Le géant américain du commerce en ligne et du cloud a franchi un cap historique ce lundi 3 août à Wall Street. Selon BFM Bourse, Amazon a dépassé la barre symbolique des **3 000 milliards de dollars** de capitalisation boursière, un niveau atteint par seulement quatre autres entreprises dans l’histoire : Nvidia, Apple, Alphabet et Microsoft. SpaceX, en juillet dernier, s’en était approchée sans pour autant l’atteindre.
Autant dire que l’événement n’est pas anodin. Pour la première fois depuis sa création en 1994, le groupe fondé par Jeff Bezos intègre ce cercle ultra-restrictif des géants technologiques mondiaux. Une performance qui intervient après des résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes des analystes, portés notamment par la performance d’Amazon Web Services (AWS), sa filiale dédiée au cloud computing et à l’intelligence artificielle.
Ce qu'il faut retenir
- Capitalisation record : Amazon devient la cinquième entreprise de l’histoire à dépasser les 3 000 milliards de dollars, après Nvidia, Apple, Alphabet et Microsoft.
- Hausse en séance : Vers 15h45, l’action progressait de **4,8 %**, portant la valorisation totale du groupe à **3 062 milliards de dollars**.
- Résultats exceptionnels : Le trimestre a été marqué par une croissance de **36,7 %** pour AWS, soit la plus forte hausse depuis 18 trimestres.
- Contexte favorable : La baisse des cours du pétrole et des taux obligataires a soutenu les valeurs technologiques, avec une progression de **1,13 %** pour le Nasdaq Composite.
- Enjeux stratégiques : AWS et ses investissements dans l’IA (puces Trainium) génèrent désormais **plus de 25 milliards de dollars de revenus annuels chacun**, avec une croissance à trois chiffres.
Un cap historique pour Amazon, dans un contexte boursier favorable
L’action Amazon a bondi de **15,3 %** vendredi 1er août, après la publication de résultats trimestriels bien au-delà des attentes. Ce lundi 3 août, le titre a poursuivi sa progression, gagnant **4,8 %** en cours de séance à New York, atteignant ainsi une capitalisation boursière de **3 062 milliards de dollars** vers 15h45. Une performance qui place le groupe dans une catégorie à part, aux côtés des mastodontes technologiques mondiaux.
Selon BFM Bourse, cette progression s’inscrit dans un environnement macroéconomique particulièrement porteur pour les valeurs technologiques. Les déclarations de Donald Trump concernant de nouvelles discussions avec l’Iran ont entraîné une baisse des cours du pétrole, apaisant les craintes d’inflation. Résultat : les taux obligataires reculent, ce qui mécaniquement augmente les valorisations des entreprises à forte croissance, comme celles du secteur technologique. Le Nasdaq Composite, indice phare des valeurs high-tech américaines, a ainsi progressé de **1,13 %** dans la même journée.
AWS et l’IA, moteurs de la performance
Le véritable catalyseur de cette hausse reste les résultats d’Amazon Web Services (AWS). La filiale dédiée au cloud computing et à l’intelligence artificielle a enregistré une croissance de **36,7 %** au dernier trimestre, soit la plus forte progression depuis 18 trimestres, comme l’a indiqué **Andy Jassy**, son directeur général. Les analystes de Citi tablaient pourtant sur une croissance de seulement **33 %** pour cette période. Bank of America, de son côté, a salué un trimestre « robuste », avec « une grosse accélération d’AWS ».
« Amazon a donné aux investisseurs ce qu’ils réclamaient depuis le début du mois de juillet : la preuve que les sommes colossales investies dans les infrastructures d’IA commençaient à générer des retours commerciaux tangibles », a analysé **Stephen Innes**, responsable chez Spi AM. Depuis plusieurs années, le groupe mise en effet sur l’intelligence artificielle, avec des puces sur mesure comme les **Trainium**, conçues pour accélérer les modèles de langage à grande échelle (LLM).
« Andy Jassy et ses équipes ne se contentent pas de dominer le marché du cloud : leur ambition est de contrôler l’ensemble de la chaîne de valeur de l’IA. Les activités liées à l’intelligence artificielle et aux semi-conducteurs génèrent désormais chacune **plus de 25 milliards de dollars de revenus annuels**, avec une croissance à trois chiffres », souligne **Josh Gilbert**, analyste chez Etoro.
Une dynamique qui dépasse le simple cadre boursier
Si la capitalisation record d’Amazon est un symbole fort, elle reflète aussi une stratégie industrielle ambitieuse. Le groupe ne se contente plus d’être un acteur majeur du e-commerce : il s’impose désormais comme un pilier de l’infrastructure technologique mondiale, notamment dans les domaines du cloud et de l’IA. Une position qui lui permet de capter une part croissante des budgets informatiques des entreprises et des États.
Les investisseurs semblent convaincus. Après des années de critiques sur la rentabilité de ses investissements dans l’IA et les infrastructures cloud, Amazon a réussi à inverser la tendance. Les revenus générés par AWS, désormais supérieurs à ceux de ses autres divisions, montrent que le pari commence à porter ses fruits. Pour rappel, AWS représente aujourd’hui **plus de 50 % du marché mondial du cloud**, devant Microsoft Azure et Google Cloud.
La capitalisation record d’Amazon soulève également des questions sur la concentration du pouvoir économique entre les mains de quelques acteurs technologiques. Faut-il s’inquiéter d’une domination accrue d’Amazon, d’Apple ou de Microsoft dans des secteurs aussi stratégiques que le cloud ou l’IA ? Les régulateurs, notamment aux États-Unis et en Europe, pourraient être amenés à se pencher sur cette question dans les mois à venir.
Une chose est sûre : ce franchissement de cap marque une étape supplémentaire dans la financiarisation de l’économie numérique. Pour les actionnaires, c’est une bonne nouvelle. Pour les concurrents, un défi de taille. Et pour les régulateurs, un sujet de vigilance accru.
Seules quatre autres sociétés ont atteint ce seuil avant Amazon : Nvidia, Apple, Alphabet (maison mère de Google) et Microsoft. SpaceX, en juillet 2026, s’en était approchée sans pour autant l’atteindre.
La baisse des prix du pétrole et des taux obligataires réduit les craintes d’inflation et rend les investissements dans les entreprises à forte croissance, comme les géants technologiques, plus attractifs. Cela se traduit par une hausse de leurs valorisations boursières, car les investisseurs se tournent vers des actifs perçus comme moins risqués dans un environnement économique apaisé.