L’avionneur européen Airbus a franchi une nouvelle étape vers le lancement du vol commercial le plus long au monde, selon Le Figaro. Son appareil A350-1000ULR (Ultra Long Range), spécialement conçu pour les trajets extrêmes, a relié Toulouse à Melbourne en **19 heures et 12 minutes**, sans escale ni passagers, validant ainsi sa capacité opérationnelle. Ce vol de **16 900 km** s’inscrit dans la préparation du futur trajet Sydney-Londres, prévu pour 2027.
Ce qu'il faut retenir
- Un vol Toulouse-Melbourne de **19h12** réalisé par l’A350-1000ULR, couvrant **16 900 km** sans passagers.
- Premier vol opérationnel pour ce modèle, conçu pour les liaisons ultra-longues comme Sydney-Londres.
- Qantas a commandé **12 A350-1000ULR**, avec une livraison prévue à partir d’avril **2027** et une mise en service six mois plus tard.
- Le précédent record de distance pour un avion de ligne appartenait à Airbus, avec un vol Paris-Auckland de **19 250 km** en 1993.
- Les trajets Sydney-Londres pourraient varier selon les saisons, en survolant l’océan Indien ou le Pacifique.
Un test décisif pour le projet « Project Sunrise » de Qantas
Le vol du 7 août 2026 a décollé de l’aéroport de Toulouse-Blagnac à **7h30** (heure locale) et atterri à Melbourne à **10h45** le lendemain, après un parcours de **19 heures et 12 minutes**, selon les données de Flightradar24 rapportées par Le Figaro. Cet appareil, version allégée et optimisée de l’A350-1000 standard, a été modifié pour emporter **jusqu’à 44 tonnes de carburant**, permettant de couvrir des distances dépassant **18 000 km**. Pour l’instant, aucun passager n’a pris place à bord, mais Qantas prévoit d’utiliser ces avions pour relier Sydney à Londres en une seule étape, une première dans l’histoire de l’aviation commerciale.
Ce projet, baptisé **« Project Sunrise »**, s’inscrit dans la stratégie de Qantas de réduire les temps de trajet entre l’Australie et l’Europe. « Chaque année, des millions de personnes voyagent entre l’Australie et le Royaume-Uni pour des raisons familiales, touristiques ou professionnelles », a rappelé en juin 2026 le ministre australien du Tourisme, Don Farrell, soulignant l’importance de ces liaisons directes. Le précédent record en matière de vol long-courrier avec passagers était détenu par Qantas elle-même, avec un trajet New York-Sydney de **16 200 km** opéré en octobre 2019 à bord d’un Boeing 787-9 Dreamliner. Cette ligne avait cependant été suspendue en mars 2020 en raison de la pandémie de Covid-19.
Un appareil déjà détenteur d’un record mondial
Airbus n’en est pas à son premier exploit en matière de vols long-courriers. En **1993**, un A340 avait établi le record absolu de distance pour un avion de ligne, en reliant Paris-Le Bourget à Auckland (Nouvelle-Zélande) sur **19 250 km**, un trajet effectué lors d’une démonstration aller-retour. Avec l’A350-1000ULR, l’avionneur entend dépasser ces performances, tout en offrant aux compagnies aériennes une flexibilité inédite. Contrairement aux trajets classiques, le plan de vol de Sydney-Londres pourrait évoluer en fonction des saisons : la plupart du temps, l’itinéraire empruntera l’océan Indien, mais entre décembre et mars, les courants-jets pourraient rendre plus efficace un passage par le Pacifique, le détroit de Béring et le nord-est du Groenland.
Cette adaptabilité répond à un enjeu majeur pour les compagnies : optimiser la consommation de carburant tout en respectant les contraintes réglementaires, notamment en matière de sécurité et d’émissions de CO₂. L’A350-1000ULR, équipé de moteurs Rolls-Royce Trent XWB-97, intègre par ailleurs des matériaux composites et des systèmes de gestion énergétique avancés pour réduire son impact environnemental. « Nous travaillons à rendre ces vols non seulement possibles, mais aussi durables », a indiqué un porte-parole d’Airbus à Le Figaro.
Un calendrier serré pour Qantas
Qantas, qui a passé commande pour **12 A350-1000ULR** en 2022, prévoit de recevoir le premier appareil en avril **2027**, avec une mise en service commerciale prévue six mois plus tard. La compagnie australienne mise sur ce projet pour renforcer sa position sur le marché des vols long-courriers, face à des concurrents comme Singapore Airlines ou Emirates. « Le Sydney-Londres représente la dernière frontière de l’aviation long-courrier », a déclaré un responsable de Qantas, cité par Le Figaro. La compagnie espère ainsi capter une partie du trafic actuel, souvent contraint de faire escale à Singapour, Dubaï ou Doha.
Les défis logistiques restent importants : formation des équipages, adaptation des infrastructures aéroportuaires, et validation des certifications par les autorités aériennes. Les pilotes devront notamment suivre une formation spécifique pour gérer les contraintes d’un vol de près de 20 heures, incluant des protocoles stricts en matière de gestion du sommeil et de la fatigue. Qantas a déjà mené des simulations en conditions réelles avec ses équipages, mais le passage à l’exploitation commerciale nécessitera une validation finale des régulateurs.
Une question reste en suspens : ces trajets sans escale séduiront-ils suffisamment les voyageurs pour justifier leur coût élevé, alors que les vols avec escale restent majoritairement plébiscités pour leur flexibilité ? Les prochains mois apporteront peut-être une réponse.
Qantas a opté pour l’A350-1000ULR en raison de sa capacité à couvrir des distances supérieures à 18 000 km, de son autonomie record et de sa consommation de carburant optimisée. Contrairement à d’autres appareils long-courriers, l’A350-1000ULR intègre des innovations aérodynamiques et des matériaux légers, ce qui lui permet de transporter suffisamment de kérosène pour des vols sans escale tout en limitant son empreinte carbone. De plus, Airbus propose déjà cet avion à d’autres compagnies, ce qui facilite la maintenance et la formation des équipages.