Le projet Sunrise de la compagnie australienne Qantas franchit une étape majeure avec le premier vol d’essai de l’Airbus A350-1000ULR, réalisé sans encombre entre Toulouse et Melbourne le 23 juillet 2026. Selon BFM Business, cet appareil, destiné à entrer en service en octobre 2027, doit permettre d’établir les liaisons sans escale les plus longues au monde, comme Sydney-Londres en 19 heures. Une prouesse technique et opérationnelle qui a suscité l’engouement de près de 2,7 millions de passionnés sur Flightradar, un record d’audience pour un vol d’essai.

Ce qu'il faut retenir

  • Un vol record : 17 000 kilomètres parcourus en 19 heures sans escale entre Toulouse et Melbourne, réalisé par l’Airbus A350-1000ULR le 23 juillet 2026.
  • Une première mondiale : ce vol marque le début des préparatifs pour des liaisons comme Sydney-Londres en 2027, soit 4 heures de moins que les trajets actuels avec escale.
  • Un succès technique : l’appareil, équipé de cinq tonnes d’instruments de mesure, a confirmé ses performances en conditions réelles.
  • Un confort optimisé : la cabine de l’A350-1000ULR est conçue pour 238 sièges répartis en quatre classes, avec une attention particulière portée aux besoins physiologiques des passagers sur des vols de plus de 20 heures.
  • Un projet retardé : lancé en 2017, le projet Sunrise a connu plusieurs reports, notamment en raison de la pandémie de Covid-19 et de contraintes de production chez Airbus.

Un vol d’essai sous haute surveillance

Le 23 juillet 2026, à 7h33, l’Airbus A350-1000ULR a décollé de l’aéroport de Toulouse-Blagnac pour rejoindre Melbourne, un trajet de 17 000 kilomètres réalisé en 19 heures sans escale. L’opération, strictement technique, s’est déroulée sans incident, comme l’a confirmé Airbus dans un communiqué. À bord, l’équipage était réduit : quatre pilotes d’essai, cinq ingénieurs navigants et seulement neuf passagers, mais l’appareil transportait surtout cinq tonnes d’instruments de mesure.

Ces outils permettaient d’évaluer en temps réel le comportement de l’avion, ses systèmes et sa consommation de carburant. « Tout le monde va finir fatigué », avait résumé Alex Passerini, pilote technique en chef de Qantas, lors d’une déclaration rapportée par BFM Business. Une boutade qui soulignait l’ampleur du défi physique et technique relevé par les équipes.

L’engouement du public pour ce vol d’essai a dépassé toutes les attentes. Quelque 2,7 millions de personnes se sont connectées sur Flightradar, une plateforme spécialisée dans le suivi des trajectoires aériennes en temps réel, pour observer l’A350-1000ULR. Airbus avait soigné sa communication en promettant un voyage « de l’été à l’hiver en un seul saut », une formule qui a marqué les esprits.

L’A350-1000ULR, un avion conçu pour l’extrême

Pour accomplir des vols ultra-longs comme Sydney-Londres ou Sydney-New York, l’Airbus A350-1000ULR (pour « ultra long range ») intègre des innovations majeures. Il est notamment doté d’un réservoir additionnel de 20 000 litres de carburant, portant son autonomie à 22 heures. Propulsé par des moteurs Rolls-Royce Trent XWB, il est le seul appareil de sa catégorie à combiner une telle capacité et une telle efficacité énergétique.

Côté confort, Qantas a fait le choix d’une cabine minimaliste, avec seulement 238 sièges répartis en quatre classes. L’objectif est clair : anticiper les besoins des passagers sur des vols pouvant dépasser les 20 heures. « Nous avons conçu une cabine qui anticipe les besoins physiologiques des passagers », a expliqué la compagnie, citée par BFM Business.

Cette configuration vise à réduire l’impact du décalage horaire et à offrir une expérience de voyage plus agréable, même sur des trajets aussi longs. Une approche saluée par Vanessa Hudson, directrice générale de Qantas, pour qui ce projet représente « l’étape la plus importante de l’histoire de Qantas depuis sa création il y a 105 ans ».

Un projet ambitieux, mais retardé par les aléas

Lancé en 2017, le projet Sunrise de Qantas a connu plusieurs reports. Initialement prévu pour 2025, son calendrier a été perturbé par la pandémie de Covid-19, puis par des défis logistiques du côté d’Airbus. Malgré ces obstacles, le premier vol d’essai réussi en juillet 2026 marque un tournant décisif.

Douze exemplaires de l’A350-1000ULR ont été commandés par Qantas. Leur livraison progressive doit permettre à la compagnie australienne de lancer ses premières liaisons ultra-longues en octobre 2027. Sydney-Londres sera la première ligne opérationnelle, suivie par d’autres destinations comme Sydney-New York ou Melbourne-Londres.

Pour Qantas, ce projet s’inscrit dans une vision historique : « Qantas a été fondée sur la conviction que l’éloignement de l’Australie ne devait jamais constituer un obstacle aux échanges avec le reste du monde », a rappelé Vanessa Hudson. Une ambition qui prend aujourd’hui une dimension concrète avec l’A350-1000ULR.

Et maintenant ?

La prochaine étape pour Qantas et Airbus consiste à finaliser les tests techniques et à obtenir les certifications nécessaires avant le lancement commercial en octobre 2027. Si les performances de l’A350-1000ULR sont confirmées, le secteur aérien pourrait assister à une révolution : des vols sans escale reliant l’Australie à l’Europe ou à l’Amérique du Nord en moins de 20 heures. Reste à voir si la demande des passagers répondra à l’offre, alors que les prix de ces billets ultra-longs devraient être élevés.

Avec ce vol d’essai, Airbus et Qantas ont prouvé que les défis techniques étaient surmontables. La question désormais est de savoir si l’économie du projet sera viable à long terme, alors que les compagnies aériennes doivent composer avec des coûts opérationnels élevés et une concurrence accrue sur les lignes long-courriers.

Selon BFM Business, la première liaison commerciale sera Sydney-Londres en octobre 2027, suivie par Sydney-New York et Melbourne-Londres. D’autres destinations pourraient être ajoutées ultérieurement, en fonction de la demande.

L’appareil est conçu pour accueillir 238 passagers répartis en quatre classes. Cette configuration minimaliste vise à améliorer le confort sur des vols de plus de 20 heures, selon les informations rapportées par BFM Business.