Depuis le 1er avril 2026, les conditions d’accès à l’assurance chômage ont évolué pour certains demandeurs d’emploi. Cette réforme, issue d’un accord signé en novembre 2024 par les partenaires sociaux, introduit notamment une modification pour les « primo-entrants », une catégorie jusqu’alors exclue des changements précédents. Selon Capital, ces nouvelles règles visent à adapter le système d’indemnisation à la réalité du marché du travail, tout en prévoyant une réduction de la durée maximale d’indemnisation dans certains cas.

Ce qu'il faut retenir

  • Pour les primo-entrants (personnes n’ayant pas été indemnisées au cours des 20 dernières années), la durée d’activité requise passe de 6 à 5 mois pour ouvrir des droits, à condition que cette période ait été effectuée sur les 24 derniers mois (36 mois pour les 55 ans et plus).
  • Cette mesure devrait concerner 16 000 allocataires supplémentaires par mois en moyenne, sur un total de 2,4 millions de demandeurs d’emploi indemnisés.
  • Pour les salariés en rupture conventionnelle de moins de 55 ans, la durée maximale d’indemnisation est réduite de 18 à 15 mois.
  • Les demandeurs d’emploi de plus de 55 ans verront leur durée maximale d’indemnisation passer de 27 à 20,5 mois (contre 22,5 mois actuellement pour les 55-56 ans).
  • Une loi, actuellement en examen au Parlement, doit encore être adoptée pour valider ces changements.

Une exception pour les primo-entrants : cinq mois de travail suffisent désormais

Jusqu’à présent, il fallait justifier d’au moins six mois de travail sur les 24 derniers mois pour prétendre à une allocation chômage. Depuis hier, cette règle ne s’applique plus aux primo-entrants, une catégorie définie comme les personnes n’ayant pas perçu d’indemnités chômage au cours des deux dernières décennies. Pour ces travailleurs, cinq mois de travail suffisent désormais, à condition que cette période soit couverte sur les 24 derniers mois. Pour les 55 ans et plus, cette durée s’étend à 36 mois.

Cette mesure, initialement prévue pour s’appliquer dès avril 2025, a nécessité une révision législative avant d’entrer en vigueur. Frédéric Belouze, secrétaire général de la CFTC, souligne : « La plupart des mesures de cet accord étaient entrées en vigueur en avril 2025. Mais celle pour les primo-entrants nécessitait une révision de la loi. » Cette adaptation législative a donc pris plus d’un an avant de se concrétiser.

Une réforme qui pourrait bénéficier à 16 000 allocataires supplémentaires par mois

Selon les projections de l’Unedic, cette modification des règles devrait permettre à 16 000 demandeurs d’emploi supplémentaires de bénéficier chaque mois d’une indemnisation. Un chiffre qui s’ajoute aux 2,4 millions de personnes déjà couvertes par le régime d’assurance chômage. Capital indique que cette mesure répond à un double enjeu : faciliter l’accès aux droits pour les travailleurs précaires ou en transition professionnelle, tout en maintenant un équilibre financier du système.

Cette évolution s’inscrit dans le cadre plus large d’un accord conclu en novembre 2024 entre le patronat et plusieurs syndicats (CFDT, CFTC et FO). Elle illustre la volonté des partenaires sociaux de réformer en profondeur les règles d’indemnisation, après des années de débats sur la soutenabilité du régime.

Une réduction de la durée maximale d’indemnisation pour certains profils

En parallèle de cette mesure en faveur des primo-entrants, un autre volet de la réforme prévoit de réduire la durée maximale d’indemnisation pour certains bénéficiaires. Cette fois, la cible est bien précise : les salariés ayant signé une rupture conventionnelle et âgés de moins de 55 ans. Pour eux, la durée maximale de versement des allocations passerait de 18 à 15 mois.

Pour les demandeurs d’emploi plus âgés, les changements sont encore plus marqués. Les plus de 55 ans verraient leur durée maximale d’indemnisation chuter de 27 à 20,5 mois. Quant aux 55-56 ans, leur durée d’indemnisation serait réduite de 22,5 à 20,5 mois, contre 27 mois pour les 57 ans et plus.

« Les réductions de durée maximale d’indemnisation visent à inciter les travailleurs seniors à retrouver un emploi plus rapidement, tout en tenant compte des difficultés spécifiques liées à leur âge. »
— Syndicats signataires de l’accord de février 2026

Une loi en suspens au Parlement

Ces nouvelles règles, issues d’un accord signé en février 2026 par le patronat et plusieurs syndicats (CFDT, CFTC et FO), doivent encore être entérinées par le Parlement. Une loi est actuellement en examen à l’Assemblée nationale et au Sénat, et son adoption n’est pas encore garantie. Capital souligne que ce texte pourrait encore subir des modifications avant sa validation définitive, notamment sur les modalités de transition pour les demandeurs d’emploi déjà en cours d’indemnisation.

Si cette loi est adoptée, elle marquera la dernière étape d’une réforme de l’assurance chômage initiée il y a plus d’un an. Elle s’ajoutera à d’autres mesures déjà en vigueur, comme la modulation des durées d’indemnisation en fonction de l’âge ou du type de contrat de travail.

Et maintenant ?

L’adoption définitive de cette loi d’ici la fin du printemps 2026 semble probable, mais plusieurs incertitudes subsistent. D’abord, le gouvernement pourrait proposer des amendements pour ajuster certains dispositifs, notamment sur les durées d’indemnisation pour les seniors. Ensuite, l’Unedic devra publier des guides pratiques pour expliquer ces nouvelles règles aux demandeurs d’emploi et aux employeurs. Enfin, les syndicats et le patronat pourraient être amenés à négocier de nouveaux ajustements d’ici 2027, dans le cadre des prochains accords sur l’assurance chômage.

Pour les demandeurs d’emploi concernés, la priorité reste de se renseigner auprès de France Travail (ex-Pôle Emploi) afin de vérifier leur éligibilité et d’anticiper d’éventuelles démarches administratives. Quant aux travailleurs en transition, cette réforme pourrait leur offrir une bouffée d’oxygène, à condition que les règles soient appliquées avec souplesse par les services en charge de l’indemnisation.

Un primo-entrant est une personne n’ayant pas été indemnisée au titre du chômage au cours des 20 dernières années. Cette catégorie inclut donc les jeunes actifs n’ayant jamais cotisé au régime d’assurance chômage, ainsi que les travailleurs ayant interrompu leur activité professionnelle pendant plus de deux décennies.

Les nouvelles règles pour les primo-entrants sont déjà en vigueur depuis le 1er avril 2026. En revanche, la réduction des durées maximales d’indemnisation pour les ruptures conventionnelles ou les seniors dépend de l’adoption de la loi en cours d’examen au Parlement. Si celle-ci est validée d’ici l’été 2026, ces changements pourraient s’appliquer dès l’automne de la même année.