L’Alfa Romeo Junior Veloce, première citadine 100 % électrique de la marque italienne, a été testée sur 1 000 km par un journaliste de Frandroid. L’objectif ? Déterminer si une voiture électrique peut offrir une expérience de conduite aussi plaisante qu’une thermique, voire davantage. Selon les préjugés des passionnés d’automobile, les véhicules à pile seraient réservés aux trajets urbains ou aux déplacements sans envergure. Pourtant, cette version de 280 chevaux, dotée d’un moteur M4+ co-développé par Stellantis et Nidec Leroy-Somer, remet en cause ces idées reçues.
Ce qu'il faut retenir
- L’Alfa Romeo Junior Veloce est équipée d’un moteur électrique de 280 ch et 345 Nm de couple, permettant un 0 à 100 km/h en 6 secondes.
- Son autonomie WLTP s’élève à 334 km avec une batterie de 51 kWh utiles, mais la consommation atteint 18 kWh/100 km.
- Le prix de départ est fixé à 46 900 €, mais les options (sièges baquets, pack Executive) peuvent pousser la facture jusqu’à 52 750 €.
- Les performances sportives, notamment en mode Sport, sont saluées pour leur dynamisme et leur agilité sur circuit.
- L’habitacle, bien que spectaculaire avec ses sièges baquets Sabelt, reprend des éléments standardisés du groupe Stellantis.
Le choix de l’Alfa Romeo Junior Veloce pour ce test n’est pas anodin. Cette citadine de 4,17 mètres, première électrique de la gamme, incarne la volonté de la marque de concilier passion automobile et électrification. Frandroid a ainsi parcouru 1 000 km au volant de ce modèle, alternant entre pistes et routes sinueuses, pour évaluer son comportement et son agrément de conduite. L’enjeu ? Prouver que le plaisir de conduire peut aussi se trouver dans une voiture électrique, et pas seulement dans les modèles thermiques.
Un design et une mécanique repensés pour l’électrique
Dès le premier regard, l’Alfa Romeo Junior Veloce se distingue par son allure sportive. Abaissée de 3 cm, équipée de jantes de 20 pouces et peinte en Rouge Brera (option à 1 200 €), cette version Veloce affiche une silhouette qui attire les regards. Son châssis, renforcé et abaissé, ainsi que son différentiel autobloquant mécanique, contribuent à une tenue de route dynamique. Le système de freinage, signé Brembo, complète ce tableau technique. Pourtant, malgré ces améliorations, l’autonomie reste un point faible : la batterie de 51 kWh offre seulement 334 km en cycle WLTP, soit 80 km de moins que la version 156 ch, en raison d’une consommation de 18 kWh/100 km.
Le moteur électrique, développé en partenariat avec eMotors (coentreprise Stellantis-Nidec Leroy-Somer), se nomme M4+ et développe 280 ch et 345 Nm de couple. Cette motorisation permet un 0 à 100 km/h en 6 secondes, avec une vitesse maximale limitée à 200 km/h. À noter que cette plateforme est partagée avec d’autres modèles du groupe, comme l’Opel Mokka GSe ou l’Abarth 600e, une caractéristique qui se ressent dans certains éléments de l’habitacle.
Un intérieur spectaculaire, mais des compromis à souligner
L’habitacle de l’Alfa Romeo Junior Veloce séduit par son design audacieux. Les sièges baquets signés Sabelt, évidés sur les côtés et disponibles dans le pack Corsa Speciale à 2 500 €, offrent un maintien optimal. La planche de bord, recouverte d’Alcantara (y compris le volant), renforce l’aspect premium. Cependant, cette version haut de gamme ne doit pas faire oublier que, sans option, l’intérieur reste très proche de celui des autres citadines du groupe Stellantis, comme la Fiat 600e ou le Jeep Avenger. Les contre-portes avant, par exemple, sont strictement identiques à celles de ces modèles, limitant l’exclusivité de l’expérience.
L’infodivertissement, quant à lui, déçoit quelque peu. Basé sur une interface déjà ancienne, il souffre de bugs récurrents (problèmes de Bluetooth et de réplication Android Auto). La pédale de frein, spongieuse en dehors du mode Sport, et les places arrière exiguës complètent la liste des points perfectibles. Malgré ces défauts, l’Alfa Romeo Junior Veloce reste une voiture agréable au quotidien, avec un coffre de 400 litres et une consommation urbaine raisonnable (14,1 kWh/100 km).
Des performances sportives qui bousculent les idées reçues
C’est sur circuit que l’Alfa Romeo Junior Veloce révèle tout son potentiel. Le mode Sport transforme radicalement son comportement : la direction se raffermit, l’accélération devient plus vive, et la pédale de frein gagne en fermeté. Le différentiel autobloquant mécanique joue un rôle clé en optimisant la traction, tandis que les freinages Brembo assurent une décélération efficace. Lors d’un essai sur le circuit des Écuyers (Aisne), la citadine italienne a démontré une agilité remarquable, avec des reprises énergiques et une capacité à négocier les virages sans perte de contrôle. « Le Junior Veloce se montre plus intéressant que l’Alpine A290 en conduite sportive », déclare le journaliste de Frandroid, soulignant l’avantage de l’autobloquant mécanique face au système électronique de la française.
En revanche, la régénération d’énergie a été désactivée pour privilégier un ressenti plus naturel et ferme. Conséquence directe : la consommation explose, notamment sur autoroute où elle atteint 20 kWh/100 km à 110 km/h, soit une autonomie réduite à 255 km. À 130 km/h, la consommation grimpe à 26,2 kWh/100 km, limitant l’autonomie à 195 km. Un compromis à prendre en compte pour les longs trajets.
Les prochains mois seront décisifs pour Alfa Romeo, qui devra affiner ses propositions pour séduire une clientèle exigeante. Le bonus écologique français, qui permet de réduire la facture à 49 150 € (après déduction de 3 600 €), pourrait faciliter l’accès à ce modèle. Reste à savoir si les améliorations techniques et l’évolution des mentalités permettront aux voitures électriques de détrôner définitivement les thermiques dans l’univers des passionnés.
L’Alfa Romeo Junior Veloce se distingue par sa motorisation de 280 ch et son châssis abaissé, ainsi que par des éléments esthétiques et techniques dédiés (sièges baquets, différentiel autobloquant, freins Brembo). Les versions moins puissantes, comme la Junior 156 ch, offrent une autonomie supérieure mais des performances moins sportives.
La version Veloce 280 ch consomme 3 kWh/100 km de plus que la version 156 ch en raison de son moteur plus puissant et de son poids accru. La batterie de 51 kWh utiles offre ainsi une autonomie WLTP de 334 km, contre 414 km pour la version moins puissante.