Quatre femmes ayant témoigné devant la police française dans le cadre de l’affaire Jeffrey Epstein ont porté plainte ce 27 mai 2026 contre le journaliste Frédéric Ploquin, l’accusant d’avoir violé leur vie privée en publiant des extraits détaillés de leurs dépositions dans son ouvrage Epstein, les secrets de la filière française, paru mi-mai aux éditions Nouveau Monde. Selon BFM - Faits Divers, ces victimes reprochent au journaliste d’avoir reproduit « avec une précision insoutenable » des éléments issus de leurs auditions, incluant leurs prénoms, les détails des violences sexuelles subies ainsi que des éléments intimes de leurs récits, parfois « jusqu’aux mots de leur souffrance ».
Le livre, qui explore les agissements de Jeffrey Epstein — décédé en prison en 2019 — et de Jean-Luc Brunel, agent de mannequins mis en examen en France pour viol sur mineurs avant de se suicider en détention en 2022, est au cœur d’une polémique depuis sa sortie. Une enquête judiciaire reste en cours en France pour identifier les éventuels complices ayant facilité les crimes du milliardaire américain. Quatre victimes, qui n’avaient jamais communiqué publiquement depuis le début de la procédure il y a six ans, affirment avoir découvert leur inclusion dans l’ouvrage « de manière brutale », sans avoir été consultées ni informées de la parution, comme le rapporte BFM - Faits Divers.
Ce qu'il faut retenir
- Quatre victimes d’Epstein dénoncent l’utilisation non autorisée de leurs témoignages dans le livre Epstein, les secrets de la filière française de Frédéric Ploquin, paru mi-mai 2026.
- Elles accusent le journaliste d’avoir révélé des détails intimes de leurs dépositions, dont leurs prénoms et les violences subies, sans leur consentement.
- L’avocate des victimes, Me Anne-Claire Lejeune, évoque un « nouveau traumatisme » et envisage une plainte pour violation de la vie privée.
- Frédéric Ploquin justifie la publication par la volonté de « briser l’omerta » autour des victimes d’Epstein, tout en reconnaissant avoir changé les prénoms de toutes sauf deux d’entre elles.
- L’éditeur Yannick Dehée a présenté des excuses aux victimes, tout en assurant que l’ouvrage ne contenait « pas de voyeurisme ».
Des témoignages exploités sans autorisation
Dans un communiqué, Me Anne-Claire Lejeune, avocate des quatre victimes, dénonce une atteinte grave à leur intimité. « Rien ne saurait justifier qu’une victime revive publiquement ce qu’elle a confié à la justice dans le secret d’une procédure pénale. Rien ne saurait autoriser que la douleur devienne matière éditoriale », souligne-t-elle. Elle reproche également au journaliste de ne pas avoir sollicité leur accord avant la publication, alors que plusieurs d’entre elles avaient choisi de ne pas informer leurs proches des violences subies. Selon BFM - Faits Divers, cette révélation a provoqué un choc supplémentaire pour ces femmes, déjà éprouvées par des années de silence.
Le livre, qui s’appuie sur des auditions policières, détaille avec une précision « insoutenable » les récits des victimes, incluant des éléments comme leurs prénoms ou des descriptions des violences sexuelles endurées. Me Lejeune rappelle que ces femmes avaient fait le choix de se taire pendant six ans, un silence qu’elles estiment désormais brisé de manière abusive. L’avocate a indiqué qu’elle étudiait la possibilité de déposer plainte contre l’auteur et l’éditeur pour atteinte à la vie privée.
La réponse de l’auteur et de l’éditeur : entre justification et regrets
Frédéric Ploquin, interrogé par BFM - Faits Divers, défend son travail en affirmant avoir « pris le parti de publier ces témoignages pour briser l’omerta qui a si longtemps étouffé les victimes ». « Ne rien faire revenait à contribuer à maintenir le couvercle sur ces faits odieux », explique-t-il. Il précise avoir modifié les prénoms de la majorité des victimes, à l’exception de deux d’entre elles qui s’étaient déjà exprimées publiquement dans d’autres médias. Il évoque une possible « erreur » concernant ces deux cas.
De son côté, Yannick Dehée, éditeur de l’ouvrage, a présenté des excuses aux victimes « si elles se sont senties blessées ». Il insiste sur le fait que la démarche éditoriale n’avait « pas de voyeurisme » et visait à mettre en lumière un réseau criminel. « Nous sommes désolés », a-t-il déclaré, tout en réaffirmant la volonté de l’équipe de rendre hommage aux victimes plutôt que de les exploiter. Selon BFM - Faits Divers, l’éditeur n’a pas exclu de revoir certains passages à l’avenir en fonction des retours reçus.
Contexte : une enquête en cours et une affaire toujours sensible
L’affaire Jeffrey Epstein, décédé en 2019 dans sa cellule de prison, reste l’un des scandales les plus retentissants des dernières décennies. Aux États-Unis, il avait été accusé de trafic sexuel de mineures, tandis qu’en France, l’enquête se concentre sur les liens locaux du milliardaire et de son réseau, notamment à travers l’agent de mannequins Jean-Luc Brunel, décédé en détention en 2022 après avoir été mis en examen pour viols sur mineurs. Une dizaine de nouvelles victimes se sont récemment manifestées auprès du parquet de Paris, comme l’a annoncé la procureure de la capitale en avril 2026, selon BFM - Faits Divers.
L’ouvrage de Frédéric Ploquin s’inscrit dans ce contexte d’une justice encore en marche, où la parole des victimes est à la fois précieuse et vulnérable. Le livre, qui mêle enquêtes et récits, a suscité des débats sur la frontière entre information et exploitation. Alors que certaines associations saluent la démarche de « libérer la parole », d’autres dénoncent une instrumentalisation de la souffrance. Quatre victimes ont choisi de réagir publiquement, marquant une nouvelle étape dans cette affaire déjà complexe.
Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour une éventuelle plainte ou une convocation devant les tribunaux. Selon BFM - Faits Divers, l’enquête sur les réseaux d’Epstein en France devrait se poursuivre dans les mois à venir, avec la possibilité de nouvelles révélations.
L’avocate des quatre victimes, Me Anne-Claire Lejeune, n’a pas encore officiellement déposé plainte, mais elle a indiqué qu’elle étudiait toutes les options juridiques possibles pour défendre leurs droits. Une plainte pour violation de la vie privée pourrait être déposée dans les prochaines semaines, selon les éléments rapportés par BFM - Faits Divers.
L’éditeur, Yannick Dehée, a évoqué la possibilité de revoir certains passages du livre en fonction des retours des victimes. Frédéric Ploquin n’a pas encore annoncé de modifications, mais il a reconnu une possible « erreur » concernant deux victimes dont les prénoms n’avaient pas été changés.