Selon Le Figaro, alors que Daech tente de reconstituer ses réseaux en dehors des zones désertiques, des groupes affiliés ou inspirés de son idéologie multiplient les attentats en Syrie. Six mois après la chute du régime de Bachar al-Assad à Damas, le pays reste sous haute tension, entre reconstruction difficile et résurgence de la menace terroriste.
Le printemps 2025 apporte avec lui les premiers signes de normalisation pour les Syriens, mais aussi de nouvelles alertes. Dans le quartier al-Haidariya à Alep-Est, l’un des plus meurtris par la guerre civile, deux frères, Anouar et Firas Khatim, âgés respectivement de 21 et 27 ans, découvrent par hasard une scène inquiétante lors d’une visite immobilière. Leur recherche d’un logement à louyer tourne au cauchemar quand ils tombent sur deux hommes aux longs cheveux noirs, pieds nus, dans le grenier de la maison.
Ce qu'il faut retenir
- En mai 2025, six mois après la chute du régime de Bachar al-Assad, la Syrie reste un foyer de tensions malgré les premiers signes de printemps.
- Le quartier al-Haidariya à Alep-Est, ravagé par la guerre, illustre la précarité des conditions de vie et la persistance de cellules dormantes liées à Daech ou à des groupes affiliés.
- La découverte fortuite de deux hommes cachés dans un grenier lors d’une visite immobilière souligne l’ampleur de la menace terroriste résiduelle.
- Les autorités syriennes tentent de stabiliser leur base, composée en partie d’anciens djihadistes, tout en luttant contre l’effritement de leur pouvoir.
- Les groupes terroristes, bien que moins visibles qu’auparavant, continuent de commettre des attentats et de reconstituer leurs réseaux.
Une Syrie en reconstruction, mais sous haute surveillance
La chute du régime de Bachar al-Assad à Damas en octobre 2024 a ouvert une période d’incertitude pour la Syrie. Malgré l’espoir d’une vie normale pour les Syriens, le pays reste fragilisé par des années de conflit et par la présence de groupes armés divers. Selon Le Figaro, le gouvernement en place tente de maintenir sa légitimité en s’appuyant en partie sur d’anciens djihadistes, une stratégie risquée qui pourrait fragiliser davantage la stabilité du pays.
Dans ce contexte, la vigilance des civils et des forces de l’ordre devient cruciale. Le quartier al-Haidariya à Alep-Est, symbolise à lui seul les défis de la reconstruction. Les bâtiments y sont souvent vétustes, l’eau courante n’est disponible que par intermittence, et de nombreux logements sont inhabitables. Certains sont occupés illégalement par des inconnus, propriétaires absents ou incapables de gérer leur bien.
Des cellules dormantes toujours actives
La découverte des deux hommes cachés dans le grenier de la maison visitée par les frères Khatim illustre la persistance de cellules dormantes en Syrie. Ces groupes, souvent affiliés à Daech ou inspirés par son idéologie, restent actifs malgré la chute de l’organisation terroriste en 2023. Leur objectif ? Reconstituer des réseaux capables de frapper à nouveau, notamment dans les zones urbaines où la surveillance est plus difficile.
Selon des sources sécuritaires citées par Le Figaro, ces cellules se cachent dans des logements abandonnés ou occupés illégalement, profitant de l’anarchie persistante pour se fondre dans la population. Leur présence rappelle que la menace terroriste n’a pas disparu, même si elle a changé de forme. Les attentats commis par ces groupes sont moins spectaculaires qu’auparavant, mais tout aussi meurtriers.
La stratégie des autorités syriennes sous le feu des critiques
Pour éviter l’effondrement total de leur base, les autorités syriennes misent sur une stratégie ambiguë : intégrer d’anciens djihadistes dans leurs rangs ou les utiliser comme informateurs. Une approche dangereuse, car elle risque de légitimer des individus dont les méthodes restent contestables. Les observateurs craignent que cette politique ne renforce, à long terme, la résilience des groupes terroristes.
Parallèlement, les forces de sécurité syriennes, soutenues par leurs alliés régionaux, multiplient les opérations de ratissage pour démanteler ces cellules dormantes. Cependant, leur tâche est rendue difficile par le manque de moyens et la complexité du terrain. Dans certaines zones, les habitants, fatigués par des années de guerre, hésitent à coopérer avec les autorités par crainte de représailles.
La reconstruction de la Syrie, si elle est possible, dépendra donc autant des efforts de paix que de la lutte contre le terrorisme. Une équation complexe, dans un pays où les plaies de la guerre sont encore loin d’être refermées.
D’après Le Figaro, les principaux groupes encore actifs sont des factions affiliées à Daech, comme l’État islamique en Syrie (EIS), ainsi que des groupes inspirés par son idéologie, tels que Hayat Tahrir al-Sham (HTS) ou des cellules indépendantes opérant sous différentes bannières. Ces groupes ciblent principalement les forces gouvernementales, les civils et les infrastructures stratégiques.