Alors que le mois de mai 2026 enregistre une vague de chaleur inédite, Andréa Kotarac, porte-parole du Rassemblement national, a réaffirmé sa position sur les enjeux climatiques et énergétiques lors de son passage dans l’émission « Les 4 Vérités » sur France 2, ce vendredi 29 mai. Selon Franceinfo - Politique, le responsable politique a souligné la nécessité de repenser une approche souverainiste pour répondre aux défis climatiques et aux dépendances énergétiques, tout en abordant la question des superprofits réalisés par TotalEnergies.

Pour le RN, les épisodes de canicule, désormais récurrents chaque année, sont une preuve tangible du dérèglement climatique. « Il y a des épisodes de canicule chaque année maintenant », a-t-il déclaré. La formation politique, souvent pointée du doigt pour son positionnement climatosceptique passé, assume désormais pleinement cette réalité. « Bien sûr qu’il y a un dérèglement climatique, c’est une évidence », a-t-il confirmé, tout en insistant sur la nécessité d’agir aussi bien sur les conséquences que sur les causes.

Ce qu'il faut retenir

  • Andréa Kotarac, porte-parole du RN, reconnaît l’existence d’un dérèglement climatique et la récurrence des canicules.
  • Le RN plaide pour une politique climatique axée sur le nucléaire et le localisme, s’appuyant sur les rapports du GIEC et du Haut conseil au climat.
  • Le parti propose de taxer les superprofits indus, notamment ceux générés par des situations de force majeure comme les conflits ou les blocages géopolitiques.
  • TotalEnergies a réalisé un bénéfice de 5 milliards d’euros au premier trimestre 2026, soit une hausse de 51 % en un an.
  • Le RN critique l’impôt sur les sociétés, jugé injuste car il touche toutes les grandes entreprises sans distinction, et propose une taxation ciblée sur les superprofits « indus ».
  • Andréa Kotarac évoque la nécessité de sortir progressivement des hydrocarbures, y compris pour les produits industriels dérivés du pétrole.

Le RN assume désormais l’évidence du dérèglement climatique

Face à la multiplication des épisodes de chaleur extrême dès le printemps, Andréa Kotarac a balayé les ambiguïtés passées du Rassemblement national sur la question climatique. « On considère au RN que les climatisations l’été sont aussi importantes que le chauffage l’hiver parce qu’on en souffre, parce qu’on en meurt et parce qu’il y a une discrimination », a-t-il expliqué. Selon lui, les ministères sont équipés en climatisation, mais seulement 7 % des écoles françaises le sont, illustrant selon lui une inégalité criante.

Le parti, qui s’est longtemps opposé aux politiques environnementales perçues comme coercitives, mise désormais sur une approche pragmatique. « Quand vous lisez les rapports du GIEC sur la priorisation du nucléaire, on le fait. Quand vous lisez le Haut conseil au climat qui explique que 50 % des émissions de la France sont dues aux importations, qui propose le localisme ? C’est le RN », a-t-il argumenté. Pour le RN, la lutte contre le réchauffement climatique passe par une réduction des dépendances aux importations et une relocalisation de la production, notamment agricole.

Une sortie progressive des hydrocarbures et une taxation ciblée des superprofits

Interrogé sur la question des énergies fossiles, Andréa Kotarac a adopté une position nuancée. « Il faut réfléchir à sortir à moyen et long terme des hydrocarbures, pas simplement sur le carburant, mais aussi sur tous les produits qui sont faits en entreprise, en industrie, sur la base du pétrole », a-t-il déclaré. Le porte-parole du RN a reconnu que les politiques nationales ne peuvent ignorer les tensions géopolitiques, citant comme exemple le blocage du détroit d’Ormuz, qui a provoqué des ruptures d’approvisionnement en kérosène, en carburant et en gaz, affectant des secteurs aussi variés que l’aérien ou la santé.

Côté fiscalité, le RN propose une taxation spécifique des superprofits indus, c’est-à-dire ceux générés non pas par le mérite entrepreneurial, mais par des circonstances exceptionnelles comme les conflits ou les crises géopolitiques. « Nous, on propose une taxation sur les superprofits indus qui ciblent justement des profits qui sont dus à un cas de force majeure, qui sont dus à une guerre comme en Ukraine, qui sont dus à un blocage du détroit d’Ormuz où là, les entreprises comme Total réalisent des bénéfices incroyables », a-t-il précisé. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de justice fiscale, selon le RN, qui critique l’actuel « super impôt des sociétés », jugé trop large et injuste car il pénalise toutes les grandes entreprises, y compris celles dont les profits ne sont pas liés à des circonstances exceptionnelles.

