure encore au stade exploratoire
Le ministère de l’Intérieur a confirmé à l’AFP que des discussions étaient en cours, mais qu’aucune décision finale n’avait été arrêtée. « Si une proposition progresse, le ministère suivra les procédures établies afin d’assurer une coordination appropriée, la transparence et la participation du public, conformément au droit fédéral », a-t-il précisé. Le promoteur n’a pas encore réagi aux sollicitations de l’AFP.
Cette affaire rappelle un précédent projet de route à Yosemite, bloqué par les administrations Bush et Obama. À l’époque, le propriétaire avait engagé des recours en justice, avant d’être débouté en première instance et en appel. Le parc, protégé depuis 1864, attire chaque année des millions de visiteurs, contribuant à son statut de joyau naturel américain.
Yosemite, un parc national sous pression
Avec plus de 320 millions de visiteurs dans les 63 parcs nationaux américains en 2025, selon la NPCA, Yosemite figure parmi les sites les plus prisés. Pourtant, cette popularité s’accompagne de défis : gestion de la fréquentation, préservation des écosystèmes et équilibre entre accès public et protection environnementale. La possible cession d’une partie du parc à un promoteur privé soulève des questions sur la priorité donnée au tourisme et à l’urbanisation en bordure de zones protégées.
La région de Yosemite, qui abrite des espèces emblématiques comme le grizzli ou le condor de Californie, est déjà soumise à une pression immobilière croissante. Certains observateurs craignent que l’ouverture d’un accès supplémentaire via une route privée ne favorise l’étalement urbain et ne dégrade davantage l’écosystème local.
La situation rappelle les tensions récurrentes entre développement économique et préservation des espaces naturels aux États-Unis. Le sort réservé à cette bande de 400 mètres en bordure de Yosemite pourrait servir d’indicateur pour les futures décisions concernant les parcs nationaux américains.
La cession d’une partie du parc Yosemite à un promoteur privé est perçue comme une menace par les défenseurs de l’environnement. Elle pourrait faciliter la construction d’une route privée, favorisant l’urbanisation en lisière d’un site classé au patrimoine mondial. De plus, cela s’inscrit dans un contexte de suppression de mesures limitant la fréquentation du parc, ce qui risque d’aggraver la surfréquentation.
Une route privée en bordure du parc pourrait entraîner une augmentation du trafic et de la fréquentation dans certaines zones, avec des risques pour les écosystèmes. Par ailleurs, si le projet se concrétise, il pourrait modifier l’accès au parc et, à terme, en altérer le caractère sauvage. Les associations de conservation craignent également une banalisation des paysages protégés.