Selon BFM - Faits Divers, l’affaire Jeffrey Epstein continue de révéler des zones d’ombre, notamment en France où le milliardaire aurait pu agir en toute impunité pendant des années. Frédérique Ploquin, autrice de l’ouvrage Epstein, les secrets de la filière française, a récemment évoqué l’ampleur internationale des activités du prédateur, soulignant que « le terrain de chasse de Jeffrey Epstein, c’était la planète entière ».
Ce qu'il faut retenir
- Frédérique Ploquin, autrice de Epstein, les secrets de la filière française, estime que le milliardaire agissait à l’échelle mondiale.
- Saint-Tropez est identifié comme l’un des repaires français d’Epstein, où ses activités auraient été presque publiques pendant des années.
- L’affaire a donné lieu à plusieurs demandes d’ouverture d’enquêtes judiciaires et parlementaires, notamment de la part de l’association Innocence en danger.
- Un rapport de l’administration pénitentiaire sur la mort de Jean-Luc Brunel, lié à Epstein, a été rendu public.
- Des défaillances dans les enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs ont été pointées par Gérald Darmanin dans une lettre.
- Onze chats ont disparu en trois mois dans une commune du Finistère, un fait divers sans lien avec l’affaire Epstein.
Frédérique Ploquin, qui a enquêté pendant des années sur les connexions françaises d’Epstein, rappelle que le milliardaire n’a pas choisi la France par hasard. Dans son livre, elle met en lumière les mécanismes de recrutement et d’influence qui ont permis à Epstein de prospérer, aussi bien à Paris qu’à Saint-Tropez, où il aurait tissé des relations avec des personnalités locales et internationales. « Il ne ciblait pas seulement les États-Unis ou l’Europe de l’Est. Son réseau s’étendait bien au-delà, avec des intermédiaires dans plusieurs continents », a-t-elle expliqué à BFM - Faits Divers.
Saint-Tropez, en particulier, est présenté comme un lieu de prédation privilégié. Selon plusieurs observateurs, les activités d’Epstein y auraient été « presque au vu et au su de tous pendant des années ». Raphaëlle Rémy-Leleu, militante écoféministe citée par la même source, a confirmé cette impression : « Ce qui est frappant, c’est que tout le monde savait, ou du moins, tout le monde aurait pu savoir ».
L’affaire a aussi relancé les débats sur les dysfonctionnements judiciaires en France. Jean Sannier, avocat de l’association Innocence en danger, a demandé l’ouverture d’une information judiciaire et d’une commission d’enquête parlementaire, estimant que les manquements dans le traitement des signalements de violences sexuelles sur mineurs sont inacceptables. « Les moyens n’ont pas été mis au bon endroit », a-t-il souligné, rejoignant en cela les critiques de Cynthia Illouz, fondatrice du média The Women’s Voices : « Les réformes informatiques sont nécessaires, mais ce n’est pas suffisant ».
Les révélations récentes incluent également un rapport de l’administration pénitentiaire sur la mort de Jean-Luc Brunel, un proche d’Epstein retrouvé sans vie en prison en 2024. Ce document, rendu public le 8 août 2026, pourrait apporter des éclairages sur les circonstances de son décès et, plus largement, sur les dysfonctionnements carcéraux liés à des personnalités controversées.
Dans le même temps, les autorités sont sous pression pour améliorer la prise en charge des victimes. Une lettre de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a pointé les défaillances des enquêtes menées sur les violences sexuelles sur mineurs. Rania Kissi, juriste et conseillère de Paris, a résumé l’urgence de la situation : « Quand les enfants parlent, qui les protège ? »
Hors du cadre de l’affaire Epstein, la France fait face à d’autres faits divers qui illustrent, à leur échelle, les lacunes dans la protection des plus vulnérables. Dans le Finistère, onze chats ont disparu en l’espace de trois mois dans une commune, un phénomène qui a suscité l’inquiétude des habitants sans pour autant être lié à une enquête criminelle.
Les réactions se multiplient, mais les associations réclament des actes concrets. Cynthia Illouz résume l’état d’esprit général : « Les mots ne suffisent plus. Il faut des résultats ».
Selon les investigations de Frédérique Ploquin et plusieurs médias, Saint-Tropez aurait servi de base arrière à Epstein pour recruter et organiser des rencontres avec des mineurs. Les activités du milliardaire y auraient été visibles, voire tolérées, pendant des années, avant que l’affaire n’éclate.
Le rapport de l’administration pénitentiaire, rendu public le 8 août 2026, pourrait révéler des manquements dans la surveillance des détenus liés à Epstein. Il pourrait aussi servir de base à de nouvelles enquêtes sur les conditions de détention et les éventuelles complicités internes.