Des enquêteurs ont perquisitionné, jeudi 16 avril 2026, les locaux d’Engie (ex-GDF Suez) dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour des soupçons de rémunération indue versée à Rachida Dati, alors eurodéputée, a indiqué le Parquet national financier (PNF) ce vendredi 17 avril, confirmant ainsi des informations initialement rapportées par France Télévisions et Le Nouvel Obs. Selon BFM - Faits Divers, cette opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête plus large visant à éclaircir d’éventuels conflits d’intérêts entre l’ancienne ministre de la Culture et des pays comme l’Azerbaïdjan ou le Qatar, alors qu’elle siégeait au Parlement européen entre 2009 et 2019.
Ce qu'il faut retenir
- Perquisition des locaux d’Engie le 16 avril 2026 dans le cadre d’une information judiciaire pour soupçons de rémunération indue versée à Rachida Dati.
- Enquête ouverte après un signalement de Tracfin en 2025, portant sur d’éventuels liens d’intérêts avec l’Azerbaïdjan et le Qatar.
- Ouverture d’une information judiciaire en octobre 2025 pour corruption, trafic d’influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment.
- Rachida Dati est également visée par une autre procédure pour corruption et trafic d’influence passifs dans l’affaire Renault-Nissan, avec un procès prévu en septembre 2026.
- Une enquête préliminaire est en cours pour non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).
Une perquisition dans le cadre d’une enquête en cascade
Les investigations menées par le PNF et l’Office central de lutte contre la corruption (OCLCIFF) ont débuté après un signalement de Tracfin en 2025. Ce dernier avait pointé des incohérences financières impliquant Rachida Dati lors de son mandat d’eurodéputée. L’enquête préliminaire, ouverte l’année dernière, a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire le 14 octobre 2025. Deux juges d’instruction sont désormais saisis, et les enquêteurs exploitent les données récupérées lors des perquisitions effectuées en décembre 2025 dans les domiciles de l’intéressée ainsi que dans les locaux de sa mairie du 7e arrondissement de Paris.
Côté Engie, aucun commentaire n’a été formulé à l’issue de la perquisition. Du côté de l’avocate de Rachida Dati, aucune réaction n’a été enregistrée pour l’instant, comme l’a confirmé l’AFP. Pour rappel, l’enquête porte spécifiquement sur des soupçons de rémunérations non déclarées versées par le groupe énergétique à l’ancienne ministre, alors qu’elle était eurodéputée et avocate. Une enquête conjointe du magazine Complément d’enquête (France 2) et du Nouvel Obs avait révélé des documents émanant d’un cabinet d’avocats suggérant que Rachida Dati aurait perçu 299 000 euros d’"honoraires" non déclarés entre 2010 et 2011. L’intéressée a toujours démenti ces accusations.
L’ombre des conflits d’intérêts et du lobbying
L’information judiciaire ouverte en octobre 2025 vise notamment à faire la lumière sur d’éventuels liens entre Rachida Dati et des pays comme l’Azerbaïdjan ou le Qatar pendant son mandat d’eurodéputée. Les soupçons portent sur des conflits d’intérêts et des pratiques de lobbying illégales. Dans le cadre de ces investigations, les juges examinent également les relations entretenues par l’ancienne ministre avec le constructeur automobile Renault et son ancien PDG, Carlos Ghosn, aujourd’hui en fuite au Liban. Rachida Dati est renvoyée devant le tribunal pour corruption passive et trafic d’influence passifs, pour des faits remontant à la période 2009-2013.
Selon les textes en vigueur à l’époque des faits, Rachida Dati encourt, dans cette affaire, une peine principale de dix ans d’emprisonnement pour corruption passive, ainsi qu’une amende de 450 000 euros — soit la moitié de la somme litigieuse — pour recel. À cela s’ajoute une peine complémentaire d’inéligibilité de cinq ans. Son procès est prévu pour septembre 2026. Elle a toujours fermement démenti ces accusations, qualifiant ces poursuites de « calomnieuses » et de « manœuvres politiques ».
Une autre enquête pour non-déclaration de bijoux
Parallèlement à ces procédures, la Brigade financière et anticorruption (BFAC) de la police judiciaire parisienne mène une enquête préliminaire pour soupçons de non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ces investigations ont été lancées à la suite de signalements reçus en juin 2025 par le parquet de Paris. À ce stade, il s’agit d’une simple enquête préliminaire, sans que l’on sache si elle donnera lieu à une information judiciaire ultérieurement.
Cette affaire s’ajoute à la liste des démêlés judiciaires de Rachida Dati, qui reste une figure politique controversée. Candidate malheureuse à la mairie de Paris en mars 2026, elle cumule désormais plusieurs procédures judiciaires, dont certaines pourraient aboutir à des condamnations lourdes en cas de verdict défavorable.
Côté Engie, il est probable que le groupe attende la conclusion des investigations avant de communiquer davantage, même si son silence actuel pourrait être interprété comme une stratégie de prudence. Quant à l’avocat de Rachida Dati, il devrait, à terme, devoir répondre aux accusations portées contre sa cliente, notamment sur les montants perçus en 2010-2011.
Rachida Dati est accusée de corruption passive et de trafic d’influence passifs pour des faits survenus entre octobre 2009 et février 2013. Elle aurait noué un pacte de corruption et effectué du lobbying illégal au Parlement européen pour le compte de Renault et de Carlos Ghosn, alors PDG du constructeur. Ces faits lui valent une peine encourue de dix ans d’emprisonnement, 450 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.
