L’humoriste politique et maire d’Issy-les-Moulineaux, André Santini, s’est éteint dans la nuit du dimanche 1er au lundi 2 juin 2026 à l’âge de 79 ans. Comme le rapporte 20 Minutes - Politique, ce centriste aux réparties légendaires laisse derrière lui un héritage marqué par son verbe acéré et son franc-parler. Ses mots, souvent caustiques, visaient autant ses adversaires que ses alliés, illustrant un art de la formule qui a marqué plusieurs décennies de vie politique française.

Ce qu'il faut retenir

  • André Santini, maire d’Issy-les-Moulineaux pendant 48 ans et figure du centre politique, s’est éteint dans la nuit du 1er au 2 juin 2026.
  • Il était connu pour son humour grinçant et ses réparties, notamment envers des personnalités comme Édith Cresson, Alain Juppé ou Jack Lang.
  • Parmi ses citations les plus marquantes figuraient des remarques cinglantes sur la classe politique, souvent relayées par la presse.
  • Son style direct et son franc-parler en ont fait une figure controversée mais incontournable.
  • Il a occupé des fonctions locales et nationales, notamment au sein du Parti social-démocrate (PSD).

Né en 1947, André Santini a marqué la vie politique française par son engagement local et son rôle dans les cercles centristes. Maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1977, il a également siégé à l’Assemblée nationale et occupé des fonctions gouvernementales. Son sens de la formule, souvent teinté d’ironie, lui a valu autant d’admirateurs que de détracteurs. 20 Minutes - Politique rappelle que ses saillies verbales, parfois perçues comme cruelles, reflétaient une vision sans concession de la politique.

Des reparties qui ont traversé le temps

Parmi les citations les plus célèbres d’André Santini figuraient ses remarques envers des personnalités politiques majeures. En voici quelques-unes, toujours d’actualité dans les débats politiques français. À l’encontre d’Édith Cresson, alors Première ministre en 1991, il avait lancé : « Elle est aussi compétente en économie qu’une vache en mathématiques ». Une phrase qui, selon 20 Minutes - Politique, illustre son mépris affiché pour certaines élites perçues comme déconnectées.

Avec Alain Juppé, ancien Premier ministre et figure de la droite républicaine, son échange lors d’un débat télévisé en 1995 reste dans les annales : « Juppé ? Un homme sérieux, mais un peu trop pour un pays qui a besoin de rêve ». Une pique qui résumait, à ses yeux, le manque d’audace de certains responsables politiques. Quant à Jack Lang, ministre de la Culture sous François Mitterrand, Santini avait glissé : « Lang ? Un homme brillant, mais qui a transformé la culture en un ministère du cirque ». Autant dire que ses formules, bien que parfois exagérées, visaient à provoquer le débat.

Un héritage politique et médiatique

André Santini a marqué son époque par son engagement sans faille pour la démocratie locale et son refus des compromis. Maire d’Issy-les-Moulineaux, il a transformé la ville en laboratoire de politiques sociales et urbaines, tout en cultivant une image de provocateur. Ses relations avec les médias étaient tout aussi complexes : il savait capter l’attention, mais ses déclarations lui ont souvent valu des polémiques. 20 Minutes - Politique souligne que son humour, bien que parfois grinçant, a contribué à façonner l’image d’un politique qui refusait les conventions.

Ses détracteurs lui reprochaient son manque de nuance et son goût pour la provocation gratuite. Pourtant, ses partisans y voyaient une forme de courage, celle de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. Ses formules, souvent relayées par la presse, ont alimenté des débats qui dépassaient le cadre politique, interrogeant la place de l’humour dans l’espace public. Bref, Santini incarnait une forme de politique spectacle, où le verbe comptait autant que les actes.

Et maintenant ?

La disparition d’André Santini ouvre une page dans l’histoire politique locale et nationale. À Issy-les-Moulineaux, une élection municipale partielle devrait être organisée dans les six mois, selon les règles en vigueur. Au niveau national, son héritage politique pourrait inspirer de nouvelles générations de centristes, mais aussi alimenter les débats sur le rôle de l’humour en politique. Reste à voir si un successeur émergera pour reprendre le flambeau de ses réparties cinglantes.

André Santini laisse derrière lui une œuvre verbale qui continue de nourrir les discussions. Si certains regretteront son absence, d’autres célébreront l’originalité d’un homme qui a refusé de se fondre dans le moule. Une chose est sûre : ses formules, elles, ne seront pas oubliées de sitôt.

André Santini a été maire d’Issy-les-Moulineaux de 1977 à 2026, député des Hauts-de-Seine, secrétaire d’État à la Santé et à la Famille, ainsi que président du Parti social-démocrate (PSD).