« Nous, on propose une taxation sur les superprofits indus qui ciblent justement des profits qui sont dus à un cas de force majeure. »
— Andréa Kotarac, porte-parole du RN, lors de son intervention sur France 2

TotalEnergies dans le viseur du RN pour ses bénéfices records

Les déclarations d’Andréa Kotarac surviennent alors que TotalEnergies tient son assemblée générale ce 29 mai 2026, un événement scruté pour ses décisions stratégiques et ses résultats financiers. Le groupe a en effet enregistré un bénéfice net de 5 milliards d’euros au premier trimestre, soit une progression de 51 % en un an. Patrick Pouyanné, son PDG, a défendu une ligne selon laquelle TotalEnergies ne doit pas être seule à assumer les coûts des crises internationales, une position que le RN semble partiellement partager.

« Patrick Pouyanné dit en substance que Total ne doit pas payer pour tout le monde », a rappelé Andréa Kotarac. Le RN, qui avait déjà proposé une taxe sur les superprofits indus, s’oppose à une hausse généralisée des impôts pour les entreprises. « On propose une taxation sur les superprofits indus qui ciblent justement des profits qui sont dus à un cas de force majeure », a-t-il répété, soulignant que les bénéfices exceptionnels de TotalEnergies sont liés à des facteurs externes et non à une performance industrielle.

Le souverainisme comme réponse aux dépendances énergétiques

Au-delà de la question climatique et fiscale, Andréa Kotarac a réaffirmé la volonté du RN de promouvoir une politique souverainiste en matière énergétique. Pour le parti, la dépendance aux importations et aux traités de libre-échange fragilise l’économie française, notamment dans le secteur agricole. « Qui propose de lutter contre les traités de libre-échange qui tuent nos agriculteurs ? C’est une fois de plus le RN », a-t-il lancé, sans préciser quels traités ou accords commerciaux étaient visés.

Cette approche s’inscrit dans une logique de « localisme », présentée comme une alternative aux politiques environnementales perçues comme trop coûteuses ou inefficaces. Le RN mise sur le nucléaire, déjà mis en avant par le GIEC, et sur une production locale pour réduire l’empreinte carbone de la France. « On est le parti le plus écologique dans notre pays », a-t-il affirmé, une affirmation qui contraste avec les positions passées du parti sur le sujet.

Et maintenant ?

Les déclarations d’Andréa Kotarac interviennent alors que les débats sur la transition énergétique et la fiscalité des entreprises s’intensifient. L’assemblée générale de TotalEnergies, ce 29 mai, pourrait apporter des éléments sur la stratégie du groupe face aux tensions géopolitiques et aux attentes sociales en matière de redistribution des bénéfices. Du côté du RN, cette prise de position climatique et souverainiste pourrait s’inscrire dans une stratégie de normalisation de son image, alors que le parti prépare les échéances électorales à venir.

Reste à voir si cette approche sera suffisante pour convaincre les électeurs les plus sensibles aux enjeux environnementaux, alors que les rapports scientifiques continuent d’alerter sur l’urgence climatique. La prochaine échéance politique majeure sera les élections législatives prévues en 2027, où le RN pourrait tenter de capitaliser sur ce positionnement.

Les prochains mois seront également marqués par les négociations sur le budget de l’État, où la question des superprofits et de leur taxation pourrait revenir au cœur des débats. Le gouvernement devra trancher entre une fiscalité ciblée, comme le propose le RN, ou une approche plus globale, comme celle envisagée par d’autres forces politiques.

En attendant, la question climatique et énergétique reste au cœur des préoccupations des Français, alors que les vagues de chaleur précoces et les tensions sur les prix de l’énergie rappellent l’urgence d’agir.

Selon Andréa Kotarac, la récurrence des épisodes de canicule et les rapports scientifiques, comme ceux du GIEC ou du Haut conseil au climat, ont convaincu le RN de la réalité du dérèglement climatique. Le parti assume désormais une position pragmatique, axée sur des solutions souveraines (nucléaire, localisme) plutôt que sur des mesures perçues comme contraignantes.

L’impôt sur les sociétés actuel touche toutes les grandes entreprises, sans distinction. Le RN propose une taxe ciblée sur les superprofits indus, c’est-à-dire ceux générés par des circonstances exceptionnelles (guerres, blocages géopolitiques) et non par la performance entrepreneuriale. Cette mesure vise à taxer spécifiquement les bénéfices liés à des événements comme la guerre en Ukraine ou le blocage du détroit d’Ormuz.