Amazon s’apprête à lancer Amazon Leo, son service d’accès à Internet par satellite en orbite basse, d’ici la fin de l’année, marquant une étape clé dans sa stratégie pour concurrencer Starlink, le réseau de SpaceX. Selon Euronews FR, l’entreprise dispose désormais d’un nombre suffisant de satellites en orbite pour garantir un service continu sur les premières latitudes.

Ce qu'il faut retenir

  • Amazon Leo est désormais en mesure de lancer une exploitation commerciale dès cette année, avec plus de 390 satellites déployés.
  • L’entreprise vise une constellation totale d’environ 3 236 satellites, mais son déploiement est ralenti par des retards techniques et des capacités de lancement limitées.
  • Un échec majeur est survenu le 28 mai 2026 avec l’explosion d’une fusée New Glenn de Blue Origin, retardant temporairement le déploiement de 48 satellites.
  • Amazon a ouvert en novembre 2025 une phase de test bêta pour des clients professionnels, avec un lancement commercial complet prévu au troisième trimestre 2026.
  • Starlink, principal concurrent, compte déjà plus de 10 400 satellites actifs, tandis qu’Amazon Leo arrive en troisième position derrière OneWeb et ses 650 satellites.

Un réseau en orbite basse pour rivaliser avec Starlink

Amazon a franchi une étape décisive dans son projet Leo, rebaptisé en novembre 2025 après avoir été initialement annoncé en 2019. Dans la nuit du 2 au 3 juillet 2026, l’entreprise a lancé 29 nouveaux satellites à bord d’une fusée Atlas V opérée par United Launch Alliance (ULA). Avec ce dernier envoi, sa constellation compte désormais plus de 390 satellites, un nombre suffisant pour offrir une couverture continue sur certaines zones géographiques.

« Cela suffit à assurer un service continu sur les premières latitudes », a précisé Chris Weber, vice-président en charge de l’activité et des produits Amazon Leo, dans un message publié sur la plateforme X. Cette déclaration confirme la volonté d’Amazon de rattraper son retard face à Starlink, dont le réseau, bien plus avancé, dessert déjà des millions d’utilisateurs dans le monde.

Des défis techniques et logistiques majeurs

Malgré cette avancée, le déploiement de Leo reste confronté à des obstacles persistants. Amazon ambitionne de déployer une constellation de 3 236 satellites, mais les retards dans les lancements freinent ce projet. Le plus marqué d’entre eux concerne la fusée New Glenn, développée par Blue Origin, la société spatiale fondée par Jeff Bezos, également président exécutif d’Amazon.

Le 28 mai 2026, une explosion s’est produite lors d’un essai de mise à feu au sol de New Glenn sur la base de la Space Force de Cap Canaveral, en Floride. La fusée devait placer 48 satellites Leo en orbite, mais Amazon a indiqué que ces derniers n’avaient pas encore été intégrés au lanceur et étaient restés en sécurité dans son centre de préparation. Dave Limp, directeur général de Blue Origin, a assuré que l’entreprise travaillait à un retour en vol d’ici la fin de l’année, avec une configuration de lancement repensée plutôt qu’une reconstruction du pas de tir endommagé.

Une concurrence féroce dans le secteur des constellations satellites

Amazon Leo n’est que le dernier arrivé dans un marché déjà très disputé. Avec plus de 10 400 satellites actifs, Starlink domine largement le secteur, suivi par OneWeb, qui en compte environ 650. Amazon, en troisième position avec ses 390 satellites, cherche à se positionner comme un acteur crédible grâce à son infrastructure cloud et sa clientèle mondiale, notamment professionnelle.

En novembre 2025, Amazon a ouvert une phase de test bêta pour des clients professionnels, permettant de valider la technologie et la qualité du service. L’entreprise table désormais sur un lancement commercial complet au troisième trimestre 2026, une échéance qui dépendra de la résolution des problèmes techniques et de la disponibilité des lanceurs.

Des solutions en préparation pour accélérer le déploiement

Pour contourner les difficultés actuelles, Amazon mise sur plusieurs leviers. D’abord, la prochaine mission Leo utilisera la fusée lourde Vulcan de ULA, conçue pour emporter des charges utiles plus importantes et ainsi accélérer le rythme de déploiement. Cette fusée, dont le premier vol réussi a eu lieu en janvier 2024, est présentée comme une solution clé pour réduire les goulots d’étranglement dans le calendrier de lancement. Par ailleurs, Blue Origin travaille activement à la remise en service de New Glenn. Malgré l’échec de mai, l’entreprise a rassuré sur sa capacité à faire revoler le lanceur d’ici la fin de l’année, avec une approche axée sur la fiabilité plutôt que sur une reconstruction coûteuse du pas de tir. Amazon, de son côté, affirme que ses plans à plus long terme restent dans les temps, malgré les retards ponctuels.

Et maintenant ?

Le troisième trimestre 2026 s’annonce comme une période charnière pour Amazon Leo. Si l’entreprise parvient à tenir ses échéances, elle pourrait commencer à commercialiser son service d’Internet par satellite, profitant de l’engouement pour les connexions haut débit dans les zones mal desservies. Cependant, la concurrence avec Starlink et les défis techniques persistants laissent planer des incertitudes sur le rythme réel de déploiement. D’ici la fin de l’année, les observateurs attendent également le retour en vol de New Glenn, dont la réussite conditionnera en partie la capacité d’Amazon à accélérer son projet.

Avec ce pari ambitieux, Amazon cherche à diversifier ses activités tout en capitalisant sur l’essor des technologies spatiales. Reste à voir si le géant du e-commerce parviendra à s’imposer face à des concurrents déjà bien établis et à une réglementation spatiale de plus en plus exigeante.

Amazon a renommé son projet d’Internet par satellite en Amazon Leo en novembre 2025. Ce changement de nom intervient après l’annonce initiale du projet en 2019, probablement pour marquer une nouvelle phase de développement et distinguer cette activité des autres initiatives du groupe. Le nom « Leo » fait référence à la constellation de satellites en orbite basse que l’entreprise déploie, tout en s’éloignant d’une terminologie générique pour renforcer son identité propre.

Amazon mise sur son infrastructure cloud déjà bien établie et sa clientèle professionnelle pour se différencier de Starlink. Contrairement à SpaceX, qui cible principalement les particuliers et les entreprises avec un accès Internet haut débit, Amazon pourrait intégrer Leo dans son écosystème de services, notamment via AWS (Amazon Web Services). De plus, la constellation d’Amazon vise une couverture spécifique, notamment sur les latitudes moyennes, là où Starlink a déjà une forte présence. Enfin, l’entreprise pourrait tirer parti de son expérience en logistique et en gestion de grands réseaux pour optimiser le déploiement de ses satellites.