Selon Journal du Coin, l’entreprise américaine Anthropic a accepté de verser 1,5 milliard de dollars aux auteurs et éditeurs dont les œuvres ont été utilisées sans autorisation pour entraîner son modèle de langage Claude. Cette somme record, détaillée dans un accord à l’amiable, met fin à un contentieux majeur dans le secteur de l’intelligence artificielle.

Ce qu'il faut retenir

  • 1,5 milliard de dollars : montant de l’accord conclu entre Anthropic et les ayants droit des œuvres utilisées pour entraîner Claude.
  • Claude : modèle de langage d’Anthropic, concerné par l’utilisation non autorisée de contenus protégés.
  • L’accord inclut plusieurs milliers d’auteurs et éditeurs, selon les informations rapportées.
  • Fin d’un litige : cet arrangement met un terme aux poursuites engagées aux États-Unis.
  • Anthropic n’a pas reconnu de faute, mais a choisi une solution financière pour éviter un procès.

Un accord historique pour l’IA générative

D’après Journal du Coin, cet accord marque l’un des plus importants règlements financiers jamais conclus dans le domaine de l’intelligence artificielle. Anthropic, fondée en 2021 par d’anciens employés d’OpenAI, avait été poursuivie par des associations représentant des auteurs et des éditeurs américains. Ces derniers reprochaient à l’entreprise d’avoir utilisé leurs œuvres protégées par le droit d’auteur pour entraîner ses modèles, sans compensation ni autorisation préalable.

« Cet accord permet de tourner la page et de poursuivre nos activités en toute sérénité », a déclaré un porte-parole d’Anthropic, cité par Journal du Coin. L’entreprise n’a pas détaillé la répartition exacte de la somme, mais Journal du Coin indique qu’elle devrait couvrir l’ensemble des réclamations déposées.

Les auteurs obtiennent gain de cause, mais à quel prix ?

Pour les auteurs et éditeurs concernés, cet accord représente une victoire symbolique. Plusieurs collectifs d’écrivains avaient porté plainte aux États-Unis, estimant que l’utilisation de leurs œuvres par Anthropic portait atteinte à leurs droits. « Nous sommes satisfaits d’avoir obtenu réparation, mais cela ne remplace pas la valeur de notre travail », a réagi un représentant des plaignants, selon Journal du Coin.

L’affaire soulève une fois de plus la question épineuse du cadre juridique autour de l’entraînement des modèles d’IA. En Europe, le règlement sur l’intelligence artificielle (IA Act) et les directives sur le droit d’auteur commencent à encadrer ces pratiques, mais aux États-Unis, le vide juridique persiste. Anthropic a choisi la voie de la négociation, évitant ainsi un procès coûteux et incertain.

Des conséquences pour l’ensemble du secteur

Ce règlement pourrait inciter d’autres entreprises du secteur à revoir leurs pratiques. Jusqu’à présent, la plupart des acteurs de l’IA s’appuyaient sur le fair use (usage équitable) pour justifier l’utilisation de contenus protégés. Cependant, les poursuites se multiplient, et les montants en jeu pourraient rapidement devenir ingérables pour des start-up comme pour des géants comme Google ou Meta.

« Cet accord envoie un signal fort : l’ère où les entreprises pouvaient ignorer les droits des créateurs est peut-être révolue », analyse un expert du droit d’auteur interrogé par Journal du Coin. Anthropic a d’ailleurs annoncé qu’elle mettait en place un fonds dédié pour indemniser les ayants droit, sans préciser s’il s’agirait d’un système permanent ou ponctuel.

Et maintenant ?

Pour Anthropic, cet accord permet de se concentrer sur le développement de ses modèles, mais le débat sur le droit d’auteur et l’IA reste entier. Les prochaines étapes pourraient inclure l’adoption de licences volontaires avec les auteurs, comme le font déjà certains acteurs du secteur. Aux États-Unis, une proposition de loi visant à clarifier le cadre juridique est en discussion au Congrès, mais son adoption n’est pas attendue avant 2027. En Europe, l’application de l’IA Act à partir de 2026 pourrait accélérer les changements.

Reste à voir si cet accord servira de modèle pour d’autres entreprises ou s’il restera une exception. Une chose est sûre : la question des données d’entraînement des IA est désormais au cœur des enjeux économiques et juridiques du secteur.

Selon Journal du Coin, les œuvres utilisées sans autorisation incluent des livres, articles et autres contenus protégés par le droit d’auteur, sans précision sur les titres ou les auteurs spécifiques. L’accord couvre les réclamations déposées par plusieurs milliers d’ayants droit.