L’immunologiste Anthony Fauci, figure centrale de la gestion de la pandémie de Covid-19 aux États-Unis et ancien conseiller de la Maison-Blanche, a été auditionné le 29 juillet 2026 devant une commission du Sénat américain à Washington. Selon Courrier International, cette audition s’est soldée par un blocage total : Fauci a invoqué à 111 reprises le cinquième amendement de la Constitution américaine, qui protège contre l’auto-incrimination.
Ce qu'il faut retenir
- Anthony Fauci, ancien conseiller de la Maison-Blanche, a été auditionné le 29 juillet 2026 par une commission sénatoriale américaine.
- Il a refusé de répondre à toute question sur les origines du Covid-19 en invoquant 111 fois le cinquième amendement.
- Rand Paul, sénateur républicain du Kentucky, accuse Fauci de mauvaise foi et cherche à le faire condamner.
- Un journal personnel de Fauci, couvrant la période 2019-2022, a été rendu public par Rand Paul pour étayer ses accusations.
- Le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr. affirme avoir fourni ces documents à Rand Paul.
- Une grâce accordée par Joe Biden en janvier 2025 ne protégerait pas Fauci d’une éventuelle condamnation.
Le sénateur républicain Rand Paul, qui a lancé cette enquête parlementaire, a réitéré son intention de faire condamner Fauci. Il a même brandi la menace de prison, déclarant : « Nous voulons mettre l’ancien responsable de la santé publique derrière les barreaux ». Pour étayer ses accusations, Rand Paul a rendu public un journal personnel de Fauci, couvrant la période de 2019 à 2022. Ce document, long de plus de 1 000 pages, a été obtenu par le ministre de la Santé Robert Kennedy Jr., qui affirme l’avoir transmis au sénateur.
Cette publication a suscité une vive polémique. Dans un éditorial publié le même jour, The Washington Post soulignait que « l’unité ressentie par les Américains aux premiers jours de la pandémie n’était plus qu’un lointain souvenir ». L’audition, retransmise en direct, a révélé un climat de tension entre Fauci et les sénateurs républicains, qui l’accusent d’avoir menti sur la gestion de la crise sanitaire.
« Déplorable que ce pays ne puisse pas débattre » — Robert Kennedy Jr.
Malgré une grâce accordée par l’ancien président Joe Biden en janvier 2025, celle-ci ne protégerait pas Fauci d’une condamnation pénale. En effet, la grâce présidentielle ne couvre que les infractions fédérales commises avant sa prise de fonction, et ne s’applique pas aux éventuelles poursuites pour parjure ou obstruction à la justice.
Un climat politique empoisonné
L’audition de Fauci s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu aux États-Unis. La commission du Sénat chargée de la sécurité intérieure et des affaires gouvernementales est majoritairement républicaine, et plusieurs de ses membres ont adopté une posture très critique envers l’administration Biden et ses anciens conseillers. Rand Paul, en particulier, a fait de cette enquête une priorité, accusant Fauci d’avoir instrumentalisé la crise sanitaire à des fins politiques.
De son côté, Fauci, figure respectée dans le monde scientifique, a tenté de se défendre en invoquant le respect des procédures légales. Mais ses réponses évasives ont alimenté les suspicions. Dans son journal, rendu public, il évoquait notamment des échanges internes avec d’autres responsables de la santé, sans pour autant apporter de réponses claires aux questions des sénateurs.
Les enjeux de cette affaire
Cette affaire dépasse le simple cadre d’une enquête parlementaire. Elle illustre les divisions persistantes autour de la gestion de la pandémie de Covid-19 aux États-Unis. Pour ses détracteurs, Fauci symbolise les erreurs et les mensonges qui auraient aggravé la crise. Pour ses défenseurs, il reste un scientifique intègre, victime d’une instrumentalisation politique.
Les prochaines étapes de cette affaire restent incertaines. Rand Paul a indiqué qu’il poursuivrait ses investigations, tandis que les avocats de Fauci pourraient contester la légalité de la publication de son journal personnel. Une chose est sûre : cette audition a ravivé les tensions autour d’un épisode encore douloureux de l’histoire américaine.
Cette audition marque un nouveau chapitre dans les tensions politiques américaines, où la gestion de la pandémie continue de diviser. Alors que les États-Unis se préparent à l’élection présidentielle de 2028, les leçons de cette crise sanitaire et de ses conséquences politiques pourraient peser lourd dans les débats à venir.
Anthony Fauci a invoqué le cinquième amendement pour se protéger contre d’éventuelles poursuites pénales. En refusant de répondre aux questions sur les origines du Covid-19, il évite de s’auto-incriminer, selon ses avocats et ses défenseurs. Cette stratégie a été interprétée comme un aveu de mauvaise foi par ses détracteurs, notamment Rand Paul.
La grâce accordée par Joe Biden en janvier 2025 ne couvre que les infractions fédérales commises avant sa prise de fonction. Elle ne protège pas Fauci d’une condamnation pour parjure, obstruction à la justice ou toute autre infraction commise après cette date. Les poursuites pourraient donc être engagées si les preuves sont suffisantes.