Alors que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la guerre en Ukraine continuent de perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales, l’Algérie se positionne comme un partenaire clé pour plusieurs pays africains en matière d’énergie. Selon Courrier International, qui s’appuie sur des sources du Al-Araby Al-Jadid, Alger a engagé une « diplomatie énergétique » active auprès de plusieurs États subsahariens, proposant bien plus qu’une simple exportation de pétrole ou de gaz. Il s’agit d’une coopération technique et industrielle visant à sécuriser les approvisionnements du continent face aux soubresauts des marchés internationaux.
Ce qu'il faut retenir
- L’Algérie développe une stratégie énergétique en Afrique subsaharienne pour contrer les effets de la guerre en Iran et des tensions géopolitiques.
- Les partenariats incluent la prospection, l’exploration, le raffinage et la gestion des infrastructures, avec un transfert de technologies.
- Le ministre algérien de l’Énergie, Mohammed Arkab, a réaffirmé l’engagement d’Alger auprès de la Mauritanie le 7 avril 2026, via des projets menés par Sonatrach.
- Les pays ciblés sont la Mauritanie, le Niger, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Zimbabwe, le Mozambique et le Tchad.
- Les secteurs concernés vont de l’électricité aux hydrocarbures, en passant par les mines et le stockage de carburant.
Une réponse aux crises énergétiques mondiales
Depuis le début de la guerre en Iran et les sanctions internationales qui en découlent, les prix de l’énergie ont connu des fluctuations brutales, mettant à mal les économies des pays dépendants des importations. Face à ce contexte, l’Algérie, troisième producteur de gaz en Afrique et membre de l’OPEP, mise sur son expertise pour devenir un acteur incontournable sur le continent. Selon Courrier International, cette « diplomatie énergétique » ne se limite pas à la vente de ressources naturelles, mais s’étend à des projets concrets de développement industriel. Mohammed Arkab, ministre algérien de l’Énergie et des Mines, a souligné lors d’une rencontre avec son homologue mauritanien, Mohamed Ould Khaled, le 7 avril 2026, que l’Algérie était « prête à poursuivre, par le biais de Sonatrach, le développement industriel du pétrole et du gaz en Mauritanie ».
Ces déclarations interviennent dans un contexte où les besoins énergétiques de l’Afrique subsaharienne, en pleine croissance démographique et économique, deviennent de plus en plus pressants. Les pays partenaires, dont certains disposent de ressources pétrolières ou gazières sous-exploitées, pourraient ainsi bénéficier d’un accompagnement technique leur permettant de mieux gérer leur transition énergétique.
Des partenariats variés et ambitieux
Les accords conclus entre l’Algérie et les pays africains ne se limitent pas à l’énergie fossile. Selon les informations rapportées par Courrier International, les domaines de coopération couvrent également l’électricité, les mines, le raffinage et même la gestion des infrastructures de stockage. Par exemple, Alger propose son expertise pour moderniser les réseaux électriques ou développer des capacités de stockage de carburant, des éléments clés pour garantir la sécurité énergétique des États partenaires. Ces projets s’inscrivent dans une logique de résilience collective, alors que les marchés internationaux restent instables.
Parmi les pays concernés, la Mauritanie occupe une place centrale dans la stratégie algérienne. Le pays, qui dispose de gisements offshore prometteurs, pourrait voir son secteur énergétique se transformer grâce à l’implication de Sonatrach. D’autres nations, comme le Niger ou le Tchad, pourraient également profiter de ces partenariats pour diversifier leurs économies, aujourd’hui largement dépendantes de l’agriculture ou des matières premières.
Un modèle économique et politique en mutation
Cette offensive diplomatique s’inscrit dans une volonté plus large de l’Algérie de renforcer son influence en Afrique. Depuis plusieurs années, Alger mise sur une politique étrangère proactive, notamment dans les domaines de l’énergie et de la sécurité, pour consolider sa position sur la scène continentale. Les experts soulignent que cette stratégie répond à un double objectif : sécuriser des débouchés pour ses exportations énergétiques tout en se positionnant comme un acteur stabilisateur face aux crises régionales.
— Selon des analystes interrogés par Courrier International, cette approche pourrait aussi servir de levier pour renforcer les liens politiques et économiques entre l’Algérie et ses partenaires africains, dans un contexte où la compétition pour les ressources s’intensifie. Les pays ciblés, souvent fragilisés par des conflits ou des instabilités internes, y voient une opportunité de moderniser leurs infrastructures sans dépendre exclusivement des investisseurs occidentaux ou asiatiques.
Un pari sur l’avenir énergétique de l’Afrique
Alors que l’Afrique subsaharienne cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement et à réduire sa dépendance aux énergies fossiles, le modèle proposé par l’Algérie suscite à la fois espoir et interrogations. Si les projets aboutissent, ils pourraient contribuer à une meilleure autonomie énergétique pour plusieurs pays du continent. À l’inverse, un échec ou un manque de suivi pourrait renforcer les critiques envers une stratégie perçue comme une forme de néocolonialisme économique.
Pour l’instant, Alger mise sur sa crédibilité en tant que fournisseur fiable et son expertise technique pour convaincre ses partenaires. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de cette « diplomatie énergétique » sur les économies africaines et les équilibres géopolitiques du continent.
Pour en savoir plus sur les dynamiques énergétiques en Afrique, consultez nos analyses sur les enjeux de l’énergie en Afrique subsaharienne et le rôle des pays producteurs de gaz sur le continent.
Les pays partenaires bénéficient d’un accès à l’expertise technique algérienne en matière d’exploration, de raffinage et de gestion des infrastructures énergétiques. Cela leur permet de sécuriser leurs approvisionnements tout en développant leurs propres capacités industrielles, réduisant ainsi leur dépendance aux importations.
Les financements devraient provenir à la fois de partenariats publics-privés, avec une implication majeure de Sonatrach, et d’accords bilatéraux avec les pays concernés. Alger mise également sur des fonds dédiés à la coopération Sud-Sud, ainsi que sur des prêts internationaux garantis par des institutions financières régionales.