Créée il y a un an, l’équipe féminine de football des réfugiées afghanes a repris l’entraînement en Nouvelle-Zélande, à plus de 13 000 kilomètres de leur pays d’origine. Selon France 24, cette initiative symbolise une véritable renaissance pour ces sportives, cinq ans après la prise de pouvoir par les talibans en Afghanistan.
Ce qu'il faut retenir
- Une équipe de football féminine afghane, composée de réfugiées, s’entraîne en Nouvelle-Zélande depuis peu.
- Cette formation a été créée il y a un an pour permettre à ces femmes de poursuivre leur passion malgré l’interdiction du sport féminin en Afghanistan.
- Les joueuses évoluent à plus de 13 000 km de Kaboul, fuyant le régime des talibans qui a instauré l’interdiction du football féminin depuis 2021.
- L’équipe incarne une lueur d’espoir pour la réinsertion sociale et sportive de ces athlètes.
Une équipe née dans l’exil pour contourner l’interdiction talibane
L’équipe des réfugiées afghanes a été officiellement créée en août 2025, soit quatre ans après la chute de Kaboul aux mains des talibans. Depuis cette date, le régime a systématiquement interdit la pratique du sport féminin, privant des centaines de joueuses de toute compétition officielle. « Nous voulions continuer à jouer, mais c’était devenu impossible en Afghanistan », a déclaré Zahra Ahmadi, capitaine de l’équipe, à France 24. « Créer cette équipe, c’est notre façon de résister et de montrer que le football féminin afghan existe toujours ».
Installées en Nouvelle-Zélande, où elles bénéficient d’un statut de réfugiées, les joueuses ont entamé un nouveau cycle d’entraînement en juillet 2026. Leur objectif ? Se préparer pour des compétitions internationales réservées aux équipes de réfugiés, une première pour le football féminin afghan. Selon les dernières informations, leur première rencontre officielle est prévue pour novembre 2026, lors du tournoi mondial des réfugiés organisé en Allemagne.
Un projet soutenu par des associations et des bénévoles locaux
Le projet est porté par plusieurs organisations humanitaires, dont Football for Refugees, une ONG spécialisée dans l’accompagnement des sportifs déplacés. « Nous avons identifié ces joueuses grâce à des réseaux en Afghanistan et en Iran, où certaines d’entre elles avaient fui avant d’obtenir l’asile en Nouvelle-Zélande », explique Mark Davis, coordinateur du programme pour l’ONG. « Leur intégration sportive est un pas vers leur reconstruction ».
Les entraîneurs locaux ont adapté leur méthode pour répondre aux besoins spécifiques des joueuses, souvent marquées par des années de stress et d’incertitude. « Elles ont dû apprendre à se réapproprier leur corps après des années de privation », souligne Emma Collins, psychologue du sport bénévole pour l’équipe. « Le football est bien plus qu’un sport pour elles : c’est un outil de résilience ».
Un symbole de résistance dans un contexte politique toujours tendu
Cinq ans après le retour des talibans au pouvoir, la situation des femmes en Afghanistan reste critique. Les restrictions se sont multipliées : interdiction des études supérieures, obligation du voile intégral dans l’espace public, et désormais, suppression de toute pratique sportive féminine en club. Selon un rapport de l’ONU Femmes publié en 2025, plus de 80 % des athlètes afghanes ont quitté le pays depuis 2021.
Pourtant, des initiatives comme celle de cette équipe prouvent que la résistance s’organise aussi sur le terrain. « Nous ne voulons pas que notre histoire soit oubliée », martèle Soraya Firoozi, gardienne de but de l’équipe. « Chaque match que nous jouons est une victoire contre l’oppression ».
Cette renaissance sportive pose aussi la question de la reconnaissance future du football féminin afghan. Les joueuses espèrent un jour revenir en Afghanistan pour y reconstruire des clubs, mais cela dépendra largement de l’évolution politique du pays. En attendant, leur histoire rappelle que le sport, malgré tout, reste un langage universel.
Non, plusieurs équipes de réfugiés existent, comme celle des Rohingyas au Bangladesh ou des Syriennes en Turquie. Cependant, l’équipe afghane est l’une des rares à se concentrer exclusivement sur le football féminin.