Pour la première fois depuis des années, Daniel Siad, homme d’affaires suédois âgé de 69 ans, s’exprime publiquement à travers une interview accordée à BFM - Faits Divers. Accusé par cinq femmes de viols et de traite d’êtres humains, il nie farouchement ces allégations tout en reconnaissant avoir collaboré avec Jeffrey Epstein, figure centrale d’un vaste réseau présumé d’exploitation sexuelle. Son nom apparaît plus de 2 000 fois dans les documents liés à l’enquête sur Epstein, selon les informations recueillies par la chaîne d’information.

Ce qu'il faut retenir

  • Daniel Siad, 69 ans, est accusé par cinq femmes de viols et de traite d’êtres humains, des faits qu’il nie catégoriquement.
  • Son nom est mentionné plus de 2 000 fois dans les dossiers liés à l’enquête sur Jeffrey Epstein.
  • Il assure n’avoir « jamais violé personne » et avoir uniquement travaillé comme « chasseur de mannequins », mettant en relation des jeunes femmes avec Epstein, présenté comme un « directeur de casting pour Victoria’s Secret ».
  • Malgré les accusations, il n’a jamais été entendu par la justice française et reste présumé innocent.
  • Quatre nouvelles plaintes ont été déposées contre lui début 2026, en plus de celle d’Ebba Karlsson, qui l’accuse d’un viol commis en 1990 dans le sud de la France.
  • Le parquet de Paris a indiqué étudier ces plaintes et procéder à une analyse du dossier lié à Jean-Luc Brunel, autre figure du réseau Epstein.

Un homme sous le feu des accusations, mais jamais entendu par la justice

Âgé de 69 ans, Daniel Siad est aujourd’hui au cœur d’une tempête judiciaire et médiatique. Cinq femmes, dont Ebba Karlsson, une Suédoise, l’accusent respectivement de viols et de traite d’êtres humains. Ces actes auraient été commis entre 1986 et 2020, selon les déclarations de l’avocate des plaignantes, Me Anne Claire Lejeune. Pourtant, malgré ces graves allégations, Siad n’a jamais été convoqué par la justice française. Il reste donc présumé innocent, une nuance que son avocat souligne régulièrement.

Dans son entretien avec BFM - Faits Divers, il martèle : « Je n’ai jamais violé quelqu’un de ma vie ». Il se présente comme un « père de famille » et un professionnel du milieu de la mode, ayant travaillé comme « scout » – un chasseur de talents – mettant en relation des jeunes femmes avec Epstein, qu’il décrit comme un homme pressé et uniquement intéressé par des collaborations professionnelles.

Un rôle de « rabatteur » ou de simple intermédiaire ? La version de Siad

Selon Daniel Siad, son activité consistait à présenter des mannequins à Epstein, rencontré à plusieurs reprises à l’adresse parisienne de l’homme d’affaires, avenue Foch. Il affirme que leurs réunions duraient « entre 10 et 15 minutes », évoquant un homme « pressé ». Il décrit Epstein comme un directeur de casting pour Victoria’s Secret, sans jamais avoir eu connaissance de sa vie privée. « Je n’avais avec lui que des relations professionnelles », insiste-t-il, ajoutant : « Je ne connais pas sa vie privée. Je n’ai jamais rien vu de répréhensible. »

Pourtant, Siad reconnaît avoir remarqué des éléments troublants dans les locaux d’Epstein. Il évoque des « photos de personnalités avec Jeffrey Epstein » et des « photos de femmes dénudées » affichées avenue Foch. Un détail qui contraste avec ses déclarations sur l’absence de comportements répréhensibles de la part de l’Américain.

Une relation professionnelle maintenue malgré la condamnation d’Epstein

Daniel Siad raconte avoir eu une « explication de texte » avec Epstein après sa première condamnation en 2008 pour « prostitution de mineures » en Floride. L’Américain lui aurait alors affirmé avoir « payé sa dette », et les deux hommes auraient repris leur collaboration. Siad se décrit aujourd’hui comme une « victime collatérale » du système Epstein, aux côtés d’autres figures comme Jean-Luc Brunel, également mis en cause dans ce dossier.

Il va jusqu’à qualifier Epstein et Brunel de « deux monstres de ce système », tout en niant catégoriquement toute implication personnelle dans les activités criminelles qui leur sont reprochées. « Je ne suis jamais sorti avec un mannequin de ma vie », assure-t-il, insistant sur son rôle strictement professionnel.

Les contradictions pointées par l’avocate des plaignantes

L’avocate des cinq femmes ayant porté plainte contre Daniel Siad, Me Anne Claire Lejeune, souligne les incohérences dans ses déclarations. « Daniel Siad nie aujourd’hui connaître une femme qu’il disait publiquement connaître hier », déclare-t-elle à BFM - Faits Divers, faisant référence à Ebba Karlsson. Elle ajoute : « Ce ne sont pas seulement ses déclarations qui vacillent, mais sa crédibilité tout entière. »

Me Lejeune rappelle que plusieurs femmes, ne se connaissant pas, ont dénoncé des faits similaires sur une période s’étalant de 1986 à 2020. « Il appartient désormais au procureur d’établir la vérité judiciaire sur les faits rapportés par mes clientes », conclut-elle. À ce jour, aucune décision n’a été rendue concernant ces plaintes, et Siad n’a toujours pas été entendu par la justice française.

Un dossier qui s’étend et des procédures en cours

Au début de l’année 2026, le parquet de Paris avait indiqué, dans un communiqué, étudier la plainte déposée par Ebba Karlsson et procéder à une analyse complète du dossier Brunel. Depuis, quatre autres femmes ont rejoint le mouvement, portant à cinq le nombre de plaignantes. Ces procédures pourraient, à terme, s’inscrire dans le cadre plus large des enquêtes menées contre les complices présumés du réseau Epstein en France.

Siad, pour sa part, affirme être prêt à collaborer avec la justice et à s’expliquer devant les tribunaux. Il se dit même prêt à une confrontation avec ses accusatrices. Pourtant, malgré ses déclarations, aucune convocation n’a encore été notifiée, laissant planer un doute sur l’avancée réelle de cette affaire.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes judiciaires devraient être déterminantes. Le parquet de Paris pourrait prochainement décider de l’ouverture d’une information judiciaire ou, à l’inverse, classer sans suite certaines des plaintes déposées contre Daniel Siad. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, en fonction de l’avancée des investigations. Si une convocation est finalement notifiée, elle pourrait marquer un tournant dans ce dossier complexe, déjà marqué par des années de silence et de non-dits.

Cette affaire rappelle l’ampleur des réseaux présumés autour de Jeffrey Epstein et pose une nouvelle fois la question des responsabilités de ceux qui ont, directement ou indirectement, facilité ses activités. Alors que les procédures judiciaires se multiplient, l’enquête pourrait, à terme, révéler de nouveaux noms et de nouvelles complicités, dans un système où les frontières entre victimes et complices restent souvent floues.

À ce jour, aucune convocation n’a été officiellement notifiée à Daniel Siad, malgré les cinq plaintes déposées contre lui. Le parquet de Paris a indiqué étudier ces dossiers, mais aucune décision n’a encore été rendue concernant son audition ou l’ouverture d’une information judiciaire. Tant que la justice n’a pas statué, Siad reste présumé innocent et n’est pas légalement contraint de se présenter devant les tribunaux.