Depuis la fin du mois de mars 2026, les exploitations agricoles du Land de Brandebourg, situé au sud de Berlin, sont la cible de vols répétés de bovins. Selon Courrier International, plus de 239 têtes de bétail, principalement des vaches, veaux et bouvillons, ont été dérobées en l’espace de quelques mois dans quatre exploitations différentes. Ces disparitions, qualifiées de « mafia des vaches » par le tabloïd Bild, ont conduit les autorités à ouvrir une enquête judiciaire.

Ce qu'il faut retenir

  • 239 bovins volés depuis fin mars 2026 dans le Brandebourg, selon les chiffres rapportés par plusieurs médias allemands.
  • Les vols ont débuté le 29 mars à Potsdam-Mittelmark, avec la disparition de 90 vaches sur 450, causant un préjudice estimé à 83 000 euros.
  • Un second vol a eu lieu fin avril dans l’arrondissement d’Elbe-Elster, où 69 veaux de race pie noire allemande ont été emportés, pour une valeur de 50 000 euros.
  • Les autorités allemandes évoquent une organisation criminelle spécialisée, capable d’évacuer des centaines d’animaux sans laisser de traces apparentes.

Une série de vols ciblant les exploitations du sud du Brandebourg

Les premières disparitions ont été signalées le 29 mars 2026 dans l’exploitation agricole de Zixdorf, située dans l’arrondissement de Potsdam-Mittelmark. Comme l’a rapporté Der Tagesspiegel, les employés ont découvert le matin même que 90 vaches sur 450 avaient été volées, les portes de l’étable ayant été forcées pendant la nuit. Le préjudice financier s’élève à 83 000 euros, un montant qui pèse lourdement sur les exploitants déjà fragilisés par les coûts de production.

Un mois plus tard, les voleurs ont récidivé dans l’arrondissement d’Elbe-Elster, au sud du Brandebourg. Cette fois, ce sont 69 veaux de race pie noire allemande qui ont été dérobés. Selon les estimations, leur valeur marchande atteint 50 000 euros. Ces deux épisodes marquent le début d’une série qui, en juillet 2026, compte déjà 239 bovins disparus, selon les dernières données compilées par la presse allemande.

Comment des centaines de bovins peuvent-ils disparaître sans laisser de traces ?

La question agite les médias allemands, d’autant que le Brandebourg est une région où « tout le monde, ou presque, connaît son voisin », comme l’a souligné le quotidien berlinois Der Tagesspiegel dans un article publié le 23 juillet 2026. Pourtant, malgré la proximité des habitants, les vols se poursuivent sans que les autorités ne parviennent à identifier les auteurs. Les enquêteurs évoquent l’hypothèse d’une organisation criminelle structurée, capable de transporter rapidement des centaines d’animaux hors de la région.

Les pistes explorées par la police allemande incluent notamment l’implication de réseaux criminels organisés, potentiellement liés à des marchés parallèles ou à des abattoirs clandestins. Les méthodes employées — forçage de portes, utilisation de véhicules adaptés au transport de bétail — suggèrent une préparation minutieuse et une logistique bien rodée. Les enquêteurs peinent cependant à recueillir des témoignages ou des indices concrets, ce qui complique considérablement leurs investigations.

« Comment se peut-il que des centaines de bovins disparaissent des prairies allemandes sans laisser de traces ? », s’interroge Der Tagesspiegel dans un article publié le 23 juillet 2026, en soulignant l’absence de signalement de camions étrangers dans la région.

Un préjudice économique et moral pour les éleveurs

Au-delà des pertes financières, ces vols répétés ont un impact psychologique important sur les éleveurs du Brandebourg. La disparition soudaine de dizaines de têtes de bétail, parfois en une seule nuit, laisse les exploitants dans un sentiment d’insécurité et de vulnérabilité. Certains ont décidé de renforcer les mesures de sécurité autour de leurs exploitations, comme l’installation de caméras de surveillance ou la mise en place de systèmes d’alarme plus performants. Pourtant, ces dispositifs n’ont pas suffi à décourager les voleurs, qui semblent capables de contourner les obstacles techniques.

Les syndicats agricoles allemands ont appelé à une mobilisation accrue des autorités pour endiguer ce phénomène. Ils demandent notamment un renforcement des patrouilles dans les zones rurales et une coopération plus étroite entre les forces de l’ordre des différents Länder. La question de la traçabilité des bovins, déjà encadrée par la réglementation européenne, pourrait également être revue pour faciliter l’identification des animaux volés.

Et maintenant ?

L’enquête ouverte par les autorités du Brandebourg est toujours en cours, et les enquêteurs espèrent identifier les auteurs des vols d’ici la fin de l’année 2026. Une réunion entre les représentants des syndicats agricoles, la police et les autorités régionales est prévue pour la mi-septembre afin d’évaluer les premières pistes et d’envisager des mesures préventives supplémentaires. Dans l’immédiat, les éleveurs restent sur leurs gardes, tandis que les associations professionnelles continuent de faire pression pour obtenir des réponses rapides.

Reste à voir si ces mesures suffiront à mettre un terme à cette série de vols, qui a déjà causé des pertes estimées à plus de 130 000 euros pour les exploitations touchées. Une chose est sûre : la « mafia des vaches », si elle existe, a jusqu’ici opéré avec une rare impunité dans le Brandebourg.

Selon les enquêteurs allemands, les auteurs de ces vols utilisent probablement des véhicules adaptés au transport de bétail, comme des camions ou des remorques spécialisées. Ces moyens permettraient d’évacuer rapidement les animaux hors de la région, en empruntant des itinéraires peu surveillés. Les autorités suspectent également l’implication de réseaux criminels organisés, capables de dissimuler les bovins dans des abattoirs clandestins ou de les revendre sur des marchés parallèles.