BFM – Faits Divers révèle que Saint-Tropez aurait servi de lieu de prédation à Jeffrey Epstein, en marge de son réseau international de trafic sexuel impliquant des mineures. Selon les éléments recueillis, ces activités se seraient déroulées quasi publiquement pendant des années, avant d’être progressivement documentées par les enquêteurs et les associations.

Ce qu'il faut retenir

  • Jeffrey Epstein aurait fréquenté Saint-Tropez comme un lieu de prédation, où ses activités seraient restées visibles pendant des années.
  • 11 chats ont disparu en trois mois dans une commune du Finistère, un fait divers qui illustre l’ampleur des disparitions d’animaux en France.
  • Un rapport de Gérald Darmanin pointe les défaillances des enquêtes dans la prise en charge des violences sexuelles sur mineurs.
  • Le rapport de l’administration pénitentiaire sur la mort de Jean-Luc Brunel, proche d’Epstein, met en lumière les dysfonctionnements carcéraux.
  • Des associations dénoncent l’absence de moyens techniques et appellent à une réforme informatique pour lutter contre les violences sexuelles.

Saint-Tropez, une destination discrète mais connue

Selon les éléments rapportés par BFM – Faits Divers, Jeffrey Epstein aurait fréquenté Saint-Tropez comme une destination secondaire, loin des radars policiers américains après ses premières condamnations. Les témoignages recueillis évoquent des activités s’étant déroulées « presque au vu et au su de tous », sans que les autorités locales ou nationales n’interviennent. Raphaëlle Rémy-Leleu, militante écoféministe, souligne que « tout ça s’est fait presque au vu et au su de tous pendant des années ».

Les enquêteurs chargés du dossier ont depuis confirmé que Saint-Tropez figurait parmi les lieux où Epstein aurait recruté des victimes, notamment lors de soirées organisées dans des villas privées. Ces révélations interviennent alors que le parquet de Paris examine les éléments transmis par les États-Unis après la mort d’Epstein en 2019.

Les dysfonctionnements des enquêtes sur les violences sexuelles

Un rapport de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, a été rendu public en août 2026. Il met en lumière les défaillances chroniques des enquêtes concernant les violences sexuelles sur mineurs en France. « Ce n’est pas une découverte », a réagi Suzanne Frugier, secrétaire générale de l’association Mouv’Enfants, qui dénonce un système « grippé » depuis des années.

Parmi les manquements pointés figurent l’absence de coordination entre les services de police et de gendarmerie, ainsi qu’un manque de moyens techniques pour traiter les plaintes. Cynthia Illouz, fondatrice du média The Women’s Voices, a déclaré : « Les moyens n’ont pas été mis au bon endroit, et la réforme informatique est nécessaire ». Elle insiste sur l’urgence à moderniser les outils pour éviter que les victimes ne soient ignorées.

Jean-Luc Brunel, un proche d’Epstein mort en prison

Le rapport de l’administration pénitentiaire sur la mort de Jean-Luc Brunel, modèle et associé présumé d’Epstein, révèle des failles majeures dans le système carcéral français. Brunel, incarcéré en France, est décédé dans des circonstances encore floues en 2022. L’enquête administrative a mis en évidence des défauts de surveillance et des lacunes dans la gestion des détenus à haut risque.

Ces dysfonctionnements soulèvent des questions sur la manière dont les proches d’Epstein, accusés de complicité, ont pu évoluer en France sans contrôle accru. Maître Sacha Ghozlan, avocat de Gabriel Attal, a demandé « au parquet l’ouverture d’une enquête » pour identifier d’éventuelles ingérences étrangères, notamment russes, dans ce dossier.

11 chats disparus en trois mois dans le Finistère

Dans une commune du Finistère, onze chats ont disparu en l’espace de trois mois, un phénomène qui préoccupe les habitants. Les autorités locales n’ont pour l’instant émis aucune hypothèse sur ces disparitions, mais les associations de protection animale appellent à une vigilance accrue. Ce fait divers rappelle que les disparitions d’animaux, souvent moins médiatisées que celles des humains, restent un phénomène récurrent en France.

Les enquêteurs n’ont pas exclu la piste d’un réseau de trafic ou d’actes malveillants, bien qu’aucune preuve ne soit encore disponible. La gendarmerie a lancé un appel à témoins pour recueillir des informations sur d’éventuels comportements suspects observés dans la zone.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des conclusions des enquêtes en cours. Le parquet de Paris devrait rendre public d’ici fin 2026 de nouveaux éléments sur les réseaux liés à Epstein en France, notamment à Saint-Tropez. Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a annoncé le déploiement d’un plan de modernisation des outils numériques dédiés à la lutte contre les violences sexuelles d’ici mi-2027, une échéance que les associations jugent déjà trop lointaine.

Dans le Finistère, les gendarmes continuent leurs investigations pour élucider la disparition des chats, tandis que les parlementaires pourraient être saisis pour renforcer les dispositifs de protection des animaux.

Réactions et prises de position

Rania Kissi, juriste et conseillère de Paris, a interrogé : « Quand les enfants parlent, qui les protège ? » Cette question résume les préoccupations des associations, qui dénoncent un système judiciaire et policier encore trop lent à réagir face aux signalements de violences sexuelles.

Côté politique, Gabriel Attal a demandé une « transparence totale » sur les liens entre Epstein et la France, tandis que les élus locaux de Saint-Tropez ont nié toute connaissance des activités présumées du milliardaire dans la ville. Une enquête administrative est en cours pour vérifier ces déclarations.

Enfin, l’affaire continue de faire réagir au-delà des frontières. Aux États-Unis, où Epstein purgeait une peine pour trafic sexuel, les familles de victimes attendent des réponses sur les complicités potentielles en Europe. Le département de la Justice américain a indiqué qu’il transmettrait « tous les éléments pertinents » aux autorités françaises d’ici la fin de l’année.