Une plainte pour « outrage » déposée par des policiers marseillais à l’encontre du député LFI Sébastien Delogu et une plainte pour « violences volontaires » déposée par l’élu lui-même : l’affaire, qui s’est déroulée le 24 août dans l’immeuble du député à Marseille, prend de l’ampleur après la diffusion d’extraits de vidéosurveillance. Selon BFM – Faits Divers, 42 minutes d’images issues d’une caméra installée dans le hall du bâtiment ont été consultées par nos confrères. Une enquête de flagrance a été ouverte, tandis que le ton monte entre les parties.
Ce qu'il faut retenir
- Trois policiers du SISTC se sont rendus dans l’immeuble du 2e arrondissement de Marseille après un signalement pour vol d’une montre de luxe.
- Sébastien Delogu affirme que les agents n’étaient pas identifiables comme policiers, n’ayant ni uniforme ni signes distinctifs apparents.
- L’élu porte plainte pour « violences volontaires » et a déposé une plainte pour outrage contre les policiers, qui l’accusent en retour de propos insultants.
- Les images montrent des échanges tendus, avec des propos tels que « trou du cul » tenus par un policier, et des gestes de poussée de la part des agents.
- Un brassard orange fluo a été présenté à plusieurs reprises par les policiers, mais l’élu conteste son caractère immédiatement identifiable.
Une intervention policière pour un vol de montre de luxe
Tout commence lundi 24 août 2026, vers 14h55, dans un immeuble du 2e arrondissement de Marseille. Trois policiers du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun (SISTC) interviennent après avoir été appelés pour un vol de montre de luxe. Selon les informations de BFM – Faits Divers, le premier agent arrive en civil, à vélo, vêtu d’une casquette. Il se trouve devant l’entrée de l’immeuble, au téléphone. Peu après, il s’entretient avec deux habitants en leur présentant un brassard orange fluo, qu’il sort de sa poche.
C’est à 15h17 que Sébastien Delogu, député de La France Insoumise, pénètre dans le hall de l’immeuble. Les images révèlent que trois policiers en civil y sont déjà présents. L’un d’eux, toujours le policier à la casquette, engage la conversation avec l’élu. Les images montrent qu’il présente brièvement un brassard orange à Delogu, mais sans que ce dernier puisse, selon son avocat, identifier immédiatement la qualité des intervenants.
Un échange qui dégénère et des accusations de violences
Les images de vidéosurveillance, consultées par BFM – Faits Divers, révèlent un échange tendu entre Sébastien Delogu et les policiers. Selon l’élu, l’un des agents l’a provoqué avec agressivité, l’insultant avec des termes tels que « une merde », « tu pues de la gueule » ou « c’est normal que tout le monde te déteste ». Delogu affirme avoir demandé à plusieurs reprises à l’agent de cesser ces propos. Celui-ci aurait alors exercé une poussée violente, fermant une porte sur l’élu en le traitant de « trou du cul ».
De leur côté, les policiers contestent cette version. Dans leur plainte, ils accusent Sébastien Delogu de les avoir insultés, le qualifiant de « comique », « trou du cul » et « guignol ». L’un des agents déclare avoir été traité de cette manière avant que Delogu ne le pousse. Les images montrent effectivement un vif échange dans les couloirs de l’immeuble, suivi peu après d’un policier en t-shirt blanc présentant à l’élu un document ressemblant à une carte professionnelle. À la fin de l’intervention, ce même policier porte un brassard orange fluo au bras droit.
L’identification des policiers en question
Le cœur du litige réside dans la question de l’identification des policiers. Selon le code de déontologie, les agents en civil doivent être porteurs d’un moyen d’identification, comme un brassard ou un numéro individuel. Sébastien Delogu affirme n’avoir « aucune preuve qu’il s’agissait effectivement de policiers » au moment des faits. Dans un courrier adressé à la préfète de police des Bouches-du-Rhône, il explique avoir demandé l’identité de l’homme, non résident de l’immeuble et « particulièrement agité ». L’agent aurait répondu appartenir à la police, mais sans présenter de carte professionnelle ni de signes distinctifs clairs, malgré les demandes de l’élu.
Les images révèlent que les policiers ont bien présenté un brassard orange et, plus tard, une carte professionnelle. Cependant, Delogu conteste la clarté de ces présentations. Son avocat, Me Yonès Taguelmint, a indiqué à BFM – Faits Divers que l’élu ne commenterait pas les images au fil de l’eau, mais que la plainte déposée permettrait d’éclaircir les circonstances exactes de l’intervention. « Nous avons déposé une plainte et nous allons respecter le secret de l’enquête », a-t-il souligné, rappelant que le ministre de l’Intérieur a appelé au respect du déroulé judiciaire.
Deux plaintes et une enquête en flagrance
La situation oppose désormais deux versions. D’un côté, les policiers, qui estiment avoir été victimes d’outrage et de violences de la part d’un élu. De l’autre, Sébastien Delogu, qui dénonce des violences policières et un défaut d’identification claire. L’enquête de flagrance ouverte par les autorités devra déterminer la réalité des faits, en s’appuyant notamment sur les 42 minutes d’images de vidéosurveillance récupérées par BFM – Faits Divers.
Cette affaire survient dans un contexte tendu entre certains élus et les forces de l’ordre, notamment depuis plusieurs mois. Sébastien Delogu, figure de La France Insoumise, a déjà été au cœur de polémiques liées à ses prises de position sur les questions de sécurité. Les prochaines étapes de l’enquête seront déterminantes pour établir les responsabilités de chacun.
Cette affaire soulève également des questions plus larges sur les conditions d’intervention des policiers en civil et sur la nécessité de renforcer les moyens d’identification pour éviter toute confusion. Les conclusions de cette enquête pourraient donc avoir des répercussions sur les pratiques policières en matière de reconnaissance des agents en tenue civile.
Pour l’heure, Sébastien Delogu et ses avocats ont choisi de ne pas commenter davantage les images, dans l’attente des suites judiciaires. Les policiers, de leur côté, maintiennent leur version des faits et attendent que la justice tranche.
Une enquête de flagrance a été ouverte immédiatement après les faits. Les prochaines étapes consisteront en l’audition des parties, des témoins éventuels, et l’analyse des preuves, notamment les 42 minutes d’images de vidéosurveillance. Les conclusions de cette enquête détermineront si des poursuites sont engagées et devant quelle juridiction.