Les déclarations de Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, sur son opposition à une éventuelle candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2027 ont suscité une vague de réactions politiques. Selon BFM - Politique, celui qui s’exprimait dans le cadre d’un documentaire diffusé le 4 juin sur France 2 a estimé qu’il « préférerait que ce soit n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon » à l’Élysée. Ces propos ont été perçus comme une ingérence étrangère par plusieurs responsables politiques français.
Ce qu'il faut retenir
- L’ambassadeur israélien en France, Joshua Zarka, a déclaré le 4 juin 2026 sur France 2 ne pas souhaiter une victoire de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2027.
- Ses propos ont été qualifiés d’« ingérence étrangère » par des figures de La France insoumise, du Parti socialiste, du Parti communiste et d’Horizons.
- Joshua Zarka a également justifié ses échanges avec Marine Le Pen, invoquant un changement au sein du Rassemblement national depuis 2025.
- Les réactions politiques se sont multipliées sur les réseaux sociaux, avec des appels à une condamnation officielle des autorités françaises.
Des déclarations jugées inacceptables par l’opposition
Peu après la diffusion de l’entretien dans l’émission « Complément d’enquête », plusieurs personnalités politiques ont réagi avec fermeté. Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise, a dénoncé sur X une « ingérence étrangère revendiquée ». Il a appelé les autorités françaises à réagir, soulignant que « dans une démocratie normale, les autorités françaises devraient condamner ce type de prises de position ».
Cette critique a été relayée par d’autres membres de LFI, comme le député Paul Vannier, qui a interpellé les ministres Jean-Noël Barrot et Laurent Nuñez sur la même plateforme. Aymeric Caron, également député LFI, a partagé cette indignation, qualifiant les propos de l’ambassadeur de « très graves » pour les institutions françaises.
Un soutien explicite à Marine Le Pen par l’ambassadeur israélien
Dans le même entretien, Joshua Zarka a expliqué avoir levé les restrictions imposées aux diplomates israéliens pour rencontrer des représentants de l’extrême droite française. Depuis 2025, Tel-Aviv autorise ces échanges, estimant que le Rassemblement national a « changé » par rapport au Front national, jugé historiquement antisémite. « Le RN a changé du Front national qui avait une tendance antisémite claire », a-t-il précisé.
Cette justification a été reprise par Ian Brossat, sénateur communiste de Paris, qui a ironisé sur X : « l’internationale d’extrême droite sait reconnaître les siens ». D’autres responsables, comme l’eurodéputée Nathalie Loiseau (Horizons), ont également dénoncé une « ingérence manifeste dans notre vie politique intérieure », la qualifiant d’« inacceptable de la part d’un ambassadeur en poste en France ».
LFI et le PS dénoncent un alignement sur l’extrême droite
Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a partagé cette analyse sur X, écrivant : « Il faut le dire haut et fort : il s’agit d’une ingérence manifeste dans notre vie politique intérieure, totalement inappropriée de la part d’un ambassadeur en poste en France et, dès lors, totalement inacceptable. » Il a ajouté : « Les Français décideront seuls de leur avenir. Enfin, personne n’est surpris de voir un envoyé de Netanyahou assumer ses liens avec l’extrême droite française. »
Dans son intervention, Joshua Zarka a également pointé du doigt La France insoumise, accusant le parti de « faire du sujet israélien un sujet de campagne » pour mobiliser ses électeurs. « Certains acteurs politiques français aimeraient faire du sujet israélien un sujet de campagne. LFI, notamment, qui utilise la question israélienne afin de rallier certaines personnes qui traditionnellement votent moins », a-t-il déclaré.
« Je préférerais que ce soit n’importe qui plutôt que Jean-Luc Mélenchon » à l’Élysée en 2027,
— Joshua Zarka, ambassadeur d’Israël en France, le 4 juin 2026
Un débat sur les limites de l’ingérence diplomatique
Cette séquence relance le débat sur le rôle des ambassadeurs étrangers dans les affaires intérieures françaises. Si les réactions politiques se sont concentrées sur les déclarations de Joshua Zarka, aucune réponse officielle du gouvernement n’a encore été formulée. La question de savoir si ces propos constituent une ingérence au sens juridique du terme reste ouverte, d’autant que les ambassadeurs bénéficient d’une immunité diplomatique.
Les tensions entre Israël et certains partis français ne sont pas nouvelles. Depuis des années, les relations entre Tel-Aviv et la gauche radicale française sont tendues, notamment en raison des positions de LFI sur le conflit israélo-palestinien. Ces dernières années, plusieurs enquêtes ont été ouvertes sur d’éventuelles ingérences étrangères visant des candidats ou des membres de LFI, comme celle diligentée par le parquet de Paris après les municipales de 2026.
Reste à voir si cette affaire prendra une dimension diplomatique ou restera cantonnée au débat politique. Une chose est sûre : les propos de l’ambassadeur israélien ont déjà marqué les esprits, et leur portée pourrait dépasser le cadre médiatique.
Dans son entretien du 4 juin 2026, Joshua Zarka a justifié son opposition à une candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2027 en évoquant les positions de LFI sur le conflit israélo-palestinien, jugées critiques envers Israël. Il a également souligné que Mélenchon n’était pas perçu comme un allié par les autorités israéliennes.