Alors que l’Olympique de Marseille (OM) entame une saison 2026-2027 sous haute tension, marquée par une crise financière persistante et des remous internes, l’attaquant algérien Amine Gouiri s’est confié à RMC Sport dans le cadre de l’After, quelques jours avant le coup d’envoi d’un championnat où les incertitudes pèsent sur le groupe. Dans un entretien publié ce 7 août 2026, Gouiri évoque avec franchise les défis collectifs et personnels qui l’attendent, entre stabilité retrouvée avec Bruno Génésio et interrogations sur l’avenir du club phocéen.
Ce qu’il faut retenir
- Amine Gouiri, en stage de préparation aux Pays-Bas avec l’OM, affirme que l’ambiance reste « très bonne » malgré les tensions liées au mercato et à la situation financière du club.
- Le joueur, qui connaît bien le nouvel entraîneur Bruno Génésio — troisième collaboration après Lyon et Rennes — souligne son « grand sourire » à son arrivée, saluant son « amour pour le club ».
- Gouiri se considère comme un candidat naturel à un rôle de leader offensif après le départ de Mason Greenwood et Pierre-Emerick Aubameyang, tout en restant prudent sur son avenir, « la porte étant ouverte pour tout le monde ».
- Interrogé sur ses objectifs individuels, il refuse de dévoiler des chiffres précis mais évoque un « double-double » (plus de buts que de passes décisives), typique des performances en NBA.
- Il minimise les bouleversements récents à l’OM, rappelant que les changements d’entraîneur font partie « de la vie de footballeur », et insiste sur la nécessité de « garder une ligne de conduite ».
- Concernant l’ambition collective, il réaffirme que l’objectif reste une qualification européenne, malgré une saison 2025-2026 difficile et une Ligue des champions désormais hors de portée.
Une préparation sous le signe de la sérénité, malgré le contexte tendu
À l’aube d’une saison où l’OM, en proie à des difficultés financières documentées, voit une grande partie de son effectif potentiellement remanié, Amine Gouiri adopte un discours rassurant. « Franchement, très bien », répond-il à RMC Sport lorsqu’on l’interroge sur la gestion de cette actualité, ajoutant : « On fait abstraction de ce qui se dit, nous, on bosse jour par jour. On a une très bonne ambiance, tout le monde est content. » Une position qui tranche avec l’agitation ambiante, alors que le club, dont les comptes sont scrutés par la DNCG, pourrait devoir se séparer de plusieurs cadres pour équilibrer son budget.
Le joueur, arrivé à l’OM en janvier 2025 lors du mercato hivernal, insiste sur le pragmatisme : « On fait notre travail », déclare-t-il, évoquant une routine qui permet de relativiser les spéculations. Cette approche reflète celle d’un groupe qui, malgré les incertitudes, cherche à maintenir une dynamique positive en amont du championnat. Une stratégie qui rappelle celle adoptée lors des saisons précédentes, où l’OM a souvent dû composer avec des défis extra-sportifs.
Bruno Génésio, un retour attendu et une relation de confiance
Le sourire de Gouiri s’élargit lorsqu’il évoque l’arrivée de Bruno Génésio, qu’il côtoie pour la troisième fois après Lyon et Rennes. « Il était grand, ça faisait plaisir », confie-t-il à RMC Sport, soulignant que l’entraîneur, « passionné » et « aimant les défis », a choisi Marseille pour ses valeurs et son stade. Cette collaboration, entamée dès les catégories jeunes de Gouiri, est présentée comme un atout majeur pour le collectif.
Interrogé sur le rôle qui pourrait lui être confié, l’international algérien reste évasif : « Ça, je n’en ai pas parlé avec lui mais j’ai joué à tous les postes. » Il rappelle que Génésio l’a déjà utilisé à différents postes offensifs, un atout pour un groupe en reconstruction. Cependant, il précise : « On en parlera peut-être plus tard, après le mercato. » Une prudence compréhensible dans un contexte où les arrivées et départs pourraient redéfinir les responsabilités de chacun.
