Selon nos confrères de France 24, l’Afrique du Sud reste traversée par des tensions xénophobes persistantes. Bien que le centre de rapatriement de Messina, situé dans la province du Limpopo, au nord du pays, ait été fermé, les mouvements hostiles à l’immigration, comme March and March, maintiennent leur mobilisation hebdomadaire. Chaque jeudi, ces groupes organisent des manifestations pour réclamer l’expulsion systématique de tous les sans-papiers présents sur le territoire.

Ce qu'il faut retenir

  • Le centre de rapatriement de Messina, dans le Limpopo, a été fermé, mais les appels à l’expulsion des sans-papiers persistent.
  • Le mouvement March and March organise des manifestations hebdomadaires, chaque jeudi, pour réclamer le renvoi des étrangers en situation irrégulière.
  • Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux a récemment contribué à attiser ces tensions en Afrique du Sud.

Un centre de rapatriement fermé, mais des revendications toujours vives

Le centre de rapatriement de Messina, un dispositif clé de la politique migratoire sud-africaine, a été fermé ces dernières semaines. Pourtant, cette fermeture n’a pas mis fin aux revendications des groupes anti-immigration. March and March, l’un des mouvements les plus actifs dans ce domaine, continue de mobiliser ses partisans chaque semaine. Leur objectif reste inchangé : obtenir l’expulsion immédiate de tous les étrangers en situation irrégulière.

Ces rassemblements, qui se déroulent systématiquement le jeudi, s’inscrivent dans une logique de pression constante sur les autorités. Les organisateurs justifient leurs actions par la nécessité, selon eux, de « libérer » les ressources économiques et sociales du pays, souvent présentées comme saturées par la présence d’immigrés.

Une vidéo virale comme catalyseur des tensions

Sur les réseaux sociaux, une vidéo est devenue virale ces derniers jours. Bien que son contenu exact n’ait pas été détaillé par France 24, elle semble avoir ravivé les craintes et les préjugés envers les étrangers en Afrique du Sud. Les images, partagées massivement, ont été interprétées par certains comme une preuve supplémentaire de la « menace » que représenterait l’immigration pour la stabilité du pays.

Les réactions à cette vidéo ont été immédiates. Des groupes de militants, mais aussi des citoyens ordinaires, ont réagi avec virulence, alimentant un climat déjà tendu. Les réseaux sociaux, en particulier, servent de caisse de résonance à ces tensions, où les discours xénophobes trouvent un écho facile auprès d’une partie de la population.

Un contexte économique et social sous haute tension

Ces tensions ne surviennent pas dans un vide politique ou social. L’Afrique du Sud, première économie du continent, traverse une période de ralentissement économique et d’inégalités criantes. Le chômage, officiellement à 33 % en 2026 selon les dernières estimations, frappe durement les jeunes, et la pression sur les services publics s’accroît. Dans ce contexte, l’immigration est régulièrement pointée du doigt comme l’un des facteurs aggravants de ces difficultés.

Les autorités sud-africaines, de leur côté, peinent à trouver un équilibre entre le respect des droits humains et les attentes d’une partie de la population. La fermeture du centre de Messina pourrait être interprétée comme un signe d’apaisement, mais elle n’a pas suffi à désamorcer les revendications des groupes les plus radicaux.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives. Les autorités devraient annoncer leur position sur la gestion de l’immigration dans les prochains mois, notamment après les pressions exercées par les mouvements comme March and March. Une réponse trop conciliante risquerait de mécontenter les manifestants, tandis qu’une politique répressive pourrait exacerber les tensions. Reste à voir si le gouvernement parviendra à concilier fermeté et respect des droits fondamentaux.

Dans l’immédiat, la vidéo virale continue de circuler, et les appels à manifester se multiplient. Les autorités locales, déjà en alerte, surveillent de près l’évolution de la situation dans les grandes villes comme Johannesburg ou Le Cap, où les communautés étrangères sont particulièrement visibles.

March and March est un mouvement citoyen sud-africain qui milite pour une politique migratoire restrictive. Ses membres organisent régulièrement des rassemblements pour réclamer le renvoi des sans-papiers, qu’ils accusent de peser sur les ressources du pays. Le groupe n’est pas officiellement affilié à un parti politique, mais ses revendications s’inscrivent dans une logique nationaliste et anti-immigration partagée par une partie de l’opinion publique.