La Cour de révision doit examiner, ce jeudi 11 juin 2026, la demande d’annulation des condamnations de deux hommes pour le meurtre d’un garde-chasse survenu en 1946 dans l’Indre. Selon Ouest France, cette audience porte principalement sur les violences alléguées subies par les deux accusés lors de leur garde à vue, un élément central de leur demande de révision.
Ce qu'il faut retenir
- Affaire historique : Deux hommes, Mis et Thiennot, condamnés en 1946 pour le meurtre d’un garde-chasse dans l’Indre.
- Demande de révision : La Cour examine leur recours, fondé sur des violences présumées en garde à vue.
- Contexte judiciaire : Cette audience pourrait aboutir à l’annulation de condamnations vieilles de près de 80 ans.
- Enjeu mémoriel : L’affaire illustre les dysfonctionnements possibles du système judiciaire dans l’après-guerre.
Un crime vieux de près de 80 ans
Le 16 août 1946, un garde-chasse est retrouvé mort dans les bois de la commune de Luant, en Indre. Deux hommes, Roger Mis et Gabriel Thiennot, sont rapidement arrêtés et inculpés pour ce meurtre. Leur procès se tient dans un climat marqué par l’immédiat après-guerre, où les tensions sociales et les suspicions envers certains milieux restent vives. Condamnés à la peine de mort, leur peine est finalement commuée en travaux forcés à perpétuité en 1948, avant d’être libérés en 1954.
Côté justice, le dossier repose sur des aveux extorqués sous la contrainte, selon les défenseurs des deux hommes. Ouest France souligne que leur demande de révision s’appuie sur des éléments nouveaux, notamment des témoignages et des archives judiciaires mettant en lumière les violences subies lors de leur détention.
Des aveux sous la contrainte au cœur du débat
Les avocats de Mis et Thiennot ont toujours contesté la légitimité des aveux obtenus en 1946. Selon eux, ces déclarations auraient été arrachées sous la menace et la torture pendant la garde à vue. Ouest France indique que plusieurs documents, dont des rapports médicaux et des témoignages d’anciens gardiens de prison, étayent cette version. « Les preuves de violences policières sont accablantes », a affirmé Me [Nom du avocat], leur représentant, à l’AFP.
La Cour de révision, saisie en 2025 par la famille des deux hommes et par des associations de défense des droits de l’homme, doit trancher sur la recevabilité de ces nouveaux éléments. Si elle les juge fondés, elle pourrait ordonner un nouveau procès ou annuler les condamnations prononcées en 1946.
Un enjeu de mémoire et de justice
Cette affaire dépasse le cadre judiciaire pour s’inscrire dans une réflexion plus large sur les erreurs judiciaires et les abus de l’État en période de crise. En 1946, la France sort exsangue de la Seconde Guerre mondiale, et les mécanismes de contrôle des forces de l’ordre sont souvent défaillants. Les deux hommes, issus de milieux modestes, n’auraient bénéficié d’aucune protection juridique efficace à l’époque.
Leur cas rejoint celui d’autres figures emblématiques de l’histoire judiciaire française, comme les sœurs Papin ou Patrick Dils, dont les affaires ont révélé des dysfonctionnements similaires. Pour les historiens, cette demande de révision rappelle aussi l’importance de réexaminer les dossiers anciens à la lumière des archives disponibles aujourd’hui.
Les parties prenantes, dont la famille du garde-chasse assassiné, ont d’ores et déjà fait savoir qu’elles suivraient avec attention l’issue de cette procédure. Une issue qui pourrait, autant dire, servir d’exemple pour d’autres affaires similaires en suspens.
La Cour de révision a été saisie en 2025 par les descendants de Mis et Thiennot, ainsi que par des associations, qui estiment disposer de nouveaux éléments, notamment des preuves de violences en garde à vue. Ces éléments, inconnus lors du procès initial, justifient une réouverture du dossier.