Un statut de leader offensif en devenir ?
Avec le départ de Greenwood et Aubameyang, deux des meilleurs buteurs de la saison passée, la question du leadership offensif se pose naturellement. Gouiri, sous contrat jusqu’en 2028 et présent au club depuis près de deux ans, ne cache pas son ambition : « J’ai envie de dire oui », confirme-t-il, avant d’ajouter : « Je ne suis pas le seul attaquant, mais oui, ce serait la suite logique. » Une position qu’il assume tout en restant lucide : « On ne sait pas ce qui peut se passer, surtout dans cette situation. »
Cette prise de parole intervient alors que le club, en pleine restructuration, pourrait recruter ou vendre d’autres éléments. Gouiri, qui a déjà connu des changements d’entraîneur en cours de saison par le passé, minimise l’impact de ces bouleversements : « Ça fait partie de la vie de footballeur. Il faut s’adapter et garder sa ligne de conduite. » Une posture qui illustre sa maturité, acquise au fil des années dans un football français souvent imprévisible.
Objectifs individuels et ambitions collectives : entre discrétion et détermination
Sur le plan personnel, Gouiri refuse de s’engager sur des objectifs chiffrés, bien qu’il reconnaisse leur importance pour un attaquant. « Le plus important, c’est le contenu et le collectif », précise-t-il, tout en concédant : « Bien sûr que c’est important d’avoir de belles statistiques pour aider l’équipe. » Il évoque un « double-double » (plus de buts que de passes décisives) comme référence, sans vouloir révéler de chiffres précis. « Je le garde pour moi », lance-t-il avec une pointe de malice, rappelant que ses performances passées ont parfois été critiquées pour leur inconstance.
Côté collectif, ses ambitions restent celles d’un club qui, malgré les turbulences, vise une place en compétition européenne. « Marseille reste un grand club. L’objectif, c’est d’être européen », martèle-t-il, soulignant que l’attractivité du Vélodrome et la qualité de ses supporters doivent se traduire par des résultats sportifs. Une position qui contraste avec les difficultés financières du club, mais qui reflète la culture d’exigence associée à l’OM.
Une saison 2025-2026 marquée par les épreuves, un mental préservé
Gouiri évoque avec détachement la saison écoulée, marquée par une blessure à l’épaule ayant entraîné plusieurs mois d’indisponibilité, une Coupe du monde 2026 décevante avec l’Algérie (éliminée en 16es de finale), et les nombreux changements à la tête du club. « J’ai évacué tout ça. Ça fait partie de la vie de footballeur », déclare-t-il, ajoutant : « J’ai déjà connu des changements de coach en pleine saison. Ça ne m’a pas plus affecté que ça. »
Il revient également sur le choix de l’Algérie de retirer sa candidature à l’organisation de la Coupe du monde 2030, une décision qui avait suscité des débats : « En tant que footballeur, on veut toujours jouer. On respectait les choix du sélectionneur. On pouvait mieux faire, mais c’est comme ça. » Une réponse qui illustre son professionnalisme, malgré les désillusions collectives.
Dans ce contexte, les déclarations de Gouiri offrent une rare lueur de stabilité. Qu’il endosse le rôle de leader ou qu’il doive quitter le club, son message reste clair : « On est concentrés sur notre préparation. » Une attitude qui pourrait bien inspirer un groupe en quête de repères.
L’Olympique de Marseille traverse une crise financière marquée par un déficit important et une dette qui dépasse les 200 millions d’euros. Le club a été placé sous surveillance renforcée par la DNCG, qui doit rendre un avis d’ici fin août 2026. Plusieurs scénarios sont évoqués, allant de la vente de joueurs à une restructuration drastique de la masse salariale pour équilibrer les comptes.
Gouiri, sous contrat jusqu’en 2028, n’a pas abordé directement la question de sa prolongation avec RMC Sport. Il a simplement indiqué que son avenir dépendrait des choix du club, tout en se disant « concentré sur sa préparation ». Aucune négociation publique n’a été annoncée à ce stade.