Dans les Pyrénées-Orientales, la commune d’Amélie-les-Bains-Palalda a pris une mesure exceptionnelle pour tenter d’endiguer une recrudescence de faits de délinquance impliquant des mineurs. Depuis le 8 août 2026, un arrêté municipal interdit aux enfants de moins de 15 ans de circuler seuls dans le centre-ville entre 23 heures et 6 heures, et ce jusqu’au 1er septembre. Cette décision intervient après plusieurs incidents, dont un incendie volontaire ayant détruit une salle municipale, et s’inscrit dans une tendance observée dans d’autres communes françaises face à des comportements à risque chez les jeunes.

Ce qu'il faut retenir

  • Un couvre-feu nocturne est instauré pour les moins de 15 ans à Amélie-les-Bains-Palalda, du 8 août au 1er septembre 2026, dans le centre-ville entre 23h et 6h.
  • Deux mineurs, âgés de 10 et 13 ans, ont été interpellés pour l’incendie volontaire d’une salle municipale le 27 juillet 2026.
  • La salle des « Mille Jeunes », endommagée par les flammes, a subi des dégâts importants : toit gondolé et murs noircis par la suie.
  • Cette mesure fait suite à une hausse des actes de délinquance juvénile en 2026, incluant des feux de poubelles, des tentatives d’incendie et des dégradations de véhicules.
  • Les parents risquent une amende de 35 euros en cas de non-respect du couvre-feu pour leur enfant.

Un incendie criminel déclenche une réponse ferme de la mairie

Le 27 juillet dernier, aux alentours de 3 heures du matin, un incendie s’est déclaré dans les locaux du Club des Mille Jeunes, une salle municipale dédiée aux activités de jeunesse. Malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, le bâtiment a été gravement endommagé : le toit s’est effondré sous l’effet des flammes et les murs portent encore les stigmates de la combustion. Selon BFM – Faits Divers, l’origine de l’incendie a rapidement été identifiée comme volontaire. Deux adolescents, âgés respectivement de 10 et 13 ans, ont été placés en garde à vue puis relâchés sous contrôle judiciaire, leurs parents ayant été informés des poursuites engagées.

Une politique de tolérance zéro face à la délinquance juvénile

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de hausse de l’incivilité et de la délinquance impliquant des mineurs dans la commune. La mairie évoque « plusieurs faits préoccupants » en 2026, dont des feux de poubelles au cimetière ou des tentatives d’incendie dans des rues résidentielles. Pour Marie Costa, maire sans étiquette d’Amélie-les-Bains-Palalda, cette situation justifie une réponse radicale. « Je me demande pourquoi un enfant de 10 ans est tout seul, pourquoi il sort avec un briquet », a-t-elle déclaré à BFM – Faits Divers. « Je pense que si l’on ne pose pas d’actes, si on ne fait que dire les choses, il ne se passe rien. » Elle assume pleinement la décision d’instaurer un couvre-feu, préférant agir plutôt que de « manquer de courage ».

Des habitants partagés mais majoritairement favorables

Si la mesure divise, elle semble recueillir un soutien notable parmi les habitants. Un commerçant local, propriétaire d’une pizzeria dans la ville, a réagi sans ambages : « Jouer avec des briquets à cet âge-là, c’est pas normal. Il vaut mieux prévenir. » Un autre résident, sous couvert d’anonymat, a estimé que « normalement, ça serait aux parents de s’occuper de ce problème… Vu qu’ils ne le font pas, la mairie prend le relais. C’est un mal nécessaire. » Cependant, certains parents interrogés ont exprimé leur inquiétude quant à la stigmatisation de tous les jeunes, sans distinction. Les associations locales, quant à elles, appellent à un accompagnement éducatif complémentaire à la mesure répressive.

Un phénomène qui dépasse les frontières locales

Amélie-les-Bains-Palalda n’est pas un cas isolé. Selon BFM – Faits Divers, plusieurs communes en France ont récemment instauré des couvre-feux pour mineurs, à l’instar de Sallaumines dans le Pas-de-Calais ou encore Mions dans le Rhône. Ces décisions s’inscrivent dans un contexte national marqué par une augmentation des départs de feu impliquant des jeunes. Depuis le début de l’été 2026, 120 mineurs ont été interpellés en lien avec des incendies volontaires ou des dégradations. Les autorités s’interrogent sur l’efficacité de ces mesures, alors que les causes profondes de ces comportements restent à éclaircir.

Les experts soulignent que la récurrence de ces actes pourrait être liée à un manque de cadre éducatif, à l’influence des réseaux sociaux ou encore à des difficultés socio-économiques dans certaines zones. Une enquête sociale et psychologique est d’ailleurs en cours pour comprendre les motivations des jeunes concernés, notamment ceux impliqués dans l’incendie de juillet.

Et maintenant ?

L’arrêté municipal expirera le 1er septembre 2026, mais la mairie a d’ores et déjà annoncé qu’elle évaluerait son impact avant de décider d’une éventuelle prorogation. Dans l’immédiat, les forces de l’ordre ont été sensibilisées à une application stricte du couvre-feu, avec un accent mis sur le dialogue avec les familles. Parallèlement, une campagne de sensibilisation aux risques liés aux incendies sera lancée à la rentrée dans les écoles de la commune. La question reste entière : cette mesure, bien que temporaire, suffira-t-elle à inverser la tendance, ou faudra-t-il envisager des solutions plus structurelles pour répondre à la délinquance juvénile ?

En attendant, les habitants d’Amélie-les-Bains-Palalda devront composer avec cette nouvelle règle, tandis que les autorités locales espèrent que la fermeté affichée portera ses fruits. Une chose est sûre : la polémique autour de ce couvre-feu rappelle que la protection des mineurs passe autant par la prévention que par la répression.

Les parents des mineurs pris en infraction s’exposent à une amende de 35 euros, conformément à l’arrêté municipal. Les forces de l’ordre pourront également signaler le mineur aux services sociaux pour une prise en charge éducative si nécessaire.

Oui, plusieurs municipalités ont déjà instauré ou songent à instaurer des couvre-feux pour les mineurs, notamment en réponse à des vagues d’incendies criminels ou de dégradations. Parmi elles figurent Sallaumines (Pas-de-Calais), Mions (Rhône) ou encore Nîmes (Gard).