L’association Innocence en danger a annoncé ce jeudi 23 juillet son intention de poursuivre l’État pour « déni de justice » après la mort de Daniel Siad, figure centrale du dossier français de l’affaire Jeffrey Epstein, suspecté d’avoir été son rabatteur en France. Selon BFM - Faits Divers, l’organisation dénonce la lenteur et l’opacité de la procédure judiciaire, alors que Siad faisait l’objet de cinq plaintes pour viol et traite d’êtres humains.
Ce qu'il faut retenir
- Daniel Siad, soupçonné d’être un recruteur pour Jeffrey Epstein en France, est décédé le 7 mai 2026 à son domicile de Colombes (Hauts-de-Seine).
- Il faisait l’objet de cinq plaintes pour viol et traite d’êtres humains dans le cadre de l’enquête sur les ramifications françaises du réseau Epstein.
- Innocence en danger accuse l’État de « déni de justice » et annonce une action en justice devant le tribunal judiciaire de Paris pour cette affaire.
- L’association dénonce une inertie flagrante, des délais excessifs et un manque de transparence dans l’enquête ouverte en août 2019 à Paris.
- La perquisition de l’appartement parisien d’Epstein, situé avenue Foch, n’a eu lieu que le 23 septembre 2019, soit cinq semaines après sa mort aux États-Unis.
- Me Mathias Darmon, avocat de l’association, a critiqué l’inaction du parquet de Paris, évoquant « honte de notre justice » lors d’une intervention sur BFMTV.
Un décès qui relance les critiques sur la gestion du dossier par la justice française
Le corps de Daniel Siad a été découvert lundi à son domicile de Colombes, dans les Hauts-de-Seine. Selon BFM - Faits Divers, ce dernier était considéré comme une « figure centrale du dossier français » lié à l’affaire Epstein, un réseau de trafic sexuel international démantelé après les révélations sur les agissements du milliardaire américain.
Dans un communiqué publié ce 23 juillet, Innocence en danger a pointé du doigt la « lenteur » de la justice française, qualifiant la situation de « déni de justice à ciel ouvert ». L’association reproche notamment au parquet de Paris d’avoir maintenu la procédure au stade de l’enquête préliminaire, malgré les demandes répétées pour qu’un juge d’instruction soit saisi. « Malgré le rôle majeur qui lui est reproché dans les agissements pédocriminels d’Epstein en France, cet homme n’aura jamais été inquiété par la justice », a souligné Me Mathias Darmon lors d’un entretien sur BFMTV.
Des dysfonctionnements dénoncés depuis des années dans le volet français
Innocence en danger ne se contente pas de critiquer l’inaction récente. L’association rappelle que l’enquête sur les ramifications françaises du réseau Epstein, ouverte en août 2019, souffre depuis ses débuts de « délais excessifs » et d’un « manque de transparence ». Parmi les exemples avancés : l’appartement parisien d’Epstein, situé avenue Foch, n’a été perquisitionné que le 23 septembre 2019, soit cinq semaines après la mort du milliardaire en détention aux États-Unis.
« L’appartement parisien d’Epstein, avenue Foch, n’a été perquisitionné que le 23 septembre 2019, soit cinq semaines après sa mort en détention aux États-Unis », un délai « incompréhensible » et « profondément troublant », relève Innocence en danger dans son communiqué. L’association dénonce également le fait que la procédure soit restée au stade de l’enquête préliminaire, privant les parties civiles d’informations sur l’avancement des investigations.
« Alors que des mis en examen meurent, que des témoins disparaissent et que les dossiers prennent la poussière, l’État français ne peut pas faire comme si de rien n’était : c’est un déni de justice à ciel ouvert. »
— Homayra Sellier, présidente de Innocence en danger, citée dans le communiqué.
Une succession de morts qui interroge
La mort de Daniel Siad s’ajoute à une liste de décès troublants dans cette affaire. En 2022, Jean-Luc Brunel, ancien recruteur de mannequins et proche d’Epstein, avait été retrouvé pendu en prison. Ces événements ont conduit Innocence en danger à réclamer une commission d’enquête sur la gestion du dossier par les autorités françaises.
Me Bucquet, avocat de l’association, a indiqué que les victimes étaient « extrêmement en colère » et « abattues » face à cette série de décès. « Dans ce dossier, ça fait quand même beaucoup de suicides, beaucoup de morts. Sans tomber dans la thèse complotiste, on peut quand même s’interroger », a-t-elle conclu lors d’un entretien.
Cette affaire soulève par ailleurs des questions sur l’efficacité des mécanismes de lutte contre les réseaux de trafic sexuel à l’échelle internationale. Les prochaines étapes judiciaires, notamment la tenue éventuelle d’une commission d’enquête parlementaire, pourraient apporter des éléments de réponse sur les dysfonctionnements dénoncés.
L’association reproche à l’État français d’avoir laissé traîner l’enquête sur les ramifications françaises du réseau Epstein, avec des délais excessifs et un manque de transparence. Malgré le rôle central attribué à Daniel Siad dans cette affaire, aucun procès n’a abouti, et les parties civiles n’ont pas eu accès aux avancées des investigations, selon Innocence en danger.
Innocence en danger a annoncé son intention de saisir le tribunal judiciaire de Paris pour engager une action en justice contre l’État. L’association demande également la saisine d’un juge d’instruction pour faire avancer l’enquête, ainsi que la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la gestion du dossier.