Alors que l’affaire Lyhanna, mettant en cause un mineur pour des violences graves, continue de susciter une vive émotion dans l’opinion publique, Sébastien Chenu, vice-président du Rassemblement national, a livré une analyse sévère de l’état de l’institution judiciaire française, mercredi 11 juin, lors de son passage dans l’émission « Les 4V » sur France 2. Selon Franceinfo – Politique, il a estimé que la justice s’écroule « sous nos yeux », pointant du doigt le déni des gouvernements successifs, notamment celui d’Emmanuel Macron, comme l’une des causes principales de cette dégradation.
Ce qu'il faut retenir
- Sébastien Chenu a accusé le gouvernement de déni systématique sur des sujets comme la criminalité, la pédocriminalité ou les violences, lors de son intervention sur France 2.
- Il a critiqué Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, dont la crédibilité est « démissionnée d’office » aux yeux des Français, selon ses propos.
- Le vice-président du RN a évoqué l’effondrement de l’institution judiciaire, attribuant cette situation à la fois à un manque de moyens et à une idéologisation excessive de la justice.
- Il a rejeté l’idée d’une « perpétuité réelle » ou d’une imprescriptibilité des crimes sexuels, jugeant ces mesures inefficaces sans une volonté politique forte.
- Sur la question de la peine de mort pour les meurtriers d’enfants, il a réaffirmé son opposition, tout en reconnaissant l’émotion sous-jacente à ce débat.
- Il a également pointé l’absence de responsabilisation au sein de la justice, où « personne n’est jamais responsable de rien ».
Un diagnostic accablant sur l’état de la justice
Sébastien Chenu n’a pas hésité à dresser un tableau alarmiste de l’institution judiciaire française. « L’institution judiciaire est en train de s’écrouler sous nos yeux », a-t-il déclaré, soulignant que cette situation résulte d’un double phénomène : d’une part, un déni persistant des gouvernements, notamment celui d’Emmanuel Macron, et d’autre part, un manque criant de moyens. Selon lui, ces deux facteurs se combinent pour priver la justice de toute efficacité. « Pendant des années, et peut-être encore plus durant ces dix années de gouvernements Macron, on a été dans le déni », a-t-il insisté, citant notamment la pédocriminalité et les violences comme des sujets systématiquement minimisés.
Le vice-président du RN a également pointé du doigt la gestion des moyens alloués à la justice. « On a le sentiment d’une institution dans laquelle personne n’est jamais responsable de rien », a-t-il regretté. Il a illustré son propos en évoquant la promotion récente de la procureure d’Auch, juste avant l’éclatement de l’affaire Lyhanna, comme un exemple de cette absence de sanction et de responsabilisation. « Au bout d’un moment, personne n’est responsable. Ces gouvernements sont dans le déni », a-t-il martelé.
Gérald Darmanin et l’absence de crédibilité
Sébastien Chenu n’a pas épargné Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, dont il a estimé que la parole avait perdu toute crédibilité auprès des Français. « Sa parole n’a plus aucune crédibilité. Il avait déjà démontré en mentant sur les supporters du foot, etc., combien sa parole pouvait être remise en cause », a-t-il rappelé. Selon lui, la gestion de l’affaire Lyhanna par le gouvernement n’a fait qu’aggraver cette défiance, conduisant à une « démission d’office » du ministre aux yeux de l’opinion publique. « Gérald Darmanin est quelque part dans la tête des Français, démissionné d’office », a-t-il affirmé.
Le vice-président du RN a également critiqué la réaction du président de la République, Emmanuel Macron, qui, la veille, avait appelé à ne pas répondre à « un drame avec des cris ». Pour Sébastien Chenu, cette prise de position illustre le décalage entre le pouvoir et les attentes des citoyens. « Des cris de détresse, des cris d’horreur face à une situation qui est un drame, d’abord pour la victime et sa famille », a-t-il réagi. Il a souligné que cette affaire révélait les failles d’une institution judiciaire en pleine décadence.
Les propositions du gouvernement jugées insuffisantes
Face aux critiques, le gouvernement a proposé plusieurs mesures pour renforcer la lutte contre les violences sexuelles, comme l’imprescriptibilité de ces crimes et l’instauration de peines planchers. Sébastien Chenu a balayé ces initiatives d’un revers de main. « L’imprescriptibilité, ça ne sert à rien. Ça n’aura aucune conséquence », a-t-il jugé. Il a expliqué que, dans ce type d’affaires, les preuves deviennent difficiles à établir au-delà de trente ans, rendant cette mesure symbolique plutôt que pratique.
Il a également mis en doute l’efficacité des peines planchers, déjà en vigueur depuis des années sans avoir résolu les problèmes structurels de la justice. « À quel moment n’ont-ils pas pris conscience de la nécessité de sauver la justice de sa clochardisation ? », a-t-il interrogé, rappelant que le Rassemblement national proposait depuis longtemps des solutions comme le recrutement accru de magistrats via des passerelles élargies. « On est très très loin de la capacité à ouvrir ce qu’on appelle le tour extérieur, la profession de magistrat », a-t-il déploré.
Peine de mort et émotion politique
La question de la peine de mort pour les meurtriers d’enfants a été abordée par un député du parti d’Éric Ciotti, Alexandre Allegret-Pilot, qui a proposé son rétablissement. Interrogé sur ce sujet, Sébastien Chenu a réaffirmé son opposition, tout en reconnaissant que cette idée reflétait une émotion légitime. « Je ne crois pas que ça résolve le problème de fond », a-t-il précisé. « Mais je peux l’entendre. Derrière ça, il y a une émotion. Et à cette émotion, il y a effectivement des gens qui répondent par cela. » Il a réitéré que cette mesure ne faisait pas partie du programme du Rassemblement national, rappelant que le parti était abolitionniste depuis longtemps.
Une institution « verrouillée » et idéologisée
Sébastien Chenu a également pointé l’idéologisation de la justice, critiquant une orientation trop centrée sur la réinsertion au détriment de la protection de la société. « On fait beaucoup sur la réinsertion et très peu sur le fait que la prison doive protéger la société », a-t-il déploré. Il a estimé que cette approche contribuait à affaiblir l’efficacité de l’institution judiciaire, la rendant incapable de répondre aux attentes des citoyens en matière de sécurité.
Il a également critiqué l’absence de sanctions pour les magistrats, soulignant que le système actuel ne permettait pas de tenir les responsables pour compte. « Vous ne trouvez personne pour assumer. Monsieur Darmanin n’assume pas. Vous ne trouvez pas de magistrats qui peuvent assumer puisque, de toute façon, les magistrats ne sont pas sanctionnés ou sanctionnables réellement », a-t-il dénoncé.
Les prochains mois s’annoncent donc décisifs pour l’avenir de la justice en France. Entre les propositions des partis politiques et les attentes croissantes des citoyens, l’équilibre entre efficacité et équité judiciaire restera au cœur des débats.
Sébastien Chenu accuse Gérald Darmanin de mentir à plusieurs reprises, notamment sur la gestion des supporters de football, et estime que sa crédibilité est « démissionnée d’office » aux yeux des Français. Il lui reproche également de ne pas assumer les échecs de la politique sécuritaire du gouvernement, notamment dans la gestion de l’affaire Lyhanna.
Le gouvernement a proposé l’imprescriptibilité des crimes sexuels et l’instauration de peines planchers. Cependant, Sébastien Chenu juge ces mesures insuffisantes et inefficaces, soulignant que l’imprescriptibilité ne résout pas le problème des preuves dans les affaires anciennes.