L’intelligence artificielle gagne en puissance non seulement grâce à l’amélioration des modèles, mais aussi par sa capacité à se connecter à des outils tiers, comme le permettent déjà des plateformes telles que Claude, ChatGPT ou Gemini. Ces connexions permettent à l’IA d’interagir directement avec des applications, par exemple en envoyant un e-mail via Gmail. Désormais, Anthropic, l’entreprise derrière le modèle Claude, souhaite étendre cette logique aux objets physiques, comme des caméras, des robots ou des équipements de laboratoire. Selon nos confrères du Journal du Geek, l’entreprise a présenté cette semaine une nouvelle norme baptisée Model Hardware Standard (MHS), conçue pour servir de « traducteur » entre les agents d’IA et les interfaces de programmation des objets connectés.
Ce qu'il faut retenir
- MHS permet à des agents d’IA de contrôler simultanément plusieurs instruments de laboratoire ou de fabrication, comme des microscopes, des bras robotiques ou des équipements de chimie.
- Le standard vise à simplifier l’intégration des appareils physiques, réduisant un processus pouvant prendre plusieurs semaines, voire mois, à quelques heures ou minutes.
- Anthropic souhaite que MHS devienne un standard ouvert, une fois sa sécurité validée, à l’image du Model Context Protocol (MCP) pour les applications logicielles.
- Le protocole est conçu pour être compatible avec tous les modèles d’IA et tous les types d’équipements dotés d’une interface programmable.
Une norme pour relier l’IA au monde physique
Dans un billet de blog publié cette semaine, Anthropic explique que MHS agit comme un intermédiaire entre les agents d’intelligence artificielle et les appareils physiques. « MHS permet à des agents d’intelligence artificielle de piloter en parallèle plusieurs instruments de laboratoire et de fabrication, tels que des microscopes, des manipulateurs de liquides et des bras robotiques, et d’effectuer des tâches complexes allant des expériences de routine en matière de découverte de médicaments à l’étalonnage d’un laser sur un ordinateur quantique », précise l’entreprise. Concrètement, cette norme pourrait automatiser des processus aujourd’hui manuels, comme la calibration d’un laser ou la gestion d’une expérience de chimie.
Pour l’instant, MHS est réservé à un cercle restreint de partenaires, mais Anthropic a pour ambition d’en faire une technologie open source, une fois que sa sécurité aura été pleinement évaluée. L’objectif est clair : créer un équivalent du Model Context Protocol (MCP), déjà adopté par de nombreux acteurs du secteur pour connecter les modèles d’IA à des services logiciels. Comme le rappelle Anthropic, MCP est devenu la norme de facto pour ces interactions, et l’entreprise espère que MHS jouera le même rôle pour les appareils physiques.
Compatibilité universelle et gains d’efficacité
L’un des atouts majeurs de MHS, selon ses concepteurs, est sa compatibilité avec l’ensemble des modèles d’IA et des équipements programmables. Peu importe la marque ou le type de matériel : imprimantes 3D, robots industriels, caméras de surveillance ou équipements de laboratoire, tous pourraient, en théorie, être pilotés par une IA via cette norme. « Le standard devrait également pouvoir prendre en charge tous les types d’équipement qui ont une interface programmable », souligne Anthropic. Cette universalité ouvre la voie à une automatisation poussée dans des secteurs comme la santé, l’industrie ou la recherche.
Les gains de temps promis par cette technologie sont colossaux. Aujourd’hui, intégrer du matériel dans un processus industriel ou scientifique peut prendre des mois, voire des années. « En général, un laboratoire ou un site de production met plusieurs semaines, voire plusieurs mois, à mettre en place et à intégrer son matériel », explique Anthropic. « La plupart des appareils ne communiquent pas entre eux, ce qui oblige des spécialistes à mettre au point des intégrations sur mesure ». Avec MHS, cette étape pourrait être réduite à quelques heures, voire quelques minutes, transformant radicalement la façon dont les entreprises et les chercheurs travaillent.
Vers une automatisation généralisée des processus physiques ?
Si MHS est encore en phase de test, son potentiel suscite déjà l’intérêt de nombreux acteurs. Dans les usines, cette norme pourrait permettre une maintenance prédictive des machines ou une optimisation en temps réel des chaînes de production. Dans les laboratoires, elle faciliterait la réalisation d’expériences répétitives, libérant du temps pour la recherche fondamentale. « Les applications possibles sont vastes, indique Anthropic. « De la découverte de médicaments à la calibration d’équipements de pointe, en passant par la gestion automatisée de stocks ou la surveillance de paramètres critiques ».
Cependant, la généralisation de MHS dépendra de plusieurs facteurs, notamment de sa sécurité et de son adoption par les fabricants d’équipements. Anthropic a déjà commencé à collaborer avec des partenaires pour tester le standard, mais son ouverture au public n’est pas attendue avant plusieurs mois. Une fois déployé, MHS pourrait devenir un pilier de l’Industrie 4.0, aux côtés d’autres technologies comme l’Internet des objets ou le machine learning.
En attendant, le secteur technologique suit de près cette initiative, qui pourrait marquer un tournant dans la façon dont l’intelligence artificielle interagit avec le monde réel. Si MHS tient ses promesses, il ne restera plus qu’à attendre les premiers déploiements concrets pour mesurer son impact sur l’industrie et la recherche.
Selon Journal du Geek, MHS est conçu pour fonctionner avec tout équipement doté d’une interface programmable. Cela inclut des caméras, des robots industriels, des imprimantes 3D, des équipements de laboratoire (microscopes, bras robotiques, manipulateurs de liquides), ainsi que des outils de calibration comme ceux utilisés en informatique quantique.