La librairie éphémère de Libération met en lumière, chaque semaine, des coups de cœur littéraires ou poétiques. Aujourd’hui, l’attention se porte sur « Fables » d’Anne-James Chaton, un recueil où le quotidien se mue en art grâce à la lecture de Rosine Inspektor, traductrice et interprète de l’ouvrage.
Ce qu'il faut retenir
- Le recueil « Fables » d’Anne-James Chaton explore le potentiel poétique des tickets de caisse, transformant des documents ordinaires en textes littéraires.
- Rosine Inspektor, traductrice et lectrice, donne vie à ces textes lors d’une lecture commentée dans le cadre de la librairie éphémère de Libération.
- L’initiative s’inscrit dans une démarche de valorisation de la poésie contemporaine et de ses formes innovantes.
- L’œuvre d’Anne-James Chaton interroge la frontière entre langage utilitaire et création artistique.
Une poésie née du quotidien
Anne-James Chaton, artiste et écrivain, s’est fait connaître pour son travail sur la réappropriation des mots et des signes du quotidien. Dans « Fables », il pousse l’exercice plus loin en transformant des tickets de caisse — ces morceaux de papier souvent jetés après usage — en véritables textes poétiques. Libération rappelle que cette démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la matérialité du langage et sa capacité à surprendre.
L’auteur utilise les inscriptions présentes sur ces reçus — dates, montants, noms de produits — comme autant de matériaux bruts pour construire des récits. Le résultat ? Une série de « fables » contemporaines, où l’absurdité et la beauté se mêlent. Une approche qui, selon la rédaction, interroge notre rapport à l’écrit et à ce que nous considérons comme « littéraire ».
Rosine Inspektor, passeuse de mots
C’est Rosine Inspektor, traductrice et lectrice expérimentée, qui a prêté sa voix à ces textes lors d’une lecture organisée dans le cadre de la librairie éphémère de Libération. Comme le rapporte le quotidien, son interprétation donne une dimension sonore et rythmique à ces « fables », révélant toute la musicalité cachée dans les chiffres et les mots anodins.
« Ces textes fonctionnent comme des poèmes à part entière, même s’ils en reprennent les codes de manière détournée », a expliqué Inspektor lors de la présentation. Elle souligne que le défi consistait à rendre accessible une poésie qui, par essence, joue avec l’éphémère et l’ordinaire. Une performance qui, d’après Libération, a su captiver un public habitué aux lectures plus classiques.
Une démarche qui questionne les frontières de la littérature
L’initiative de Libération s’inscrit dans une volonté de mettre en avant des œuvres qui bousculent les codes établis. « Fables » d’Anne-James Chaton n’est pas le premier projet à explorer le potentiel poétique des objets du quotidien. Pourtant, son approche se distingue par sa radicalité : elle ne se contente pas de détourner des supports, elle en fait le cœur même de la création.
Pour les amateurs de poésie contemporaine, cette lecture est l’occasion de découvrir une œuvre où l’ironie et la mélancolie se croisent. Le choix de Rosine Inspektor comme lectrice n’est d’ailleurs pas anodin : traductrice de l’anglais et de l’espagnol, elle apporte une sensibilité particulière à ces textes, où les langues se mêlent parfois sans crier gare.
Cette lecture rappelle, si besoin était, que la poésie ne se trouve pas toujours là où on l’attend. Et que même un ticket de caisse peut devenir un chef-d’œuvre — à condition de savoir le regarder autrement.