Le géant américain du e-commerce et du cloud, Amazon, a franchi ce lundi 3 août 2026 un cap symbolique en dépassant la barre des 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, selon BFM Bourse. Ce seuil, jusqu’alors réservé à une poignée d’entreprises technologiques, marque une nouvelle étape dans la valorisation exceptionnelle du groupe fondé par Jeff Bezos.

Seules quatre autres sociétés avaient auparavant atteint ce niveau : Nvidia, Apple, Alphabet (maison mère de Google) et Microsoft. L’action SpaceX, pour sa part, avait frôlé ce palier le mois précédent, sans jamais le franchir officiellement. La performance d’Amazon intervient dans un contexte économique marqué par une accalmie sur les marchés, favorisée par des déclarations géopolitiques et des anticipations d’inflation.

Ce qu'il faut retenir

  • 3 062 milliards de dollars : la capitalisation boursière d’Amazon à 15h45 le 3 août 2026, après une hausse de 4,8 % en séance.
  • L’entreprise rejoint un club très fermé de cinq groupes, aux côtés d’Apple, Microsoft, Alphabet et Nvidia.
  • Une croissance portée par Amazon Web Services (AWS), dont les revenus ont bondi de 36,7 % au dernier trimestre, dépassant largement les attentes des analystes.
  • L’action avait déjà progressé de 15,3 % la veille, vendredi 2 août, après des résultats trimestriels jugés « tonitruants » par les observateurs.
  • Le Nasdaq Composite a enregistré une hausse de 1,13 % dans la même journée, reflétant un regain d’appétit pour les valeurs technologiques.

Un contexte macroéconomique favorable aux géants de la tech

La hausse d’Amazon s’inscrit dans un environnement boursier particulièrement porteur pour les entreprises du secteur technologique. Selon BFM Bourse, la capitalisation du groupe a été dopée par deux facteurs majeurs : d’abord, les déclarations de Donald Trump évoquant de nouvelles discussions avec l’Iran, qui ont fait baisser le prix du pétrole et, par ricochet, apaisé les craintes d’inflation. Ensuite, un repli des taux obligataires, qui mécaniquement augmente la valorisation des entreprises à forte croissance, comme les géants de l’IA et du cloud.

Cette dynamique s’est traduite par une progression du Nasdaq Composite, indice phare des valeurs technologiques américaines, de 1,13 % en une seule séance. Un mouvement qui illustre le regain d’intérêt des investisseurs pour les sociétés capables de générer des revenus récurrents et à forte marge, comme Amazon.

Des résultats trimestriels qui dépassent toutes les attentes

Le véritable déclic pour l’action Amazon est venu de la publication de ses résultats financiers pour le deuxième trimestre 2026. Vendredi 2 août, le groupe a annoncé une performance bien supérieure aux prévisions des analystes, notamment grâce à sa filiale Amazon Web Services (AWS). Cette division, spécialisée dans le cloud computing, a enregistré une croissance de 36,7 % sur un an, soit le meilleur trimestre depuis 18 trimestres, a précisé Andy Jassy, le directeur général du groupe.

Les analystes de Citi tablaient pourtant sur une croissance de seulement 33 % pour AWS, tandis que Bank of America qualifiait le trimestre de « robuste », saluant une « grosse accélération » de cette activité. « Amazon a donné aux investisseurs ce qu’ils réclamaient depuis le début du mois de juillet : la preuve que les sommes colossales investies dans les infrastructures d’IA commençaient à générer des retours commerciaux tangibles », a commenté Stephen Innes, stratégiste chez Spi AM.

Amazon mise sur l’intelligence artificielle pour dominer toute la chaîne de valeur

Au-delà du cloud, Amazon renforce sa position dans l’intelligence artificielle, un secteur où le groupe ambitionne de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur. Selon les dernières estimations, les activités liées à l’IA et aux semi-conducteurs génèrent désormais chacune plus de 25 milliards de dollars de revenus annuels, avec une croissance à trois chiffres. Cette stratégie s’appuie sur des innovations internes, comme les puces Trainium, conçues pour accélérer l’inférence des modèles de langage (LLM) à grande échelle.

« Andy Jassy et ses équipes ne se contentent pas de dominer le marché du cloud : leur ambition est de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA », souligne Josh Gilbert, analyste chez Etoro. Une approche qui semble porter ses fruits, alors que les investisseurs continuent de récompenser les entreprises capables de transformer leurs investissements technologiques en revenus concrets.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines seront déterminantes pour Amazon, qui devra confirmer cette dynamique lors de la publication de ses prochains résultats trimestriels. Les analystes surveilleront particulièrement l’évolution des marges d’AWS, ainsi que la capacité du groupe à monétiser ses investissements dans l’IA. Par ailleurs, la volatilité des marchés reste un facteur de risque, notamment en cas de rebond des tensions géopolitiques ou de remontée brutale des taux obligataires. Enfin, la concurrence dans le cloud s’intensifie, avec des acteurs comme Microsoft Azure et Google Cloud qui ne cessent de gagner des parts de marché.

Pour l’instant, Amazon semble avoir convaincu les marchés de sa capacité à allier croissance, innovation et rentabilité. Reste à voir si ce nouvel exploit boursier se traduira par une consolidation durable de sa position de leader dans les technologies de demain.

Seules cinq entreprises ont franchi ce seuil avant Amazon : Apple, Microsoft, Alphabet (Google) et Nvidia. SpaceX avait frôlé ce palier en juillet 2026, sans jamais l’atteindre officiellement.

La hausse s’explique par deux facteurs principaux : d’abord, des résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes, portés par une accélération de Amazon Web Services (+36,7 %) et des perspectives encourageantes dans l’IA. Ensuite, un contexte macroéconomique favorable, avec une baisse des cours du pétrole et des taux obligataires, ce qui a dopé les valorisations des entreprises technologiques.