Alors que son précédent long-métrage, « Le Chant du loup » (2019), avait marqué les esprits par son approche sensible des tensions géopolitiques, le cinéaste et écrivain Antonin Baudry revient sur le devant de la scène avec une œuvre ambitieuse : « La Bataille de Gaulle ». Ce film en deux volets retrace le parcours du général Charles de Gaulle, de ses premiers engagements jusqu’à la Libération de la France en 1944. Selon Le Monde, cette fresque historique se distingue par sa volonté de rompre avec la représentation traditionnelle du « sauveur de la patrie », souvent perçue comme figée et solennelle.
Le premier volet de cette saga, intitulé « La Bataille de Gaulle – Le Souffle de l’Histoire », sortira en salles le 3 juin 2026. Antonin Baudry, qui fut autrefois diplomate et rédacteur en chef du discours de Dominique de Villepin au ministère des Affaires étrangères, y dépeint un de Gaulle moins comme une figure intouchable que comme un homme confronté à des choix difficiles et à des divisions profondes au sein même de la Résistance.
Ce qu'il faut retenir
- Premier volet de « La Bataille de Gaulle » en salles le 3 juin 2026 ; le second volet est prévu pour une sortie ultérieure.
- Antonin Baudry, ancien diplomate et plume de Dominique de Villepin, signe un film en deux parties sur le parcours du général de Gaulle.
- L’objectif du réalisateur est de rompre avec l’image compassée et mythifiée du « libérateur de la France ».
- Le film s’attache à montrer les tensions internes à la Résistance et les dilemmes politiques du général.
- « Le Chant du loup », précédent film de Baudry, avait abordé des thèmes géopolitiques avec une approche narrative immersive.
Un de Gaulle loin des clichés
D’après Le Monde, Antonin Baudry a pris le parti de déconstruire la figure héroïque de Charles de Gaulle pour en révéler les failles et les contradictions. Plutôt que de s’en tenir au récit glorieux de la France libérée, le cinéaste explore les moments de doute, les conflits avec les Alliés et les rivalités au sein de la Résistance française. « On a souvent réduit de Gaulle à une statue, alors qu’il était un homme politique en perpétuel combat », a expliqué Baudry au quotidien, soulignant l’importance de montrer « l’envers du décor ».
Ce parti pris s’inscrit dans une démarche déjà observée dans « Le Chant du loup », où Baudry mêlait suspense et réflexion sur les enjeux de pouvoir. Ici, il applique la même rigueur à une période charnière de l’histoire nationale, en s’appuyant sur des archives et des témoignages pour nourrir sa narration. Le film entend ainsi offrir une vision plus nuancée, voire critique, de l’homme qui incarna la France libre pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un projet ambitieux en deux temps
La structure en deux volets permet à Antonin Baudry de couvrir une période allant de 1940 à 1944, en insistant sur les étapes clés de la construction du mythe gaulliste. Le premier film, « Le Souffle de l’Histoire », s’arrête sur les années de clandestinité et la naissance de la France combattante, tandis que le second volet, dont la sortie n’est pas encore précisée, devrait se concentrer sur la Libération et l’après-guerre. Selon les informations rapportées par Le Monde, cette division reflète une volonté de montrer comment de Gaulle a progressivement imposé sa légitimité, malgré les résistances des Alliés et des factions internes.
Le tournage, mené dans des conditions exigeantes, a nécessité des recherches approfondies pour recréer des décors et des atmosphères conformes à l’époque. Les costumes et les dialogues ont été travaillés avec le souci du détail historique, un aspect que Baudry considère comme essentiel pour ancrer son récit dans la réalité. « On ne fait pas du cinéma historique pour divertir, mais pour éclairer » a-t-il précisé, rappelant que son ambition dépasse le simple divertissement.
Avec « La Bataille de Gaulle », Antonin Baudry s’attaque à un monument de l’histoire française pour en proposer une relecture moderne. En s’affranchissant des schémas traditionnels, il invite le public à interroger les mythes fondateurs de la nation. Une entreprise risquée, mais qui pourrait, si elle est bien reçue, redéfinir la façon dont les générations futures perçoivent l’un des personnages les plus marquants du XXe siècle.
Selon Le Monde, le cinéaste souhaite offrir une vision plus humaine et moins idéalisée du général, en mettant en lumière ses choix politiques controversés et ses tensions avec les Alliés. Son objectif est de montrer que de Gaulle était avant tout un stratège, dont la réussite repose sur des compromis et des rapports de force.