Une manifestation interdite a réuni entre 60 et 70 personnes ce dimanche 19 avril à Luméville-en-Ornois, en Meuse, avant de se diriger vers le village voisin de Mandres-en-Barrois. Selon Reporterre, les forces de l’ordre ont encerclé la gare locale vers 18h30, déclenchant des tirs de gaz lacrymogènes et des affrontements.
Ce qu'il faut retenir
- Date et lieu : 19 avril 2026 à Luméville-en-Ornois (Meuse), un village emblématique de la résistance contre le projet Cigéo.
- Manifestation interdite : La marche, initialement prohibée par arrêté préfectoral, a rassemblé entre 60 et 70 participants.
- Intervention des gendarmes : Vers 18h30, les forces de l’ordre ont encerclé la gare et utilisé des gaz lacrymogènes.
- Absence d’incident majeur : Aucun blessé grave n’est signalé, mais des heurts ont eu lieu.
- Contexte : La gare de Luméville est un lieu historique de la lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure.
Une marche controversée, malgré l’interdiction préfectorale
Organisée sous haute tension, la manifestation a débuté depuis la gare de Luméville-en-Ornois, un site devenu un symbole de la contestation contre le projet Cigéo. Reporterre indique que l’itinéraire, reliant la gare au village de Mandres-en-Barrois, s’est déroulé sans incident majeur, si ce n’est l’intervention des forces de l’ordre. L’arrêté préfectoral interdisant la marche a été sciemment ignoré par les organisateurs, reflétant la tension persistante autour de ce dossier.
Côté autorités, la préfecture a justifié cette interdiction par des raisons de maintien de l’ordre, craignant une escalade des tensions. Pourtant, les militants dénoncent une volonté de museler la contestation, alors que le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure reste au cœur des débats.
Affrontements et gaz lacrymogènes à la gare
Vers 18h30, les gendarmes ont encerclé la gare de Luméville, selon les témoignages recueillis par Reporterre. Des tirs de gaz lacrymogènes ont été signalés, provoquant des réactions vives parmi les manifestants. Des affrontements ont éclaté, bien que leur ampleur reste difficile à établir précisément.
Les autorités locales n’ont pas encore communiqué sur le bilan humain ou matériel de ces heurts. Un militant présent sur place a déclaré : « Ils nous ont encerclés sans prévenir, comme si nous étions des criminels. Pourtant, nous ne faisions que marcher pour nos terres et notre avenir. » Une déclaration qui illustre l’état d’esprit des opposants au projet.
Luméville, un bastion de la résistance contre Cigéo
Depuis plusieurs années, Luméville-en-Ornois est un point névralgique de la mobilisation contre le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), projet porté par l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Le site de Bure, à quelques kilomètres, doit accueillir les déchets nucléaires les plus dangereux, une perspective qui cristallise les oppositions locales et nationales.
La gare de Luméville, transformée en lieu de rassemblement, incarne cette résistance. Reporterre souligne que les habitants et militants y organisent régulièrement des actions, allant des veillées aux blocages, pour alerter sur les risques du projet. Ce dimanche, la présence policière accrue rappelle l’intensité des tensions autour de cette question.
Quel avenir pour la contestation ?
Si les heurts de ce dimanche restent limités, ils confirment la radicalisation des positions des deux côtés. Les autorités, de leur côté, pourraient durcir leur réponse, tandis que les opposants devraient multiplier les actions symboliques. La question de Cigéo, elle, reste entière : entre enjeux environnementaux, industriels et politiques, le dossier pourrait s’inviter dans les débats électoraux à venir.
Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour une nouvelle mobilisation. Mais, à Luméville comme ailleurs, la colère gronde toujours. Autant dire que le bras de fer n’est pas près de s’éteindre.
Cigéo (Centre industriel de stockage géologique) est un projet d’enfouissement profond des déchets radioactifs les plus dangereux, porté par l’Andra. Le site retenu est situé à Bure, en Meuse, et suscite une opposition massive depuis des années en raison des risques environnementaux et sanitaires.
