La France compte parmi ses athlètes de haut niveau une sportive qui, loin des podiums, s’engage pour la préservation des milieux naturels. Angèle Hug, vice-championne olympique de kayak-cross en 2024 à Paris, a récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’état des rivières françaises, des cours d’eau essentiels à la pratique de son sport. Selon nos confrères de Franceinfo - Sport, la sportive dénonce la dégradation croissante des rivières, un phénomène qui menace non seulement les écosystèmes, mais aussi la pratique sportive et le patrimoine naturel du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Angèle Hug, médaillée d’argent en kayak-cross aux Jeux Olympiques de Paris 2024, est devenue porte-parole de la défense des rivières françaises.
- La sportive dénonce l’état de dégradation avancé de plusieurs cours d’eau, rendant certaines sections impraticables pour les sportifs.
- Les causes identifiées incluent la pollution, les prélèvements excessifs en eau et les aménagements inadaptés.
- Le kayak-cross, discipline olympique depuis 2024, dépend directement de la qualité et de la disponibilité des rivières.
- Des associations et fédérations sportives appellent à une prise de conscience collective pour préserver ces milieux.
Une sportive engagée au service de l’environnement
À 28 ans, Angèle Hug n’est pas seulement une athlète de haut niveau. Championne de France à plusieurs reprises et médaillée d’argent aux Jeux Olympiques, elle utilise désormais sa notoriété pour sensibiliser à la protection des rivières. « Les rivières sont le terrain de jeu des kayakistes, mais aussi le poumon de notre planète », a-t-elle déclaré lors d’une interview accordée à Franceinfo - Sport. Elle souligne que la dégradation des cours d’eau ne concerne pas seulement les sportifs, mais l’ensemble de la société. Les rivières jouent un rôle clé dans la biodiversité, la qualité de l’eau potable et la régulation des climats locaux.
Son engagement s’inscrit dans un contexte où les fédérations sportives françaises, et notamment la Fédération Française de Canoë-Kayak (FFCK), multiplient les alertes sur les conditions de pratique. Les compétitions, autrefois organisées sur des parcours stables, se heurtent aujourd’hui à des niveaux d’eau historiquement bas et à des pollutions récurrentes. « On observe une baisse des débits, une augmentation des températures de l’eau et une accumulation de déchets » a précisé Hug lors d’une conférence de presse organisée en août 2026.
Un constat alarmant sur l’état des rivières françaises
Les rapports environnementaux récents confirment les craintes d’Angèle Hug. Selon le Système d’Information sur l’Eau (SIE), près de 40 % des cours d’eau français sont en mauvais état écologique, un chiffre qui atteint 60 % pour les rivières les plus petites. Les principales causes de cette dégradation sont multiples : pollution agricole, rejets industriels, prélèvements excessifs pour l’agriculture ou l’urbanisme, et artificialisation des berges. À cela s’ajoutent les effets du changement climatique, avec des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents et intenses.
Les zones les plus touchées se situent dans le sud de la France, où les rivières comme le Tarn, la Dordogne ou le Lot voient leurs niveaux d’eau chuter de manière préoccupante. En 2025, plusieurs compétitions de kayak-cross ont dû être annulées ou reportées en raison de niveaux d’eau trop bas. « Certains parcours sont devenus impraticables, même pour les athlètes les plus expérimentés » a expliqué Hug. Ces difficultés ne concernent pas uniquement le haut niveau, mais aussi les clubs amateurs et les écoles de canoë-kayak, qui forment chaque année des milliers de pratiquants.
Le kayak-cross, une discipline menacée ?
Discipline olympique depuis les Jeux de Paris 2024, le kayak-cross met en scène des athlètes descendant des rapides artificiels ou naturels en un temps record. Contrairement à d’autres sports nautiques, cette spécialité exige des cours d’eau avec un débit suffisant et une qualité d’eau irréprochable. Or, la dégradation des rivières françaises menace directement la pratique de ce sport. « Sans rivières en bon état, comment former les jeunes athlètes ou organiser des compétitions ? » s’interroge Hug.
La Fédération Française de Canoë-Kayak a réagi en lançant un plan de sauvegarde des rivières dédiées à la pratique sportive. Ce plan, baptisé « Rivières en Avenir », prévoit des actions de dépollution, de restauration des écosystèmes et de sensibilisation des collectivités locales. « Nous travaillons main dans la main avec les fédérations environnementales pour trouver des solutions durables » a indiqué un porte-parole de la FFCK. Parmi les mesures envisagées, on trouve la création de zones tampons le long des berges, la réduction des prélèvements d’eau et la promotion des énergies renouvelables pour limiter l’impact des activités humaines.
Une mobilisation qui dépasse le cadre sportif
L’alerte lancée par Angèle Hug dépasse largement le cadre du canoë-kayak. Des associations comme France Nature Environnement ou Surfrider Foundation saluent son initiative et appellent à une mobilisation plus large. « Les sportifs sont souvent les premiers témoins des dégradations environnementales » rappelle le président de Surfrider Foundation. « Leurs alertes doivent être prises au sérieux par les pouvoirs publics. »
En parallèle, des pétitions en ligne et des manifestations locales se multiplient pour exiger des mesures fortes contre la dégradation des rivières. En juin 2026, plus de 150 000 personnes ont signé une pétition appelant à un moratoire sur les prélèvements d’eau dans les zones sensibles. « Ce n’est plus seulement une question sportive, c’est une question de survie pour nos écosystèmes » a souligné Hug lors d’un rassemblement à Lyon. Les collectivités locales, quant à elles, sont partagées entre la nécessité de préserver les ressources en eau et les pressions économiques liées à l’agriculture ou au tourisme.
À plus long terme, la préservation des rivières françaises dépendra de la capacité des acteurs politiques, économiques et citoyens à concilier développement et protection de l’environnement. Une équation complexe, mais dont les enjeux dépassent largement le cadre du sport ou de la compétition.
Le kayak-cross est une discipline de slalom extrême où les athlètes s’affrontent sur des parcours en eau vive, avec des obstacles artificiels ou naturels. Introduit aux Jeux Olympiques de Paris 2024, il met en avant la vitesse, la technique et l’audace. Contrairement au slalom classique, les participants descendent simultanément un parcours, ce qui ajoute un volet stratégique et spectaculaire à la compétition.
Les rivières françaises subissent plusieurs pressions majeures : pollution agricole (engrais, pesticides), rejets industriels, prélèvements excessifs d’eau pour l’irrigation ou l’urbanisme, artificialisation des berges et impacts du changement climatique (sécheresses, inondations). Ces facteurs combinés réduisent la biodiversité, altèrent la qualité de l’eau et rendent certaines zones impropres à la pratique sportive.